Invasion russe en Ukraine : Poutine refuse de céder

Ukraine : au moins 53 sites culturels endommagés par l'invasion russe

C.A. avec AFP
Publié le 1 avril 2022 à 19h03
JT Perso

Source : TF1 Info

Selon l'Unesco, au moins 53 sites culturels ont été endommagés par l'armée russe depuis le début de la guerre en Ukraine.
Parmi eux, des sites religieux, des bâtiments historiques, des musées et des monuments.
Des initiatives ont été mises en place par l'Unesco pour tenter de préserver ces lieux précieux.

Pilonné par les bombes depuis un mois et demi, l'Ukraine tente par tous les moyens de protéger son patrimoine culturel. Dans le centre de Lviv, les statues ont été enveloppées de mousse, de bâches protectrices et de tissus anti-feu pour les préserver des attaques. Les vitraux des églises ont été recouverts et un autel descellé et caché. Mais selon l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (Unesco), au moins 53 sites culturels ont déjà été endommagés par l'invasion russe.

Parmi ces sites figurent 29 sites religieux, 16 bâtiments historiques, quatre musées et quatre monuments, dont l'Unesco a pu vérifier les dégâts par de l'imagerie satellitaire et des acteurs sur place, a expliqué un porte-parole de l'Unesco, selon lequel cette liste "n'est pas exhaustive".

La perte d'"une partie de l'Histoire de l'humanité"

Cinq de ces sites se trouvent dans la région de Tcherniguiv (Nord), une ville pilonnée par l'armée russe qui apparaît dans une liste "indicative" de l'Unesco, c'est-à-dire que Kiev devait à terme présenter leur candidature afin qu'ils intègrent le Patrimoine mondial onusien. Cinq autres se situent dans la région de Kiev et 18 dans celle de Kharkiv, également cible de bombardements russes nourris, selon la liste de l'Unesco consultée par l'AFP. Le reste des sites endommagés est partagé entre les régions de Soumy (Nord-Est), Jitomir (ouest de Kiev), Zaporojie (Sud), Donetsk et Lougansk (Est).

Cette liste ne contient pas d'informations sur la ville de Marioupol (sud-est), assiégée et bombardée par les forces russes, ou celle de Kherson (sud), occupée par ces forces. 

"C'est toute une vie culturelle qui risque de disparaître, même quelquefois toute une Histoire", pas seulement celle de l'Ukraine, mais "une partie de l'Histoire de l'humanité", regrettait déjà mi-mars Lazare Eloundou Assomo, le directeur du centre du patrimoine mondial de l'Unesco, interrogé par l'AFP.

Des bâches bleues pour signaler la présence de sites culturels à protéger

Pour éviter davantage de dégâts, l'Unesco et le gouvernement ukrainien ont mis en place un ciblage des principaux sites via un "bouclier bleu" pour "éviter leur destruction en temps de guerre". Les autorités sont "en train d'imprimer des bâches à mettre devant les monuments, sur les toits ou les façades", afin que l'armée russe s'abstienne de les bombarder, expliquait mi-mars un diplomate actif au sein de l'Unesco.

Ce "bouclier bleu" fait partie d'une convention signée en 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, dont la Russie est signataire. Outre la préservation espérée de ces lieux, la mesure doit également servir d'instrument de contrainte pour les belligérants.

Ce marquage, qui prend la forme d'un blason bleu et blanc, a déjà démarré à Lviv, qui figure au patrimoine mondial de l'humanité, comme six autres sites ukrainiens. Quelque 17 autres lieux, dont les centre-villes d'Odessa ou de Tcherniguiv, apparaissent eux dans une liste "indicative" de l'Unesco. Kiev doit à terme présenter leur candidature afin qu'ils intègrent le Patrimoine mondial onusien.

La stratégie est pourtant "très controversée", selon Ihor Poshyvailo, qui craint que les monuments marqués en bleu deviennent au contraire "des cibles délibérées" des troupes russes. Car "la Russie ne souhaite pas détruire les musées" en tant que tel, elle "veut détruire notre mémoire historique et notre identité culturelle en tant que nation", déplore-t-il.

La Russie est signataire d'une convention onusienne signée en 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé. "Toute violation de ces normes engagera la responsabilité internationale de ses auteurs", a rappelé la directrice générale de l'Unesco Audrey Azoulay dans un courrier envoyé le 17 mars au ministre des Affaires étrangères russe Sergueï Lavrov.


C.A. avec AFP

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