Après le scandale, l'Allemagne s'explique sur les fuites au sein de l'armée

par T.G.
Publié le 5 mars 2024 à 15h15

Source : TF1 Info

Le ministre allemand de la Défense a attribué mardi à une "erreur individuelle" les récentes fuites au sein de l'armée.
Une erreur "grave" due selon Boris Pistorius à la participation d'un officier à une réunion via une "connexion non autorisée".
Cette affaire qui embarrasse Berlin a mis en lumière une éventuelle livraison de missiles longue portée à l'Ukraine.

"Une erreur grave qui n'aurait pas dû se produire" : le ministre allemand de la Défense s'est expliqué ce mardi concernant les fuites au sein de ses services sur des livraisons d'armes à l'Ukraine, la qualifiant d'"erreur individuelle". Selon Boris Pistorius, un officier qui se trouvait à Singapour a participé à une réunion via une "connexion non autorisée, donc quasiment une connexion ouverte", alors que se tenait au même moment le salon de l'aéronautique, auquel participaient aussi des hauts gradés de pays européens alliés. 

"Du pain bénit pour les services secrets russes", a reconnu le ministre, partant du principe que l'accès par les espions russes à la discussion entre les officiers allemands via le canal commercial Webex "était le fruit du hasard dans le cadre d'écoutes à grande échelle".

Situation "gérable"

Le ministre juge toutefois "gérable" ce qui a été abordé dans cette conversation en termes de niveau de confidentialité. Et il l'assure : la "confiance" des alliés demeure "intacte" à l'égard de l'Allemagne. "Tout le monde connaît le danger de ces écoutes et sait que personne ne peut offrir une protection à 100%", a poursuivi Boris Pistorius, qui n'a noté "aucun signe de méfiance" ou d'"irritation" dans ses échanges avec d'autres pays depuis le début de cette crise.

Je ne vais pas faire le jeu de Poutine en sacrifiant mes meilleurs officiers
Boris Pistorius, ministre allemand de la Défense

S'il a annoncé l'ouverture d'une enquête préliminaire, il prévient cependant que "des conséquences individuelles ne sont pas envisagées" à ce stade. "Je ne vais pas faire le jeu de (Vladimir) Poutine en sacrifiant mes meilleurs officiers", souligne-t-il.

La diffusion vendredi en Russie d'une conversation confidentielle entre des officiers de l'armée allemande sur l'aide militaire à l'Ukraine a tourné à l'affaire d'État outre-Rhin et créé un malaise parmi ses partenaires. Il y est notamment question de l'hypothèse de la livraison à Kiev de missiles de longue portée Taurus, de fabrication allemande, alors même que le chancelier Olaf Scholz a réfuté récemment cette possibilité. 

L'enregistrement aborde également l'option de frappes visant le pont de Crimée, qui relie la péninsule de Kertch, à l'ouest de la Crimée annexée, et territoire russe, l'un des officiers estimant qu'il faudrait entre 10 et 20 missiles Taurus pour venir à bout de l'ouvrage. 


T.G.

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