Finlande, Suède : vers un élargissement de l'Otan

Adhésion de la Finlande et de la Suède à l'Otan : comment ça va se passer ?

FS
Publié le 15 mai 2022 à 17h04, mis à jour le 15 mai 2022 à 23h37
JT Perso

Source : JT 20h WE

La Finlande et la Suède devraient déposer une demande simultanée d'adhésion à l'Otan.
Le secrétaire général de l'Alliance atlantique a déjà assuré qu'ils seraient accueillis "les bras ouverts".
TF1info vous résume la procédure exigeante qui attend cependant les deux pays.

C'est un véritable examen d'entrée. Un pays candidat à une adhésion à l'Otan doit convaincre chacun des trente membres de l'Alliance de son apport pour la sécurité collective, et de sa capacité à répondre aux strictes obligations imposées par le club. La Finlande a déjà annoncé sa candidature "historique" à rejoindre l'Otan, avant une réunion avec la Suède qui devrait aboutir formellement à une demande simultanée d'adhésion. Dès lors, les deux pays devront suivre une procédure très codifiée.

Une fois la décision prise par un pays tiers d'adhérer, les membres de l'Otan doivent accepter à l'unanimité de l'inviter à les rejoindre. C'est le premier motif d'incertitude : la Turquie a fait connaître sa réticence, particulièrement en ce qui concerne la Suède, qu'elle accuse de complaisance avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), tenu pour une organisation terroriste par Ankara. Le secrétaire général de l'Otan a toutefois rassuré ce dimanche : selon Jens Stoltenberg, la Turquie n'a pas l'intention de "bloquer" les deux candidatures.

Une fois l'invitation lancée par les membres de l'Alliance, les pourparlers d'adhésion commencent : deux réunions auront lieu au siège de l'organisation à Bruxelles, où les postulants devront convaincre les représentants des pays et les experts de l'Alliance de leur capacité à satisfaire à ses "obligations et engagements politiques, juridiques et militaires". Ces entretiens au siège de l'Otan permettent de débattre des questions juridiques, des ressources, de la sécurité, de la protection des informations classifiées et de la contribution au budget commun, basée sur la taille de l'économie du pays par rapport à celle des autres membres de l'Alliance. 

Une lettre d'intention et un calendrier

Le cas échéant, les pays candidats devront s'engager à accomplir les réformes nécessaires et devront ensuite adresser "une lettre d'intention" au secrétaire général de l'Otan, avec "un calendrier d'exécution des réformes". L'étape finale est la ratification du protocole d'adhésion, que chacun des trente États membres de l'Otan transmet au gouvernement des États-Unis, dépositaire du Traité de l'Atlantique Nord. 

Des garanties de sécurité pour couvrir la période de procédure

Ce n'est qu'après cette ratification que s'applique le fameux "un pour tous, tous pour un", de l'article 5 de l'Alliance, qui garantit à chaque membre la solidarité de tous les autres. Or, l'ensemble de la procédure est très longue, un an dans le cas de l'adhésion la plus récente, celle de la Macédoine du Nord en mars 2020. À cet égard, la Suède et la Finlande, bénéficient en tant que membres de l'Union européenne d'une clause d'assistance mutuelle pour couvrir la période de la ratification. Et le secrétaire général de l'Otan, qui avait déjà assuré aux deux candidats qu'ils seraient accueillis "les bras ouverts", leur a promis ce dimanche 15 mai un processus d'adhésion "rapide" et "des solutions" pour répondre à leurs préoccupations de sécurité entre l'acte de candidature et l'adhésion finalisée. 

Le président russe Vladimir Poutine avait qualifié par avance d'"erreur" une éventuelle candidature de la Finlande : Moscou refuse l'installation de bases de l'Alliance sur le territoire d'un pays avec lequel la Russie partage une longue frontière commune : celle qu'elle partage avec la Finlande, à l'est de son territoire, dépasse justement les 1300 kilomètres. 


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