Le Kremlin conteste l'existence d'"une impasse", accalmie temporaire à Avdiivka... Le point sur la situation en Ukraine

par Y.R. avec AFP
Publié le 3 novembre 2023 à 8h04

Source : TF1 Info

Alors que le front est en grande partie figé depuis plus d'un an, Moscou a assuré, jeudi 2 novembre, que le conflit russo-ukrainien ne se trouvait pas dans une "impasse".
La ville d'Avdiivka est le symbole de cet immobilisme où, à l'exception de lourdes pertes humaines, les gains territoriaux sont très limités.
Les faits marquants de ces dernières 24 heures.

"Pas dans l'impasse." Le Kremlin a assuré, jeudi 2 novembre, que la guerre en Ukraine ne se trouvait pas dans une "impasse". "Non, le conflit n'est pas dans l'impasse", a affirmé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. "La Russie poursuit sans relâche son opération militaire spéciale. Tous les objectifs fixés doivent être atteints." Une réponse cinglante aux propos du commandant en chef de l'armée ukrainienne, Valery Zaloujny, dans une interview à The Economist. "Tout comme lors de la Première Guerre mondiale, nous avons atteint un niveau technologique tel que nous nous trouvons dans une impasse", avait jugé le plus haut responsable militaire de Kiev. "Il n'y aura probablement pas de percée magnifique et profonde."

Accalmie temporaire autour d'Avdiivka. Le nombre d'attaques russes a "légèrement baissé" autour de la cité industrielle, où les forces de Moscou mènent d'intenses assauts depuis plusieurs semaines. "L'ennemi continue d'essayer d'encercler Avdiivka, mais de façon moins active pour l'instant", a indiqué Oleksandre Chtoupoune, un porte-parole de l'armée ukrainienne. Les avancées russes "comparées à leurs pertes, sont plutôt insignifiantes", a-t-il repris. Mais, selon lui, "l'ennemi rassemble ses forces, se regroupe, peut-être que dans un avenir proche il tentera d'avancer avec une nouvelle vague." 

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a, lui, évoqué la poursuite "d'actions défensives (de son armée) à Avdiivka" et "d'actions offensives" dans le sud de l'Ukraine. Ses forces armées ont repoussé un assaut de l'armée russe autour de Vougledar, à une cinquantaine de kilomètres de la ville située à 13 km au nord de Donetsk. "Nos soldats l'ont stoppé, infligeant de lourdes pertes à l'ennemi : des dizaines de véhicules, beaucoup de morts et de blessés", a-t-il écrit sur Telegram.

Nouvelles frappes nocturnes sur Kharkiv. Plusieurs drones russes se sont abattus sur la ville de Kharkiv, vendredi 3 novembre, sans faire de victimes, ont annoncé des responsables locaux cités par Reuters. Le gouverneur régional, Oleh Synehubov, a déclaré sur Telegram que les attaques visaient des infrastructures civiles et avaient également touché une localité de la région. Le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, a indiqué que l'incendie était en train d'être maîtrisé.

Moscou dit avoir intercepté des drones à Zaporijia. "Neuf drones ukrainiens de type Copter ont été détectés et interceptés par les équipements de défense antiaérienne en service près de la ville d'Energodar", près de laquelle la centrale nucléaire est située, a annoncé le ministère russe de la Défense dans un communiqué. La Russie a accusé Kiev de "provocations visant à menacer la centrale nucléaire de Zaporijia d'une catastrophe d'origine humaine" et de vouloir "perturber la rotation du personnel de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA)", dont des inspecteurs sont présents sur place.

Deux soldats ukrainiens condamnés. Les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont condamné Roman Andrienko et Volodymyr Gorbatiouk, deux soldats ukrainiens capturés, à 26 ans de prison. Ils ont été reconnus coupable du meurtre d'un civil à Marioupol au printemps 2022, époque à laquelle la ville portuaire était assiégée par Moscou. Selon le Comité d'enquête russe, en charge des principales investigations dans le pays, ils ont tiré sur une voiture qui transportait deux civils, en tuant l'un d'eux. La justice russe a multiplié dernièrement les condamnations de militaires faits prisonniers, les accusant de divers crimes.

Nestlé sur la liste "des soutiens de la guerre"

Kiev accuse Nestlé de "nourrir l'agresseur" russe. L'Ukraine a classé Nestlé dans sa liste des "soutiens internationaux de la guerre" à cause de ses activités en Russie, accusant le géant suisse de l'agroalimentaire de "nourrir l'agresseur". Cette désignation, attribuée par l'Agence nationale pour la lutte contre la corruption (NAZK) à des entreprises internationales, n'a pas de conséquences légales. Selon la NAZK, en plus de "nourrir l'agresseur", le groupe "montre aussi à la Russie elle-même qu'elle continue à être intégrée au marché mondial, malgré les nombreux crimes de guerre commis en Ukraine".

Nouvelle salve de sanctions de Washington. Les États-Unis ont annoncé une nouvelle série de sanctions contre des entreprises participant à la fourniture d'armement à la Russie, au 21e mois de son invasion de l'Ukraine. Dans un communiqué, le département américain du Trésor a acté le renforcement des sanctions contre 130 personnes et entités, impliquées dans des échanges commerciaux avec Moscou pour permettre au pays de se fournir en "technologies et équipements nécessaires" à l'effort de guerre russe en Ukraine. "La Russie dépend de personnes et d'entités d'autres pays pour pouvoir renouveler ses équipements et poursuivre sa guerre haineuse contre l'Ukraine", a déclaré la secrétaire au Trésor, Janet Yellen, citée dans le communiqué. "Nous n'hésiterons pas à les tenir pour responsables."

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Kiev "optimiste" pour des négociations d'adhésion à l'UE. Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba s'est déclaré "optimiste" concernant l'ouverture prochaine de négociations d'adhésion par l'Union européenne, lors d'une conférence sur l'avenir de l'Europe organisée à Berlin. "Nous sommes optimistes. Nous avons fait beaucoup de réformes et nous avons adopté les lois nécessaires pour répondre aux recommandations" formulées par Bruxelles, a-t-il exprimé devant la presse. L'exécutif européen doit rendre un rapport le 8 novembre sur l'état des progrès réalisés par l'Ukraine et se prononcer sur l'ouverture ou non de négociations d'adhésion, avant que les 27 ne se saisissent de la question à Bruxelles mi-décembre.

Vladimir Poutine sort du traité interdisant les essais nucléaires. La Russie a révoqué sa ratification du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires (TICEN), en vertu d'une loi promulguée par Vladimir Poutine sur fond de conflit et de crise avec les Occidentaux. C'est "un grand pas dans la mauvaise direction", a réagi le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken - dont le pays n'a quant à lui jamais ratifié ce document -, exhortant Moscou à ne pas reprendre de tels essais. Ouvert à la signature en 1996 et ratifié par la Russie en 2000, ce traité n'est jamais entré en vigueur car il n'a été jusqu'à présent ratifié que par un trop faible nombre d'États, parmi les 44 pays qui détenaient des installations nucléaires au moment de sa rédaction.


Y.R. avec AFP

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