Ukraine : onze mois de guerre

Drones iraniens en Ukraine : Téhéran nie toujours des livraisons et promet une réaction si Moscou les utilise

M.L (avec AFP)
Publié le 24 octobre 2022 à 22h58
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Source : JT 20h Semaine

Le ministre des Affaires étrangères iranien a démenti à nouveau les accusations qui visent son pays.
Il a assuré que Téhéran n'avait livré aucune arme et aucun drone à la Russie.
Hossein Amir-Abdollahian a même affirmé que l'Iran ne resterait pas "indifférent" si Moscou déployait ses drones.

Mise en cause par Kiev et ses alliés occidentaux, Téhéran continue de nier. Le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a réaffirmé lundi que son pays n'avait fourni aucun drone à Moscou pour intensifier son offensive en Ukraine. Plus encore, il a assuré que l'Iran ne resterait pas "indifférent" s'il était prouvé que la Russie utilise des drones de fabrication iranienne sur le sol de sa voisine.

"Nous sommes contre armer aussi bien la Russie que l'Ukraine"

Un peu plus tôt dans la journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait déclaré que la Russie avait commandé "environ 2000 Shaheds iraniens", des drones kamikazes destinés selon lui à appuyer ses manœuvres militaires dans le pays. Certains ont déjà été utilisés pour viser notamment des infrastructures énergétiques, selon Kiev. "Dans la guerre en Ukraine (...) nous sommes contre armer aussi bien la Russie que l'Ukraine", a répondu Hossein Amir-Abdollahian dans des déclarations vidéo publiées par les médias locaux.

Tout en reconnaissant une coopération de défense entre Téhéran et Moscou, il a affirmé que ce partenariat ne concernait en aucun cas des livraisons d'armes dans le cadre du conflit contre Kiev. "Nous n'avons fourni à la Russie ni armes ni drones à utiliser dans la guerre contre l'Ukraine", a-t-il ajouté, répétant de précédents démentis. 

Le ministre iranien a réaffirmé la volonté de son pays de tenir des pourparlers directs avec l'Ukraine à ce sujet, soulignant avoir transmis un message en ce sens au chef de la diplomatie de l'Union européenne Josep Borrell. "J'ai dit à Josep Borrell que s'il devenait clair pour nous que la Russie a utilisé des drones iraniens contre l'Ukraine, nous ne serons certainement pas indifférents à cette question", a-t-il affirmé.   

Téhéran dit plaider pour "un arrêt immédiat de la guerre"

Ces dernières semaines, l'Ukraine et ses alliés occidentaux ont accusé Moscou d'avoir utilisé des drones de fabrication iranienne lors d'attaques contre l'Ukraine. Dès septembre, Kiev a décidé de réduire considérablement ses relations diplomatiques avec Téhéran en raison de livraisons d'armes présumées à Moscou. L'Iran a rejeté ces accusations, tandis que le Kremlin a soutenu que les Occidentaux cherchaient à "faire pression" sur Téhéran.

La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont réclamé vendredi une enquête "impartiale" à l'ONU sur ces armes. Aux côtés de l'UE, Londres a par ailleurs annoncé de nouvelles sanctions contre l'Iran, des "approches provocatrices" et "destructrices" faisant partie d'un "scénario politique ciblé" aux yeux de Téhéran. "Nous sommes pour la paix et un arrêt immédiat de la guerre en Ukraine par le biais d'un processus politique", a indiqué samedi dans un communiqué le porte-parole de son ministère des Affaires étrangères, Nasser Kanani.

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Plus tôt lundi, ce dernier a aussi a rejeté les allégations des États-Unis selon lesquelles des militaires iraniens étaient déployés en Crimée, péninsule ukrainienne annexée par Moscou, pour aider les Russes au maniement des drones lancés contre des infrastructures énergétiques et des villes en Ukraine. "Nous condamnons fermement ces allégations qui visent à détourner l'attention de l'opinion publique du rôle destructif (des États-Unis) dans la guerre en Ukraine (...) en exportant massivement des armes et des équipements" vers Kiev, a-t-il affirmé.


M.L (avec AFP)

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