L'Occident se résout à livrer des chars à l'Ukraine

Gros plan sur le "Leopard 2", ce char allemand si convoité par l'Ukraine

par Thomas DESZPOT avec AFP
Publié le 21 janvier 2023 à 18h52, mis à jour le 25 janvier 2023 à 15h17
JT Perso

Source : JT 20h WE

Après des demandes pressantes et répétées, Kiev a obtenu de Berlin la livraison de chars lourds "Leopard 2".
Dédié au combat, ce tank est considéré par beaucoup comme une référence.
Des experts estiment que l'engagement de ces blindés lourds aurait un impact significatif sur le champ de bataille.

Les connaisseurs des armées savent que le "Leopard 2" est un char lourd de renom. L'Ukraine, qui cherche de nouveaux moyens de reconquérir son territoire et de repousser son voisin russe, a mené une intense campagne afin de convaincre l'Allemagne et les Occidentaux de lui en livrer. Après une longue hésitation, Berlin a débloqué la situation et ouvert la voie à des livraisons, par l'Allemagne mais aussi d'autres Etats possédant ces chars. Aux yeux de Kiev, il s'agit d'équipements à l'impact majeur, pouvant jouer un rôle central sur le terrain.

60 tonnes de métal propulsées à 70 km/h

Le Leopard 2 a été conçu par le fabricant allemand nommé Krauss-Maffei. À partir de la fin des années 1970, il fut construit en série afin de remplacer d'anciens modèles, tels que son prédécesseur, le Leopard 1, ou le char américain M48 Patton. Le cahier des charges du Leopard 2 était complexe, puisqu'il a été conçu dans l'objectif d'allier une grande puissance de feu à une importante mobilité, sans compromettre sa capacité de protection.

Adopté par une douzaine de nations européennes, dont la Grèce et l'Espagne, on estime qu'environ 3500 exemplaires de ce blindé ont été produits, affichant une fiche technique impressionnante. Dédié au combat, le char pèse une soixantaine de tonnes, ce qui ne l'empêche pas de réaliser des pointes à près de 70 km/h grâce à une imposante motorisation diesel de 1500 chevaux. Il se révèle par ailleurs opérationnel sur de longues distances, avec une autonomie approchant les 450 km. 

Côté armement, il est doté d'un canon lisse d'un calibre de 120 mm. Enfin, d'un point de vue plus défensif, il bénéficie, comme le souligne son fabricant, d'une "protection passive intégrale". Celle-ci se montre efficace contre les mines autant que les lances-roquettes. Embarquant à son bord un équipage de quatre personnes, le Leopard 2 s'est vu doter d'outils technologiques - comme un équipement de vision nocturne  - qui lui confèrent la capacité de localiser et cibler l'ennemi, y compris à longue distance.

Équipant plusieurs armées, à l'instar de la Pologne qui se disait prête à donner des exemplaires à l'Ukraine sans l'autorisation de l'Allemagne, ce tank a été déployé sur plusieurs théâtres d'opération au cours des dernières décennies. Citons par exemple le Kosovo, en renfort des forces de l'Otan, mais aussi l'Afghanistan, où Canadiens et Danois l'ont utilisé. En Syrie, ce sont les militaires turcs qui s'en sont servis, alors qu'ils luttaient contre Daech dans le nord du pays. 

Un engin qui peut changer le cours de la guerre ?

La popularité du Leopard 2 en Europe en fait un modèle aux multiples avantages du point de vue ukrainien, en particulier sur le plan logistique. L'accès aux munitions et autres pièces de rechange s'en trouve largement simplifié, tout comme les opérations de maintenance, considérables et régulières pour des véhicules de cette nature amenés à évoluer dans des zones difficiles.

Lire aussi

Pour comprendre l'intérêt de l'Ukraine pour ces chars, il faut rappeler que Kiev ne dispose (comme la Russie d'ailleurs) que de modèles anciens, dont la conception remonte à l'époque soviétique. Plus légers, moins modernes, ils ne disposent pas d'une puissance de feu similaire. Le renfort du Leopard 2 compenserait en partie la supériorité de l'artillerie russe et aiderait les forces ukrainiennes dans leurs opérations de reconquête de leur territoire. L'Ukraine dit avoir besoin de 300 chars, tandis que 100 pourraient probablement modifier l'équilibre de la guerre, estiment des analystes militaires cités par The Guardian.

 

Berlin a longtemps bloqué l'envoi des Leopard 2 vers l'Ukraine, par crainte d'une escalade militaire avec Moscou, et par frilosité devant le leadership qu'une telle décision lui ferait endosser parmi les acteurs occidentaux du conflit. Les autres pays possesseurs de ces chars lourds étaient suspendus à un accord de l'Allemagne pour envoyer les leurs à Kiev, étant donné qu'ils ne les ont pas fabriqués sur leur sol.


Thomas DESZPOT avec AFP

Tout
TF1 Info