Guerre en Ukraine : des exactions au cœur du conflit

Ukraine : Moscou confirme son offensive dans l'est du pays, Kiev reçoit une aide militaire... Le point sur la situation

Camille Guesdon avec AFP
Publié le 20 avril 2022 à 6h18, mis à jour le 20 avril 2022 à 7h19

Source : JT 20h Semaine

"Une nouvelle phase de la guerre" a débuté en Ukraine selon le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.
Les combats s'intensifient et sont "incessants" dans plusieurs villes ukrainiennes a indiqué le gouverneur ukrainien de la région de Lougansk.
L'Ukraine a reçu des avions de chasse pour renforcer son armée de l'air.

"Une nouvelle phase de la guerre". C'est ce qu'a déclaré Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe. Au 55ᵉ jour de l'invasion russe en Ukraine, Moscou a annoncé, mardi 19 avril, avoir mené une dizaine de frappes aériennes et de missiles dans l'est de l'Ukraine. "La bataille pour le Donbass" crainte depuis des semaines a bien commencé, selon Kiev. 

Sur le terrain, "des missiles de haute précision ont neutralisé 13 places fortes" ainsi que des "concentrations" de troupes près de la ville clé de Sloviansk située dans la région de Donestsk, a indiqué Moscou. De son côté, Serguiï Gaïdaï, le gouverneur ukrainien de la région de Lougansk a déclaré que "c'est l'enfer" en raison des combats "incessants" dans plusieurs villes.

Alors que l'offensive russe s'intensifie, Moscou a demandé à l'armée ukrainienne de "déposer les armes" et aux derniers défenseurs de Marioupol de cesser leur "résistance insensée". L'armée russe a également affirmé avoir ouvert mardi un couloir pour évacuer les soldats ukrainiens retranchés dans l'usine d'Azovstal basée dans la zone industrielle de ce port stratégique du sud-est de l'Ukraine.

L'Ukraine a reçu des avions de chasse

John Kirby, le porte-parole du Pentagone, a annoncé que l'Ukraine a reçu des avions de chasse et des pièces détachées pour renforcer son armée de l'air, refusant de préciser leur nombre ou les pays ayant fourni les appareils. Il s'agirait cependant de Mig-29 de fabrication russe, que Kiev réclamait depuis le début de la guerre.

Suite à l'envoi de pièces d'artillerie Howitzer annoncé la semaine dernière par Joe Biden, cette nouvelle annonce témoigne d'un changement d'attitude des Occidentaux, qui ont pendant plus d'un mois refusé de fournir à l'Ukraine des armements lourds, pour éviter toute escalade du conflit.

Selon CNN et NBC News, les États-Unis s'apprêtent à approuver un nouveau paquet d'aide militaire à l'Ukraine s'élevant à 800 millions de dollars, moins d'une semaine après une précédente annonce d'une tranche du même montant.

Vers de nouvelles sanctions des États-Unis et de ses alliés contre Moscou

Lors d'une réunion virtuelle consacrée à l'offensive russe en Ukraine entre le président américain Joe Biden et les principaux alliés des États-Unis, dont l'Union européenne, le gouvernement italien a déclaré dans la soirée de mardi que les participants sont parvenus à "un large consensus sur la nécessité d'accentuer la pression sur le Kremlin, notamment à travers l'adoption de nouvelles sanctions". Il a aussi précisé dans un communiqué que les alliés sont également tombés d'accord sur la nécessité "d'accroître l'isolement international de Moscou".

À l'issue de cette visioconférence, Olaf Scholz, le chancelier allemand, a jugé que le président russe Vladimir Poutine portait la responsabilité des "crimes de guerre" en Ukraine qui ont fait des milliers de morts parmi la population civile.

De son côté, Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, a dénoncé mardi l'offensive russe en Ukraine et a demandé à Moscou et Kiev de stopper les combats pour une "pause humanitaire" de quatre jours à l'occasion de la Pâque orthodoxe, afin de "permettre l'ouverture d'une série de couloirs humanitaires".

La Russie a multiplié les annonces d'expulsions de diplomates de pays européens (15 Néerlandais, 12 Belges et 4 Autrichiens), en représailles aux mesures similaires prises récemment par ces pays à la suite de l'offensive russe en Ukraine.

Pas de crise financière en vue selon le FMI

Selon le Fonds monétaire international (FMI), l'invasion russe en Ukraine a secoué brièvement les marchés, mais aucune crise financière mondiale ne s'est "matérialisée". Cependant, l'institution financière internationale a indiqué que la guerre avait amplement assombri les perspectives économiques. Le FMI table désormais sur une croissance mondiale de 3,6% en 2022, contre 4,4% en janvier. Le PIB de la Russie devrait se contracter de 8,5% et celui de l'Ukraine de 35%.

Quelques heures après l'annonce par l'Ukraine du lancement d'une nouvelle offensive russe dans le Donbass, Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie a déclaré qu'il est "plus que jamais nécessaire" de cesser les importations européennes de pétrole russe. Pour rappel, en 2021, Moscou a fourni 30% du brut et 15% des produits pétroliers achetés par l'Union européenne. 

Troisième jour consécutif sans couloir d'évacuation pour les civils

Faute d'accord avec la Russie, aucun couloir d'évacuation des civils n'a pu être organisé mardi en Ukraine, et ce, pour le troisième jour consécutif, a annoncé la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.  

Selon elle, "des bombardements intenses se poursuivent dans le Donbass". À Marioupol, "les Russes refusent d'ouvrir un couloir pour la sortie des civils en direction de Berdiansk". 

L'appel désespéré des combattants de Marioupol

"Nous vivons peut-être nos derniers jours, voire nos dernières heures", a affirmé un officier ukrainien assiégé à Marioupol en appelant la communauté internationale à procéder à leur "extraction", dans un message publié sur Facebook mercredi. "L'ennemi est dix fois plus nombreux que nous", a déclaré Serguiy Volyna, un commandant de la 36e brigade de la marine nationale, retranchée dans le vaste complexe sidérurgique d'Azovstal à Marioupol (sud-est de l'Ukraine), assiégé par les forces russes.

"Nous appelons et supplions tous les dirigeants du monde de nous aider. Nous leur demandons d'utiliser la procédure d'extraction et de nous emmener sur le territoire d'un pays tiers", a-t-il ajouté.


Camille Guesdon avec AFP

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