Guerre en Ukraine : pour les civils, la fuite ou le chaos

Guerre en Ukraine : pourquoi la Russie veut à tout prix conquérir le Donbass

TG
Publié le 19 avril 2022 à 13h41
JT Perso

Source : TF1 Info

La campagne militaire de Moscou s'est réorientée sur le bassin du Donbass, à l'est de l'Ukraine.
Ce territoire est partiellement contrôlé par des forces séparatistes prorusses depuis 2014.
Pour Vladimir Poutine, son contrôle est une priorité. Et un objectif qu'il s'est fixé depuis des années.

Un pied en Ukraine, l'autre en Russie. Depuis trente ans et la chute du Mur de Berlin, la région du Donbass – sur laquelle Moscou a lancé ce mardi une offensive – est convoité par Moscou. Le régime de Vladimir Poutine lorgne en effet sur ces territoires situés juste derrière sa frontière, où vivent environ six millions de personnes, à cheval entre "l'oblast" ("région") de Donetsk et celui de Lougansk.

Historiquement, Vladimir Poutine en est convaincu : le Donbass et la Russie ne font qu'un. Outre la Russie kiévienne, cette principauté ayant existé du IXe au XIIIe siècle, l'autocrate s'appuie sur le fait que cette région - de même qu'une large partie de l'Est ukrainien - est peuplée de russophones devant être protégés du nationalisme ukrainien. Difficile de nier la russophilie de cette zone. Néanmoins, celle-ci est due - en partie au moins - à la russification forcée et à son repeuplement après la Seconde Guerre mondiale, avec l'arrivée de centaines de milliers d'ouvriers russes.

Le donbass, une immense réserve de charbon

Cet afflux, conjugué aux victimes de la guerre et de l'Holodomor - la grande famine orchestrée en Ukraine par Staline qui a fait plusieurs millions de morts en 1932-1933 - a modifié l'équilibre ethnique et culturel. Prenons l'exemple de la langue : après l'indépendance de l'Ukraine à l'effondrement de l'URSS en 1991, l'ukrainien est devenu l'unique langue d'État. S'ils sont le plus souvent bilingues, l'ukrainien reste considéré comme langue maternelle par 78% de la population et le russe, par 18%, selon un récent sondage.

En outre, difficile d'écarter le bénéfice économique que représenterait pour le pouvoir russe la mainmise sur le Donbass. Ce bassin recèle d'immenses réserves de charbon. Ce dernier alimente en temps normal des centrales thermiques produisant près de 40% de l'électricité ukrainienne. La présence de russophones est d'ailleurs liée à l'envoi de nombreux travailleurs russes après la Seconde Guerre mondiale lors de la période soviétique.

Plus de 14.000 morts depuis 2014

Malgré cette double identité, le Donbass reste tourné vers l'Ouest et l'Occident. En 1991, la région vote à plus de 80% en faveur de l’indépendance vis-à-vis de l’URSS. Problème : l'économie dégringole. Et la colère s'installe dans la population. Un référendum est organisé, notamment pour savoir si les habitants veulent reconnaître le russe comme langue officielle, ou encore constituer un État fédéral ukrainien avec un rapprochement avec les anciennes républiques soviétiques. Pas moins de 90% des habitants du Donbass approuvent cette inflexion. Les mesures ne seront cependant jamais appliquées.

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Nouvelle preuve de cette identité propre : en 2010, quand le Donbass vote largement en faveur du président Viktor Ianoukovytch, allié du voisin russe.  En 2014, dans la foulée du mouvement pro-UE du Maïdan, ce dernier prend la fuite. Moscou annexe alors la péninsule de Crimée. Non sans lorgner sur le Donbass : la Russe soutient les rebelles séparatistes dans l'est du pays, où deux républiques sont autoproclamées.

 Le conflit, qui a fait plus de 14.000 morts depuis son lancement, avait diminué en intensité à partir de 2015 et la signature des accords de paix de Minsk. Sept ans plus tard, Vladimir Poutine semble décidé ramener la région dans le giron de Moscou : après avoir reconnu lundi l'indépendance des deux républiques sécessionnistes, le dirigeant a envoyé toutes ses forces dans la région pour la "libérer", comme l'a encore affirmé ce mardi le ministère russe de la Défense.


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