Salves de missiles en Ukraine : Poutine a-t-il les moyens de ces déluges de feu ?

T.G
Publié le 17 novembre 2022 à 12h50

Source : JT 20h Semaine

Une nouvelle vague de frappes russes a touché jeudi matin plusieurs régions d'Ukraine.
Depuis le début de l'offensive, ce sont des centaines de missiles qui ont été utilisés.
Jusqu'à quand ? Après plusieurs mois de guerre, les stocks de Moscou commencent à fondre, selon les occidentaux.

Un déluge de feu. Sourde aux appels à mettre fin aux combats, la Russie a lancé, mardi 15 novembre, des frappes de rétorsion d'une ampleur inédite - une centaine de missiles. Même scénario ce jeudi, avec des dizaines de frappes. Des bombardements qui, après huit mois de conflit, intriguent la communauté internationale concernant les stocks dont dispose Moscou pour mener sa guerre en Ukraine.

"La consommation d'armes est considérable", a estimé ce jeudi sur LCI le vice-amiral Jean-Louis Vichot. Comme l'a rappelé cet ancien chef d'une mission militaire française de l'Otan, "il y a eu trois vagues de frappes, donc environ 300 missiles. Peut-être 400 avec ce jeudi, plus ceux utilisés de façon plus tactique."

Il doit rester environ la moitié des stocks"

Si la Russie ne lésine pas sur les moyens militaires, c'est qu'elle disposait, avant d'attaquer l'Ukraine, de moyens inédits. "Moscou avait des stocks considérables, estime le vice-amiral. Les ONG se sont penchées sur ces missiles, balistiques et de croisières. Quand on voit les inventaires, ils se chiffrent par centaines voire par milliers."

Et maintenant ? Essorée par plusieurs mois d'un conflit dont la durée a dépassé ses prévisions, l'armée de Vladimir Poutine se serait lancée dans une course à l'armement. "Il doit rester environ à peu près la moitié de leurs stocks", considère le vice-amiral Vichot. Notamment car une partie de ces derniers a été détruit par Kiev : selon Le Monde, au moins 52 dépôts de munitions russes ont été frappés par l’armée ukrainienne depuis la fin mars 2022.

Depuis quelques semaines, Moscou chercherait donc à compléter son arsenal. "Nous avons des informations selon lesquelles la Russie a approché la Corée du Nord pour lui demander des munitions", a affirmé en septembre le Pentagone. Il s'agirait d'obus et de roquettes pour des millions de dollars. Par ailleurs, "il est probable que la Russie peine à maintenir ses stocks de drones" car elle est "affectée par les pénuries de composants provoquées par les sanctions", souligne le ministère britannique de la Défense. La volonté de Moscou d'acquérir des drones auprès de l'Iran en serait une preuve supplémentaire.

Outre l'Iran et la Corée du Nord, difficile pour Moscou, donc, de s'appuyer sur ses rares soutiens. C'est ce que Pierre Grasser, chercheur associé au laboratoire Sirice, a expliqué à l'AFP : "Moscou n'a pas beaucoup d'alliés pour se fournir et soulager ses usines. La Chine refuse encore de s'impliquer au-delà du plan diplomatique". Néanmoins, si les sanctions pèsent toujours sur l'industrie russe, "les usines d'obus ne sont pas vraiment touchées : ce n'est pas de la haute technologie, il suffit d'avoir un accès aux matières premières, et Moscou l'a. Ce qu'il faut à celle-ci, c'est le temps, pour produire ces obus et bien sûr de l'argent".


T.G

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