Ukraine : Zaporijia, la plus grande centrale nucléaire d'Europe au cœur du conflit

TG
Publié le 21 novembre 2022 à 11h08

Source : TF1 Info

Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a dénoncé dimanche des tirs "délibérés et ciblés" contre le site nucléaire de Zaporijia.
La centrale et son contrôle sont l'objet d'âpres négociations et combats entre Ukraine et Russie depuis le début de la guerre.

Il faut "arrêter cette folie". Le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a dénoncé dimanche des tirs "délibérés et ciblés" contre le site de Zaporijia, renvoyant dos à dos l'Ukraine et la Russie. La plus grande centrale nucléaire s'invite une nouvelle fois au cœur de l'actualité, preuve s'il en fallait de l'importance stratégique de ce site dans le conflit.

Située non loin de la péninsule ukrainienne de la Crimée (sud) annexée par Moscou en 2014, la centrale est tombée aux mains des troupes russes le 4 mars, peu après le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février. Très vite, l'inquiétude s'empare des autorités : proche de la ville d'Energodar sur le fleuve Dnipro, la centrale possède en effet six des 15 réacteurs ukrainiens, capables d'alimenter quatre millions de foyers. Les six unités VVER-1000 de conception soviétique, qui ont une capacité totale de production de près de 6000 mégawatts, ont toutes été mises en service entre 1984 et 1995, selon l'opérateur Energoatom.

"L'intégrité du site" violée à plusieurs reprises

Préservée durant les premiers mois du conflit, la centrale et sa sécurité entrent en première ligne du conflit durant l'été. Les bâtiments ont alors subi des "dégâts importants" et par la suite, "l'intégrité physique" du site, survolé notamment par des missiles, a été "violée" à plusieurs reprises, a relevé début septembre l'AIEA, soulignant que les bombardements se sont intensifiés depuis le mois d'août.

Conséquence des activités militaires qui ont endommagé les lignes électriques, la centrale a été déconnectée début septembre du réseau externe et a alors opéré avec une ligne de secours, après un premier incident similaire le 25 août. Un seul réacteur est en fonctionnement et continue à produire l'électricité nécessaire pour le refroidissement du combustible nucléaire et les fonctions de sécurité. Les autres se trouvent en maintenance ou à l'arrêt.

Le 1er septembre, une délégation de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est autorisée à inspecter le site et y réclame l'instauration d'une "zone de sécurité". En vain. Le 30 septembre, le directeur général de la centrale est arrêté. Il sera libéré quelques heures plus tard. Dans la foulée, Moscou publie un décret annonçant qu'elle s'approprie les lieux. Faux, rétorque l'opérateur ukrainien Energoatom selon lequel le texte de Vladimir Poutine "nul et non avenu, absurde et inapproprié".

Depuis, la centrale a été déconnectée du réseau plusieurs fois, au gré des bombardements entre les deux camps. Et les négociations pour mettre en place une zone de protection patinent : les discussions sont "très compliquées", a déclaré il y a dix jours l'AIEA, disant ne pas pouvoir "perdre patience".


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