"Un accord de trêve" enfin conclu, une "tragédie sanitaire" dans Gaza… Le point sur la situation au Proche-Orient

par Felicia SIDERIS avec l'AFP
Publié le 22 novembre 2023 à 8h00, mis à jour le 22 novembre 2023 à 11h31

Source : TF1 Info

Le gouvernement israélien a donné son feu vert dans la nuit de mardi à mercredi à un accord pour la libération d'otages détenus par le Hamas.
En échange, une trêve est prévue dans la bande de Gaza, où une "tragédie" sanitaire se profile selon l'Unicef.
Retour sur les faits marquants des 24 dernières heures.

Les cinq semaines de négociations éprouvantes ont enfin abouti. Le gouvernement israélien a mis fin à un long suspens dans la matinée du mercredi 22 novembre en donnant son feu vert à un accord pour une trêve à Gaza et la libération d'otages détenus par le Hamas depuis l'offensive sanglante du 7 octobre. Un accord qui ne met toutefois pas fin à la guerre au Proche-Orient. On fait le point sur les informations de ces dernières 24 heures.

50 otages contre une trêve de quatre jours

Un accord salué à l'international. C'est le premier signe de répit. Le gouvernement israélien "a approuvé les grandes lignes de la première étape d'un accord" visant à obtenir la libération des otages aux mains du Hamas. En échange, Israël s'engage non seulement à respecter une trêve de quatre jours dans la bande de Gaza, mais aussi à échanger des prisonniers palestiniens. Une "bonne décision", selon les déclarations mardi soir de Benyamin Nétanyahou. De son côté, le Hamas a salué un accord de "trêve humanitaire", précisant que les "dispositions de cet accord ont été formulées conformément à la vision de la résistance".

Une information immédiatement confirmée par les autorités du Qatar. "Le début de cette pause sera annoncé dans les prochaines 24 heures et durera quatre jours, avec possibilité de prolongation", a ajouté le ministère des Affaires étrangères de cet émirat du Golfe au centre des pourparlers. 

Une décision saluée par Moscou et Washington. Le président américain s'est dit "extraordinairement satisfait" de la libération "de ces âmes courageuses qui seront bientôt réunies avec leurs familles". La porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a quant à elle souligné que "c'est exactement à quoi la Russie a appelé dès le début de l'escalade du conflit". De son côté, Bruxelles a "salué" la trêve à Gaza et demandé "un sursaut humanitaire".

SUR PLACE - Les détails de l'accord entre Israël et le HamasSource : TF1 Info

Une trêve reconductible. Si les conditions de la trêve restent encore à être précisées, on sait d'ores et déjà que 50 otages, des femmes et des enfants, doivent être libérés. Un "premier échange" de dix otages contre 30 prisonniers palestiniens devrait être réalisé "dès jeudi", selon les informations transmises par un haut responsable du Hamas à l'AFP. Après cette première étape, "la libération de dix otages supplémentaires conduira à une journée supplémentaire de pause" dans les combats, a ajouté le gouvernement israélien. Pour rappel, environ 240 personnes ont été enlevées lors de l'attaque sanglante lancée le 7 octobre contre Israël. Le Hamas dit en détenir 210, tandis que les autres seraient aux mains du Jihad Islamique. Toutefois, dix d'entre eux restent introuvables, comme le rapportait le Times of Israël. Selon certaines sources, ils seraient aux mains de civils, distincts des deux organisations islamistes. Mais dans quel état ces otages seront-ils ? En accord avec le ministère israélien de la Santé, six hôpitaux israéliens sont en tout cas prêts à les accueillir. 

Israël "poursuivra sa guerre". Dès mardi, Benyamin Nétanyahou l'a martelé. Cet accord de trêve ne signifie pas la fin de la guerre. "Nous n'arrêterons pas la guerre après le cessez-le-feu", a lancé le Premier ministre israélien au début de la réunion de son gouvernement. "Je voudrais le dire clairement, nous sommes en guerre, et nous continuerons la guerre jusqu'à ce que nous ayons atteint nos objectifs : éliminer le Hamas, ramener tous les otages et les disparus, et garantir qu'il n'y aura plus de menace pour Israël à Gaza". L'armée israélienne "poursuivra sa guerre", a de nouveau assuré le gouvernement israélien dans un communiqué. "Nous confirmons que nos mains resteront sur la gâchette et que nos bataillons triomphants resteront aux aguets", a averti le Hamas de son côté.

Une trêve humanitaire nécessaire

Une "tragédie" sanitaire se prépare à Gaza. Depuis plusieurs semaines, organisations internationales et capitales étrangères multipliaient les appels à un cessez-le-feu ou à une trêve face à la situation humanitaire catastrophique de la bande de Gaza. Dans ce petit territoire enclavé, où l'eau "manque cruellement" et la pénurie de carburant risque de provoquer "l'effondrement des services d'assainissement".Une "tragédie" sanitaire se profile, a encore averti mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance (Unicef). D'après l'ONU, près de 1,7 million des 2,4 millions d'habitants ont été déplacés par la guerre dans ce territoire soumis à un "siège total". L'aide humanitaire, dont l'entrée est soumise au feu vert d'Israël, arrive au compte-gouttes via l'Égypte, en quantité insuffisante, selon l'ONU. Dans le territoire palestinien, plus de 14.000 personnes ont été tuées dans les bombardements israéliens, dont plus de 5.800 enfants, selon le gouvernement du Hamas.

Deux journalistes tués. Parmi les victimes du conflit, on compte également des journalistes. Deux d'entre eux ont été tués mardi au Liban par une frappe israélienne dans la région de Tayr Harfa, dans le sud, selon l'agence de presse officielle Ani. La chaîne de télévision libanaise pro-iranienne Mayadeen TV a dans la foulée annoncé que sa correspondante Farah Omar et son cadreur Rabih Maamari avaient été tués "par une frappe israélienne". Au total, 53 journalistes et employés de médias ont été tués depuis le début de la guerre, selon le dernier décompte du Comité pour la protection des journalistes (CPJ), publié mardi. Quarante-six étaient palestiniens, quatre étaient israéliens et trois étaient libanais, selon l'organisation de défense de la presse, dont le siège est à New York et qui comptabilise les victimes en Israël, dans la bande de Gaza et à la frontière libanaise.

Une "pause complète" avec le Hezbollah ? En plus des deux journalistes, six autres personnes ont été tuées dans le sud du Liban, rapporte l'agence de presse officielle libanaise. L'armée israélienne a fait état de plusieurs tirs dans la nuit depuis le Liban vers le nord d'Israël, à l'heure où la communauté internationale craint une extension du conflit dans la région. Mais à la faveur de l'accord de trêve à Gaza, le haut responsable de la Maison Blanche a dit que Washington espérait désormais une "pause complète" dans les hostilités entre le Hezbollah libanais et l'armée israélienne.


Felicia SIDERIS avec l'AFP

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