"Avancées" ou "pertes catastrophiques" de Kiev, désinformation russe… Le point sur la situation en Ukraine

par F.S. avec AFP
Publié le 14 juin 2023 à 8h39

Source : JT 20h WE

Vladimir Poutine s'est félicité ce mardi d'infliger des pertes "catastrophiques" à Kiev.
L'Ukraine fait quant à elle état "d'avancées".
Moscou est accusée par la France d'avoir mené une "campagne numérique de manipulation" de l'information.

La communication est bien rodée et chaque partie répète ses éléments de langage. Alors que le conflit en Ukraine a pris un nouveau tournant avec le début de l'offensive ukrainienne tant attendue, la propagande en a fait de même. Vladimir Poutine multiplie les prises de parole pour décrire l'échec du pays voisin, quand Kiev cherche à rassurer. 

Ce mardi 13 juin, le président russe a encore affirmé que ses forces écrasaient la contre-offensive quand l'armée de Zelensky assurait au contraire "avancer". Des positions radicalement opposées qui arrivent en pleine campagne numérique menée par Moscou sur les écrans occidentaux.

Une contre-offensive très commentée

Les pertes ukrainiennes sont "catastrophiques". Lors d'une rencontre télévisée avec des correspondants de guerre russes, Vladimir Poutine a assuré que ses forces écrasaient la contre-offensive ukrainienne. Selon lui, Kiev a perdu "environ 25% ou peut-être 30% de l'équipement" fourni par les Occidentaux, avançant le chiffre de 160 chars et plus de 360 blindés. Côté russe, il a admis la perte de 54 chars, dont certains sont réparables. Soit, des pertes "dix fois moindres" que celle du pays voisin, a déclaré le chef du Kremlin. Des données invérifiables de sources indépendantes. C'est la deuxième fois depuis vendredi que le président russe affirme que son armée repousse l'assaut que l'Ukraine. 

L'armée ukrainienne fait état "d'avancées". Si le président ukrainien avait admis lundi soir que l'offensive dans le sud et l'est pour libérer des territoires occupés par la Russie était "difficile", l'armée de Kiev réalise tout de même des percées. "De violents combats offensifs et défensifs se déroulent dans l'est et le sud de notre nation", a déclaré le commandant en chef de l'armée ukrainienne, Valéry Zaloujny, ajoutant : "Nous avons des gains, nous appliquons notre plan, et nous avançons." Une affirmation confirmée par l'Institut pour l'étude de la guerre (IFW). Selon le groupe de réflexion américain, qui s'appuie sur des données cartographiques, les forces de Kiev ont "réalisé de nouveaux gains territoriaux limités" le 13 juin.

LE POINT SUR LA SITUATION - Avec plusieurs chars capturés, les erreurs de l'armée de KievSource : TF1 Info

Si, selon Moscou, Kiev a déjà lancé sa "contre-offensive à grande échelle" le 4 juin sur "plusieurs" secteurs du front, citant deux zones du sud et l'une dans l'est, sans mentionner Bakhmout, les analystes estiment quant à eux que l'Ukraine n'a pas encore lancé le gros de ses forces. D'après les observateurs, l'armée de Zelensky semble tester la ligne de front en quête de points faibles. Actuellement, ces opérations paraissent se concentrer sur trois axes principaux. À savoir Bakhmout, la zone de Vougledar et celle d'Orikhiv. 

Frappes nocturnes en Ukraine. Tout en proclamant l'échec de la contre-offensive de Kiev, Vladimir Poutine multiplie les attaques en pleine nuit. Alors qu'il a admis que la Russie ne s'était pas suffisamment préparée aux attaques sur son sol depuis l'Ukraine, obligée d'évacuer des milliers de personnes après une incursion et des frappes massives depuis l'Ukraine, il a intensifié les attaques de missiles. Dans la nuit de mardi à mercredi, une série de missiles s'est abattue sur Odessa, faisant trois victimes parmi les employés d'un entrepôt commercial touché. La veille, l'armée de Moscou avait frappé Kryvyï Rig, la ville natale du président Zelensky, dans le centre de l'Ukraine. Les bombardements avaient fait au moins onze morts mardi avant l'aube, avec la destruction notamment d'un immeuble d'habitation et d'un entrepôt. Les autorités de la région de Dnipropetrovsk, au sud-est, ont par ailleurs fait état d'une attaque russe menée dans la nuit de mardi à mercredi à l'aide de trois drones explosifs, tous détruits par la défense ukrainienne, selon elle.

Une contre-offensive aux multiples intérêts. Tandis que Kiev et Moscou sont en pleine guerre de communication sur l'état de la contre-offensive, le chef de l'Otan a rappelé qu'au-delà de permettre à l'Ukraine de regagner ses territoires, le succès de cette opération pourrait inciter Moscou à "s'asseoir à la table des négociations". "Plus les Ukrainiens gagneront de terrain, plus il est probable que le président Poutine comprenne qu'il doit s'asseoir à la table des négociations et donner son accord à une paix juste et durable", a espéré Jens Stoltenberg lors d'une interview avec CNN.

Le Kremlin a mené une "campagne numérique de manipulation". Si la Russie déverse ses éléments de propagande à longueur de journée sur les écrans russes, elle atteint aussi les Français. On vous expliquait ainsi, il y a quelques semaines, comment des médias occidentaux sont plagiés pour relayer la propagande russe. Or, ce mardi, le ministère des Affaires étrangères a directement accusé "des acteurs russes" d'être à l'origine de cette campagne numérique "à laquelle des entités étatiques ou affiliées à l'État russe ont participé". 

Des agissements décrits comme "indignes d'un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies", par la ministre des Affaires étrangères. Dans une déclaration de Catherine Colonna lue par sa porte-parole, elle ajoute ajoutant que Paris est en "lien étroit" avec ses alliés "pour mettre en échec la guerre hybride menée par la Russie".


F.S. avec AFP

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