Guerre en Ukraine : pour les civils, la fuite ou le chaos

Chars russes aux portes de Kiev, couloirs humanitaires… Le point sur la situation en Ukraine

Richard Duclos avec AFP
Publié le 11 mars 2022 à 6h36, mis à jour le 11 mars 2022 à 7h06

Source : JT 20h Semaine

La Russie a promis jeudi l'ouverture quotidienne de couloirs humanitaires pour permettre aux Ukrainiens de fuir les combats vers son territoire. Mais Kiev demande leur évacuation vers l’intérieur de l’Ukraine.
Moscou a qualifié de mise en scène la frappe ayant visé une maternité de Marioupol, condamnée par la communauté internationale.
Les faits marquants des dernières 24 heures, au terme du quinzième jour de l'invasion russe en Ukraine.

Deux semaines exactement après le début de l’invasion russe, Kiev était toujours sous contrôle ukrainien ce jeudi. Mais les chars ennemis sont désormais aux portes de la capitale, alors qu’une rencontre entre les chefs de la diplomatie russe et ukrainienne n’a débouché sur aucun cessez-le-feu. Alors que les affrontements se poursuivent donc, les États-Unis et leurs alliés européens envisagent de nouvelles sanctions contre la Russie. 

Pas d’accord sur un cessez-le-feu, mais des couloirs humanitaires

Échec des négociations. Les chefs de la diplomatie russe et ukrainienne ont échoué jeudi à s'accorder sur un cessez-le-feu en Ukraine au cours de leur première rencontre depuis le début de l'offensive de l'armée russe. Sergueï Lavrov et Dmytro Kuleba ont campé sur leurs positions au cours de leurs discussions à Antalya, en Turquie. Le ministre ukrainien a déclaré que son homologue russe lui avait assuré que la Russie "allait continuer (son) agression" jusqu'à ce que l'Ukraine accepte "sa demande de capituler". Mais l'Ukraine "ne se rendra pas", a-t-il clamé.

Couloirs humanitaires. Le ministère russe de la Défense a promis jeudi l'ouverture de couloirs humanitaires pour permettre aux Ukrainiens fuyant les combats de rejoindre son territoire, "chaque jour à partir de 10h du matin", alors que Kiev réclame des couloirs permettant l'évacuation de civils à l'intérieur de l'Ukraine. Les couloirs allant "dans d'autres directions seront négociés avec la partie ukrainienne", a-t-il ajouté.

Attaque. Malgré les promesses de Moscou, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé ce vendredi l'armée russe d'empêcher l'évacuation de civils des villes encerclées de Marioupol et Volnovakha (sud-est), mais aussi d'avoir mené une attaque sur le trajet prévu d'un couloir humanitaire. Il a ajouté qu'environ 100.000 personnes avaient pu quitter ces deux derniers jours d'autres villes ukrainiennes en proie aux combats.

Nucléaire. L'Ukraine et la Russie sont "prêtes" à discuter pour garantir la sécurité des sites nucléaires ukrainiens, chaque jour plus compromise par la guerre, a déclaré jeudi le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Une annonce qui intervient alors que Kiev "a perdu toute communication" avec la centrale de Tchernobyl.

Les chars russes aux portes de Kiev

Kiev. Des chars russes sont arrivés jeudi à la lisière nord-est de la capitale ukrainienne Kiev, qu'ils menacent d'encercler après être déjà parvenus dans ses faubourgs nord et ouest. La moitié de la population de l'agglomération de Kiev a fui en deux semaines, selon le maire de la capitale Vitali Klitschko, qui estime la population restante à "un peu moins de deux millions d'habitants".

"Mise en scène". L'armée russe a qualifié jeudi de "mise en scène" de "nationalistes" ukrainiens la frappe ayant visé la veille une maternité et un hôpital pédiatrique de la ville encerclée de Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine. Cette attaque qui a fait trois morts, dont une fillette, a suscité une vague de condamnations internationales. Ce jeudi, Emmanuel Macron a dénoncé "un acte de guerre indigne et amoral". L'ambassadeur adjoint de la Russie à l’ONU, Dmitry Polyanskiy, a pour sa part affirmé que la maternité, occupée par des "combattants", "n'accueille plus depuis longtemps de femmes proches d'accoucher". Selon lui, les photos montrant une femme enceinte devant cet hôpital détruit sont un montage.

Des armes biologiques ? Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira ce vendredi après-midi en urgence sur la fabrication supposée d'armes biologiques en Ukraine, à la demande de Moscou, qui accuse Washington et Kiev de gérer des laboratoires destinés à produire des armes biologiques en Ukraine, ce qui a été démenti par les deux capitales. "Je suis le président d'un pays décent, d'un peuple décent, et je suis le père de deux enfants. Personne ne développe une quelconque arme chimique ou de destruction massive sur mon territoire", a assuré Volodymyr Zelenski dans une adresse à la nation.

Vers de nouvelles sanctions

Mesures supplémentaires. Les Etats-Unis et leurs alliés européens envisagent d'imposer des sanctions supplémentaires à la Russie, a déclaré jeudi la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, évoquant les "atrocités" contre les civils qui "semblent s'intensifier".

Armes. Les Etats-Unis ont affirmé jeudi que l'Ukraine n'avait pas vraiment besoin d'avions de combat pour contrer les attaques russes, mais ont envisagé de lui fournir davantage de systèmes de défense sol-air. "Quand on analyse la destruction semée par le Kremlin sur des régions d'Ukraine, c'est essentiellement dû à des missiles", "à des roquettes", "à des tirs d'artillerie", a déclaré le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price. "Les avions ne sont pas les mieux placés pour éliminer ces armes".  

Union européenne. Les chefs d'État et de gouvernement de l'UE, réunis en sommet à Versailles, ont exclu jeudi toute adhésion rapide de l'Ukraine à l'Union européenne, tout en ouvrant la porte à des liens plus étroits. "Est-ce qu'on peut aujourd'hui ouvrir une procédure d'adhésion avec un pays en guerre ? Je ne le crois pas. Est-ce qu'on doit fermer la porte et dire jamais ? Ce serait injuste", a résumé Emmanuel Macron, qui assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l'UE. 


Richard Duclos avec AFP

Tout
TF1 Info