Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : la Finlande ferme ses frontières aux Russes avec un visa touristique dès jeudi soir

M.L (avec AFP)
Publié le 29 septembre 2022 à 15h06
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Source : JT 13h WE

À compter de minuit, les citoyens russes munis de visas de tourisme ne pourront plus traverser la frontière du pays, a annoncé le gouvernement finlandais.
Helsinki prévoyait depuis longue date de réduire l'arrivée de Russes sur son sol.
L'annonce par Moscou d'une mobilisation "partielle", qui a fait bondir les entrées en Finlande, a accéléré la décision.

Helsinki avait déjà annoncé qu'elle allait "significativement restreindre" l'accès des Russes à son territoire, ce sera chose faite dès ce jeudi soir. Confrontée à une forte hausse des entrées depuis la Russie voisine, la Finlande va fermer à compter de minuit (23h en France) ses frontières aux citoyens russes munis de visas de tourisme européen de l'espace Schengen, a indiqué le gouvernement. 

L'annonce de la mobilisation "partielle" de Moscou pour la guerre en Ukraine, qui s'est traduite par un bond des entrées dans le pays nordique depuis la Russie, "a eu un impact significatif" sur la décision, a affirmé le ministre finlandais des Affaires étrangères Pekka Haavisto, qui a ajouté que les référendums "illégaux" d'annexion dans l'est de l'Ukraine et le sabotage présumé des gazoducs Nord Stream en mer Baltique "ont augmenté les inquiétudes"

7 à 8000 Russes passent la frontière finlandaise chaque jour

Le pays nordique s'aligne ainsi de facto sur la décision prise début septembre par la Pologne et les trois pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), les quatre autres pays de l'Union européenne frontaliers de la Russie. La mesure était en discussion en Finlande avant même l'ordre militaire de Vladimir Poutine, du fait des passages importants de vacanciers russes durant l'été qui ont fait controverse dans le pays. Mais Helsinki n'avait annoncé sa prochaine entrée en vigueur qu'au soir de l'annonce de la mobilisation en Russie.

"La décision vise à empêcher complètement la situation actuelle de tourisme russe en Finlande et le transit lié à travers le pays", a expliqué Pekka Haavisto lors d'une conférence de presse. Le gouvernement a toutefois reconnu que ce choix pourrait se traduire par une hausse des demandes d'asile et des tentatives de franchissement illégal de la frontière. Parallèlement à sa candidature historique d'entrée dans l'Otan, elle a présenté un plan de renforcement de sa frontière est.

"Au cours des quatre derniers jours, 30.000 citoyens russes sont arrivés en Finlande", a indiqué mardi l'Agence européenne des frontières, Frontex. Chaque jour, ce sont 7 à 8000 personnes qui passent la longue frontière terrestre d'environ 1300 kilomètres entre les deux pays, la plupart au passage du village de Vaalimaa, le plus au sud. 

Les ressortissants russes craignent que "ça ferme pour toujours"

La majorité d'entre eux craignaient déjà, ces derniers jours, le spectre "effrayant" d'être coincés en Russie, a expliqué à l'AFP Oleg, un propriétaire d'un bar à Moscou âgé de 36 ans, qui s'est, lui aussi, pressé à ce poste-frontière. Ils redoutent "que ça ferme pour toujours et que ça soit fini", les obligeant à "vivre dans un État totalitaire où ils ne pourront rien faire", a-t-il poursuivi. Au-delà de la fermeture de la frontière par Helsinki, ces déserteurs craignent aussi que le Kremlin décide de bloquer définitivement toute émigration, une décision qu'il a annoncée ne pas encore avoir prise.

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L'épineuse question de l'accueil des ressortissants russes divise les pays européens, les États frontaliers s'alignant sur la frilosité de la Finlande, tandis que ceux plus à l'ouest, comme l'Allemagne et la France, se montrent bien davantage ouverts. 

Les Russes ont été de 30% plus nombreux la semaine dernière à entrer sur le territoire de l'Union Européenne par rapport à la semaine précédente, a annoncé mardi l'Agence européenne des frontières, Frontex, basée à Varsovie. Quelque 66.000 personnes ont franchi la frontière de l'un des pays membres entre le 19 et le 25 septembre, en majorité par les points de passage frontaliers finlandais et estoniens.


M.L (avec AFP)

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