Guerre en Ukraine : pour les civils, la fuite ou le chaos

Guerre en Ukraine : 3000 personnes évacuées de la région de Marioupol, frappe en Russie... Le point sur la situation

F.R
Publié le 2 avril 2022 à 7h55, mis à jour le 2 avril 2022 à 9h22
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Source : JT 20h WE

Au 37e jour de l'invasion russe en Ukraine, vendredi, la Croix-Rouge a dû renoncer à l'évacuation de Marioupol.
Plus de 3000 personnes ont toutefois réussi à fuir la région dans la soirée.
Les pourparlers russo-ukrainiens se sont poursuivis, sans réelles avancées.

Au 37e jour de la guerre en Ukraine, le martyre de Marioupol se poursuit. Un cessez-le-feu était annoncé mercredi soir par Moscou pour faire évacuer des milliers de civils se trouvant encore dans la ville assiégée, mais la Croix-Rouge a dû rebrousser chemin, la sécurité des bénévoles n'étant pas garantie. Plus de 3000 personnes ont toutefois pu fuir la région en bus vendredi soir. 

Alors que Moscou accuse Kiev d'avoir mené une attaque à l'hélicoptère sur le sol russe, les pourparlers russo-ukrainiens n'ont pas permis d'avancée majeure.

Vers une évacuation des civils à Marioupol ?

LA DIFFICILE FUITE DE MARIOUPOL. Plus de 3000 personnes ont fui la région de Marioupol, en bus et voitures privées, vers la ville de Zaporojie, ont annoncé les autorités ukrainiennes vendredi soir. "Aujourd'hui (vendredi), les couloirs humanitaires ont fonctionné dans trois régions: Donetsk, Lougansk et Zaporojie. Nous avons réussi à sauver 6266 personnes, dont 3071 de Marioupol", a affirmé le président ukrainien Volodymyr Zelensky via une vidéo diffusée dans la nuit de vendredi à samedi. 

LA CROIX-ROUGE REBROUSSE CHEMIN À MARIOUPOL. Alors qu'une trêve avait été annoncée par Moscou dès mercredi soir pour permettre l'évacuation des quelque 160.000 personnes coincées à Marioupol, la Croix-Rouge a annoncé vendredi que son équipe avait dû rebrousser chemin, l'évacuation des civils de cette ville assiégée étant "impossible" à ce jour. Dans cette ville du sud-est de l'Ukraine, la situation humanitaire est catastrophique. Après des semaines de bombardements de cette ville stratégique sur la mer d'Azov, les autorités locales ont fait état d'au moins 5000 habitants tués.

Moscou accuse Kiev d'avoir frappé sur le sol russe, les pourparlers au point mort

FRAPPE SUR LE SOL RUSSE. Le gouverneur de la région russe de Belgorod a accusé vendredi l'Ukraine d'avoir mené à l'aube une attaque à l'hélicoptère contre ce qu'il a décrit comme un "dépôt de pétrole" dans cette ville située à une quarantaine de kilomètres de la frontière ukrainienne. Kiev n'a pas formellement démenti, mais a suggéré un "sabotage". Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a ensuite déclaré à la chaîne américaine Fox News : "Je suis désolé, je ne discute pas de mes ordres en tant que commandant en chef".

POURSUITE DES POURPARLERS.  Alors que le Kremlin a estimé que la frappe sur le dépôt de pétrole n'allait pas "créer les conditions appropriées pour la poursuite des négociations", les pourparlers russo-ukrainiens visant à mettre fin au conflit ont repris vendredi par visioconférence, selon le négociateur du Kremlin Vladimir Medinski. "Nos positions sur la Crimée et le Donbass n'ont pas changé", a-t-il indiqué, en référence à deux régions ukrainiennes, l'une que la Russie a annexée en 2014 et l'autre qui est partiellement sous contrôle de séparatistes prorusses. De son côté, l'Ukraine attend toujours une "véritable réponse aux propositions qui ont été faites à Istanbul" en début de semaine, a relevé de son côté le chef de la diplomatie Dmytro Kouleba. 

Les forces russes se retirent de la région de Kiev

RETRAIT DE KIEV. Les Russes "poursuivent leur retrait partiel" du nord de la région de Kiev vers la frontière bélarusse, a indiqué le ministère ukrainien de la Défense, qui dénonce des pillages des soldats russes. Dans cette même zone, les villages de Sloboda et Lukashivka, au sud de Chernihiv, ont été repris par les troupes ukrainiennes. A l'Est, "les forces russes ont échoué à prendre le moindre territoire depuis 24 heures", selon l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW). Les Ukrainiens ont par ailleurs affirmé avoir libéré 11 localités de la région de Kherson (sud). Deux personnes ont été tuées et deux autres blessées dans des bombardements russes jeudi, selon le gouverneur régional. Kiev a également annoncé avoir procédé à un échange de 86 de ses militaires contre des Russes, sans préciser le nombre de ces derniers.

DES RUSSES IRRADIÉS À TCHERNOBYL ? La centrale nucléaire ukrainienne de Tchernobyl n'a pas subi de dommages durant son occupation par les soldats russes, mais ceux-ci se sont probablement exposés aux radiations notamment en creusant des tranchées en zone contaminée, ont affirmé les autorités ukrainiennes vendredi. La centrale, théâtre en 1986 de la plus grande catastrophe nucléaire de l'histoire, a été libérée jeudi lors du retrait des forces russes de cette zone située au nord de Kiev. "Tout l'équipement fonctionne", ainsi que "tous les systèmes de contrôle et de monitoring des radiations", a déclaré le directeur de la centrale Valery Seïda, cité dans un communiqué de l'agence ukrainienne de l'énergie atomique Energoatom. "L'épaisse poussière que leurs véhicules ont fait monter dans l'air et les particules radioactives qu'elle contient pourraient avoir facilement pénétré l'organisme des Russes par leurs poumons", a-t-il ajouté.

Plus de 4,1 millions de réfugiés ukrainiens

SITES CULTURELS ENDOMMAGÉS. Selon l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), au moins 53 sites culturels ont été endommagés en Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février dernier. Parmi ces sites figurent 29 sites religieux, 16 bâtiments historiques, quatre musées et quatre monuments, dont l'Unesco a pu vérifier les dégâts par de l'imagerie satellitaire et des acteurs sur place, a expliqué un porte-parole de l'Unesco, selon lequel cette liste "n'est pas exhaustive".

DES MILLIONS DE RÉFUGIÉS ET DÉPLACÉS. Le conflit a déjà contraint plus de 4,1 millions d'Ukrainiens à fuir leur pays, selon le dernier bilan de l'ONU vendredi. Au total, plus de dix millions de personnes, soit plus d'un quart de la population, ont dû quitter leur foyer soit en traversant la frontière pour se réfugier dans les pays limitrophes, soit en trouvant refuge ailleurs en Ukraine. L'ONU estime à près de 6,5 millions le nombre de déplacés à l'intérieur du pays.


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