Guerre Israël-Hamas : qui sont les prisonniers palestiniens libérés en échange des otages ?

par T.G. et T.A.
Publié le 23 novembre 2023 à 14h44, mis à jour le 30 novembre 2023 à 13h04

Source : JT 20h Semaine

Depuis le début de la trêve entre Israël et le Hamas, 210 Palestiniens ont été libérés des prisons de l'État hébreu en échange des otages.
Leurs profils sont variés : certains étaient détenus pour des délits mineurs, d'autres pour des crimes allant jusqu'à la tentative de meurtre.
Plusieurs figures connues de la lutte palestinienne ont notamment été libérées ces derniers jours.

Ils sont plus de 210 à avoir été libérés des prisons israéliennes depuis le début de la trêve entre l'État hébreu et le Hamas. Les détenus palestiniens en Israël, utilisés comme une monnaie d'échange contre les otages retenus par le mouvement islamiste dans la bande de Gaza, possèdent des profils très variés. Mercredi 22 novembre, le ministère de la Justice israélien avait rendu public une liste de 300 personnes potentiellement libérables parmi les prisonniers venus des territoires palestiniens. 

Dans cette liste de personnes, on retrouve 33 femmes, 123 adolescents et 144 hommes âgés d'environ 18 ans. Leurs profils sont très variés. Beaucoup de ces Palestiniens sont des prisonniers en fin de peine, qui devaient être libérés prochainement. Certains ont été condamnés pour des délits mineurs, comme des jets de pierre ou de la propagande pro-Hamas, quand d'autres ont été arrêtés pour des crimes bien plus graves, comme des tentatives de meurtre, par exemple.

Plusieurs figures connues des Palestiniens libérées

Parmi les prisonniers échangés contre les otages, plusieurs d'entre eux ont fait la une de l'actualité. Israa Jaabis, 38 ans, avait fait exploser en 2015 une bonbonne de gaz dans sa voiture à un poste de contrôle. Elle avait blessé un policier, ce pour quoi elle avait été condamnée à onze ans de prison. Son visage, presque entièrement brûlé, était devenu un symbole du camp palestinien. La femme, finalement libérée le 25 novembre, s'est exprimée à son retour dans son quartier de Jérusalem. "J'ai honte de parler de réjouissance, alors que toute la Palestine est blessée", a-t-elle déclaré.

Autre nom emblématique cité ces derniers jours parmi les otages libérés, cette fois dans la nuit du 29 au 30 novembre : Ahed Tamimi, une militante de 22 ans arrêtée après avoir été accusée de publication antisémite sur Instagram. Selon les autorités israéliennes, cette jeune femme aurait publié sur les réseaux sociaux ce message : "Nous vous massacrerons et vous direz que ce qu'Hitler vous a fait était une blague, nous boirons votre sang et mangerons vos crânes." Mais la famille de l'activiste, connue pour avoir giflé deux militaires israéliens en 2017, nie toute responsabilité d'Ahed Tamimi dans ce texte.

Beaucoup de prisonniers en détention administrative

La liste initiale du ministère israélien de la Justice permettait aussi de comprendre les connexions politiques des différents prisonniers palestiniens détenus dans le pays. Sur les 300 détenus, 49 sont des membres du Hamas, 60 du Fatah – le parti du président de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie – et 17 appartiennent au Front populaire pour la libération de la Palestine (FPLP, mouvement palestinien d'obédience marxiste), selon Israël. Aucune affiliation n'a été spécifiée pour les autres. 

Outre ces 300 personnes, des milliers d'autres Palestiniens sont enfermés dans les prisons israéliennes. Leur nombre s'élève à 6700, selon l’ONG israélienne HaMoked. Dans le détail, 2300 ont été condamnés, 2300 sont en attente de procès et 2000 en détention administrative. La libération du plus grand nombre d'entre eux est d'ailleurs revendiquée comme un objectif de l'attaque du 7 octobre. "Ce que nous avons entre les mains va faire libérer tous nos prisonniers", avait estimé en octobre Saleh Al-Arouri, un haut responsable du Hamas.

Depuis le début de la trêve, le ratio d'environ "un otage échangé contre trois Palestiniens libérés" a été établi par les deux parties. Pour le moment, le nombre de détenus libérés des geôles israéliennes reste très éloigné des 1.027 Palestiniens sortis de prison en 2011 pour libérer... un seul otage israélien, le soldat Gilad Shalit, libéré après plus d'un millier de jours en captivité par le Hamas.


T.G. et T.A.

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