Évoqué dès le mois de janvier, le sommet pour la paix en Ukraine va se dérouler les 15 et 16 juin en Suisse.
Un événement qui doit rassembler plus d'une centaine de pays et d'organisations, avec un absent de taille : la Russie.
TF1info fait le point sur le déroulement de ce sommet et sur les sujets qui y seront abordés.

Lors de la visite en France de Volodymyr Zelensky ces derniers jours, Emmanuel Macron a confirmé qu'il participerait au sommet organisé à l'initiative de la Suisse les 15 et 16 juin. Un rendez-vous diplomatique important, plus de deux ans après l'invasion de l'Ukraine par la Russie. 

Une initiative évoquée dès le mois de janvier

À l'occasion d'une visite du président ukrainien Volodymyr Zelensky à la mi-janvier, la Suisse avait annoncé avoir accepté d'organiser une conférence sur son sol, sans toutefois en préciser la date. C'est en avril que les contours de cet événement se sont dessinés. La date du 15 et 16 juin a émergé, tandis que plusieurs salves d'invitations étaient envoyées. Si dans les rangs ukrainiens, on évoque la tenue d'un sommet, la Suisse a tenu à préserver sa neutralité en préférant parler de "conférence de haut niveau sur la paix en Ukraine".

Contrairement à ce qu'avaient laissé entendre certains médias, cette grande réunion ne va pas se tenir à Genève, mais près de Lucerne, dans les Alpes de Suisse centrale. Au sein de l'hôtel de luxe du Bürgenstock, plus précisément, un lieu jouissant d'un emplacement idyllique à flanc de coteau et situé à plus de 450 mètres au-dessus du lac des Quatre-Cantons. Ce site a, par le passé, attiré vedettes et diplomates, avec notamment des négociations sur le Soudan (en 2002) et sur Chypre (en 2004).

Une centaine de participants, mais pas de Russie

Le président français Emmanuel Macron "participera" au sommet de Paix pour l'Ukraine, a confirmé l'Élysée. Outre le soutien militaire à l'Ukraine "dans la durée", la France entend apporter "son soutien politique et diplomatique".  L'Ukraine espère obtenir un large soutien international lors de cette rencontre. Au total, plus d'une centaine de pays et d'organisations se sont engagés à participer. Les autorités suisses, en charge de l'organisation, ont plusieurs fois répété l'importance qu'elles attachaient à la participation du sud global. C'est dans ce contexte qu'un pays comme l'Inde a notamment confirmé sa présence.

Certains chefs d'État – dont le président américain Joe Biden – ont déjà fait savoir qu'ils ne feraient pas le déplacement. Les États-Unis seront néanmoins représentés par la vice-présidente américaine Kamala Harris, a précisé la Maison-Blanche. Aucune délégation russe n'est en revanche attendue, Vladimir Poutine et ses représentants n'ayant pas été invités. Le Kremlin a jugé "absurde" et "futile" la tenue d'un sommet pour la paix sur l'Ukraine en son absence, tandis qu'une porte-parole de la diplomatie russe a assuré que ces échanges étaient "voués à l'échec".

Les tiraillements chinois mis en lumière

Si la Chine a officiellement reçu une invitation, à laquelle elle n'y a pas donné suite. Elle estime en effet qu'il lui apparaît "difficile" de participer à ce sommet si la Russie ne s'y trouve pas conviée, une déclaration approuvée par Moscou. "La Chine espère sincèrement que cette conférence de paix ne deviendra pas une plateforme pour créer de la confrontation entre camps", a déclaré un officiel chinois. Pékin revendique une neutralité dans ce conflit, mais n'a jamais condamné l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022. Il faut aussi noter qu'elle a accueilli le président russe Vladimir Poutine sur son sol à plusieurs reprises depuis le début de la guerre.

Les dirigeants chinois ont été pointés du doigt par Volodymyr Zelensky, ce dernier estimant que le géant asiatique tente de "faire pression" sur certains pays pour qu'ils ne participent pas au sommet pour la paix. "Utiliser la politique de la force n'est pas le style de la diplomatie chinoise", a rétorqué Pékin, démentant ces accusations. 

Un programme qui se précise

L'Ukraine souhaite exposer lors de ce sommet les conditions qu'elle estime nécessaires pour mettre fin à la guerre contre la Russie. À l'approche de cette grande rencontre, Volodymyr Zelensky a évoqué trois dossiers qui seront négociés en Suisse et que les États présents pourraient soutenir. Le premier concerne la libre navigation en mer Noire, pour protéger la sécurité alimentaire mondiale en permettant les exportations de céréales ukrainiennes. 

Le second concerne un accord sur un appel à faire cesser les frappes sur les infrastructures énergétiques. Enfin, le troisième point concerne le retour en Ukraine de milliers d'enfants déportés en Russie. Il s'agit là d'un crime, selon la Cour pénale internationale, qui a émis un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine. "Si nous arrivons à la fin du sommet à ces trois mesures avec une majorité de pays (du monde qui les soutient), cela voudra dire que la Russie ne pourra plus les bloquer", a estimé le dirigeant ukrainien. Ces thèmes, non exhaustifs, ont été confirmés par des diplomates suisses.


TD avec AFP

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