Ukraine : une guerre qui dure

Guerre en Ukraine : 6 millions de réfugiés, livraisons de gaz perturbées... Le point sur la situation

Julien Vattaire avec AFP
Publié le 13 mai 2022 à 6h13, mis à jour le 13 mai 2022 à 10h15

Source : TF1 Info

Plus de six millions d'Ukrainiens ont fui leur pays depuis le déclenchement de l'offensive de la Russie.
Les tensions s'accentuent autour du gaz.
Les faits marquants de ces 24 dernières heures.

Au 78ᵉ jour de l'invasion russe en Ukraine, Kiev a fait état de "pourparlers difficiles" avec la Russie sur l'évacuation de 38 soldats ukrainiens grièvement blessés qui se trouvent dans les sous-sols de l'aciérie Azovstal, dernière poche de résistance ukrainienne à Marioupol, assiégée par les forces russes. Par ailleurs, les États-Unis ont accusé l'armée russe d'avoir transféré "de force" en Russie "plusieurs milliers" d'Ukrainiens depuis le début de la guerre fin février, souvent en passant par des "camps de filtration" où ils sont soumis à un traitement "brutal".

Réfugiés. Selon un décompte de le HCR (Haut commissariat aux réfugiés), ce sont précisément 6.029.705 Ukrainiens qui ont cherché refuge dans des pays essentiellement limitrophes depuis le début du conflit. La Pologne est le pays qui a accueilli de très loin le plus grand nombre de réfugiés, suivi ensuite par la Roumanie, la Hongrie et la Moldavie.

ONU. Réuni à Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a donné son feu vert à l'ouverture d'une enquête par une commission spéciale formée début mars sur l'Ukraine à propos des atrocités imputées aux Russes. Par ailleurs, des représentants de l'ONU à New York ont réclamé l'arrêt des bombardements d'écoles en Ukraine, tout en dénonçant leur utilisation à des fins militaires. 

Sur le terrain

Deux civils abattus dans le dos.  Des images diffusées par la chaîne de télévision américaine CNN montrent deux hommes fouillés dans un premier temps par cinq militaires russes dans un concessionnaire automobile le 17 mars dernier. Mais, lorsqu'ils s'en vont, deux soldats leur tirent dessus

Jugement. Un militaire russe sera jugé prochainement en Ukraine, a annoncé la procureure générale ukrainienne, Iryna Venediktova. Âgé de 21 ans, il s'agit de Vadim Chichimarine qui a tiré sur un Ukrainien de 62 ans, non armé, qui circulait sur son vélo. Alors que le soldat russe se trouvait avec quatre de ses camarades, ils auraient volé une voiture dans la région de Soumy. Vadim Chichimarine aurait alors abattu le civil "afin qu'il ne les dénonce pas"

Offensive russe. Selon la présidence ukrainienne, l'armée russe maintient ses efforts dans le Donbass, où sa progression reste très lente. Elle essaie notamment de prendre "le contrôle total" des localités de Roubijné et de Severodonetsk. Désormais, les habitants de la région restés sur place et donc ayant refusé d'évacuer sont souvent favorables à Moscou.

Sur le front diplomatique

Adhésion à l'OTAN. La Russie voit d'un mauvais œil une possible entrée de la Finlande dans l'Otan. Le pays nordique, par la voix de ses dirigeants, s'est dit favorable à une adhésion "sans délai". Le ministère russe des Affaires étrangères a réagi par la menace en évoquant des "mesures réciproques", en particulier "militaro-techniques" si cela devait arriver. En revanche, la Finlande a obtenu le soutien du secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg, du chancelier allemand Olaf Scholz ainsi que d'Emmanuel Macron.

Sanctions économiques. Vladimir Poutine a estimé ce jeudi que les sanctions économiques imposées par les occidentaux à la Russie affectaient plus l'Europe que son pays. Dans ce contexte, le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, doit échanger au sujet des sanctions et des perturbations dans les fournitures de gaz avec ses homologues du G7 ce vendredi et samedi en Allemagne. Les ministres des Affaires étrangères des pays de l'Otan doivent également se réunir les deux prochains jours pour discuter de leur soutien militaire à l'Ukraine et peut-être également à la Moldavie. 

 

Gaz. Pour le deuxième jour consécutif, les livraisons de gaz à l'Europe étaient perturbées ce jeudi. Par exemple, l'Allemagne, l'un des principaux acheteurs européens de gaz russe, a vu son approvisionnement via l'Ukraine fondre de près de 40% en deux jours. Mercredi, le géant russe Gazprom avait confirmé que les volumes livrés à l'Europe en passant par le territoire ukrainien baisseraient de près de 30% ce jeudi, après 18% la veille. Sur ce point, la Russie et l'Ukraine se rejettent la responsabilité.


Julien Vattaire avec AFP