Ukraine : onze mois de guerre

"Bombe sale", drones iraniens… Le point sur la situation en Ukraine

Julien Moreau avec AFP
Publié le 25 octobre 2022 à 7h31
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

L’OTAN accuse la Russie de se servir d’une rumeur concernant l’utilisation de la bombe sale pour créer une escalade dans le conflit.
Téhéran continue de nier l’utilisation par les Russes de drones iraniens.
Le point sur la situation en ce 244e jour de guerre.

L’Otan et de nombreux autres pays occidentaux ont demandé à la Russie de ne pas créer d’escalade dans le conflit en brandissant la menace de la "bombe sale" que l’Occident voudrait lancer sur les Russes, selon Moscou. Volodymyr Zelensky a affirmé que les Russes ont acheté des drones iraniens qui serviront à appuyer des attaques sur le territoire ukrainien. De son côté, le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian, a continué de nier les allégations du président ukrainien. Le point sur la situation en ce 244e jour de guerre.

BOMBE SALE. L'Otan et les Occidentaux ont averti la Russie, ce lundi 24 octobre, en lui indiquant qu'elle ne devait pas créer une "escalade" dans le conflit en Ukraine sous le "prétexte" d'une "bombe sale" que Moscou a accusé de nouveau Kiev de préparer. Moscou a avancé pour la première fois ces accusations, ce dimanche 23 octobre, lors de conversations téléphoniques entre le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou et ses homologues américains, français, britannique et turc.

"Les Alliés de l'Otan rejettent cette allégation. La Russie ne doit pas utiliser cela comme un prétexte à une escalade" du conflit en Ukraine, a déclaré le patron de l'Otan, Jens Stoltenberg, sur les réseaux sociaux après un entretien privé avec le chef du Pentagone, Lloyd Austin, et le ministre britannique de la Défense Ben Wallace.

La Russie aurait commandé 2000 drones iraniens selon Zelensky

DRONES IRANIENS.  Le chef de la diplomatie iranienne Hossein Amir-Abdollahian a réitéré ses propos, ce lundi 24 octobre, en affirmant à nouveau que son pays n'avait fourni aucun drone à Moscou pour intensifier son offensive en Ukraine. Plus encore, il a rapporté que l'Iran ne resterait pas "indifférent" s'il était prouvé que la Russie utilise des drones de fabrication iranienne sur le sol de sa voisine. 

Plus tôt dans la journée, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a déclaré que la Russie avait commandé "environ 2000 Shaheds iraniens", des drones kamikazes destinés, selon lui, à appuyer ses manœuvres militaires dans le pays. Certains ont déjà été utilisés pour viser notamment des infrastructures énergétiques, selon Kiev. "Dans la guerre en Ukraine (...) nous sommes contre l’armement de la Russie et celui de l'Ukraine", a répondu Hossein Amir-Abdollahian dans des déclarations vidéo publiées par les médias locaux.

RÉSISTANCE. Selon un récent sondage de l'Institut international de Sociologie de Kiev, qui a été relayé par le ministère de la Défense ukrainien sur Twitter, 86% des Ukrainiens "pensent qu'il est nécessaire de poursuivre la résistance armée, même si la Russie n'arrête pas de bombarder des villes ukrainiennes". 

KIEV DANS LE NOIR ? Le média russe indépendant The Insider a relayé sur Twitter, ce lundi 24 octobre, ce qu'il a présenté comme deux photos de Kiev plongée dans le noir ce lundi soir. "Les villes ukrainiennes sont confrontées à des pannes d'électricité en raison des attaques russes contre les infrastructures énergétiques", a-t-il écrit.

CÉRÉALES. L'Ukraine a accusé, ce lundi 24 octobre, la Russie de retarder délibérément plus de 165 navires destinés au transport de céréales en prolongeant les inspections menées conformément à un accord conclu sur ces livraisons cruciales pour de nombreux pays d'Afrique et d'Asie. "Depuis le 14 octobre 2022, les inspecteurs russes assignés au Centre de coordination conjoint d'Istanbul prolongent significativement l'inspection des navires se dirigeant vers les ports ukrainiens pour recevoir des céréales ou qui ont déjà été chargés et qui sont en route pour leur destination finale", a déploré le ministère ukrainien des Affaires étrangères dans un communiqué.

Macron a échangé avec le Pape à propos de l'Ukraine

JOE BIDEN. Des élus de l'aile gauche du parti démocrate américain ont demandé, ce lundi 24 octobre, au président américain Joe Biden, qui a débloqué des milliards de dollars en aide militaire à l'Ukraine face à l'invasion russe, de démultiplier les efforts diplomatiques et d'engager des pourparlers directs avec Moscou dans un but : une fin rapide à la guerre. C'est la première fois qu'un tel appel émane du propre parti du président.

"Nous vous appelons à accompagner le soutien économique et militaire que les Etats-Unis ont fourni à l'Ukraine d'une impulsion diplomatique proactive, et à redoubler d'efforts pour chercher un cadre réaliste pour un cessez-le-feu", ont dit les élus dans leur lettre, en disant clairement être contre l'invasion "illégale et scandaleuse" de l'Ukraine et que toute solution devrait être approuvée par Kiev.

MACRON/PAPE. Emmanuel Macron a été reçu, ce lundi 24 octobre, par le pape François au Vatican, pour la troisième fois depuis qu'il est président, un entretien en majorité consacré à la guerre en Ukraine. Selon l'Élysée, le tête-à-tête a essentiellement porté sur la situation internationale et plus particulièrement sur l'Ukraine.  Le chef de l'État français y a livré un plaidoyer pour la paix en Ukraine, tout en soulignant que celle-ci ne pourrait intervenir que quand les Ukrainiens "le décideront" et selon les "termes" de Kiev.

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AFRIQUE. La secrétaire d'État française Chrysoula Zacharopoulou a plaidé, ce lundi 24 octobre, devant de nombreux officiels africains pour la "solidarité" du continent avec les Européens face à l'offensive russe contre l'Ukraine. Celle-ci représente une "menace existentielle pour la stabilité et l’intégrité de notre continent", a-t-elle dit à l'ouverture du 8e Forum international de Dakar, conférence sur la sécurité et la paix en Afrique.

Le président de l'Union africaine Macky Sall a répondu que l'Afrique n'était "pas contre l'Ukraine", pays "agressé", mais a expliqué le refus de nombreux pays africains de prendre parti dans la crise comme une réaction à l'indifférence internationale face aux agressions visant le continent.


Julien Moreau avec AFP

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