Frappes russes en Ukraine, chute d'un missile en Pologne... Le point sur la situation

par Enola RICHET
Publié le 16 novembre 2022 à 7h56, mis à jour le 16 novembre 2022 à 8h06

Source : JT 20h Semaine

La Russie a tiré plus de 100 missiles ont été tirés sur toute l’Ukraine mardi 15 novembre, détruisant des infrastructures essentielles et privant des millions de foyers d’électricité.
La Pologne, touchée par un tir de missile, sollicite une réunion urgente de l'OTAN.

La journée de mardi 15 novembre a été particulièrement noire pour l'Ukraine, victime de dizaines de frappes russes dans les capitales du pays, mais aussi pour sa voisine la Pologne. Un missile a touché le village polonais de Przewodow, très proche de la frontière ukrainienne, faisant deux morts. Cet évènement a suscité la condamnation unanime des dirigeants occidentaux. Moscou a rétorqué en qualifiant de "provocations" ces informations.

La Pologne bombardée par un missile supposément russe

Pas de preuve univoque sur l'origine du missile. Le déroulé exact des événements est pour l'heure encore flou. Le président polonais Andrzej Duda a déclaré dans la nuit de mardi à mercredi que son pays n'avait pas encore de "preuve univoque" sur l'auteur du lancement de missile. Le président américain Joe Biden a quant à lui jugé  "improbable" que le missile ayant frappé la Pologne ait été lancé depuis la Russie, assurant que Washington et ses alliés comptaient déterminer "exactement" ce qu'il s'était passé avant de décider d'une réaction.

La Pologne et l'OTAN en état d'alerte. Le pays a immédiatement décidé de "relever le niveau d'alerte de certaines unités de combat" militaires, à l'issue d'une réunion d'urgence du conseil national. Le président polonais Andrzej Duda s'est entretenu avec le président américain Joe Biden, ainsi qu'avec le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg, auprès de qui il a évoqué la possibilité de demander l'activation l'article 4 de l'Alliance atlantique nord.  Celui-ci stipule que des consultations de ses membres peuvent être organisées lorsqu'un membre de l'Alliance estime que son "intégrité territoriale, l'indépendance politique ou la sécurité" sont menacées, afin de trouver une réaction commune adéquate. 

Réaction de l'Ukraine. Dans une allocution partagée sur les réseaux sociaux, le président ukrainien a immédiatement qualifié la supposée attaque de la Pologne (membre de l'OTAN) "d'escalade très significative", ajoutant qu'une action est nécessaire. "Une réponse collective aux actions russes doit être dure et fondée sur des principes. Parmi les actions immédiates : un sommet de l'Otan avec la participation de l'Ukraine pour élaborer de nouvelles actions conjointes, qui forceront la Russie à changer de cap sur l'escalade", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, sur Twitter. 

La communauté internationale réagit

Le G7 et l'OTAN se réunissent d'urgence. Les dirigeants des grandes puissances du G7 se sont retrouvés dans la nuit de mardi 15 à mercredi 16 pour une réunion d'urgence en Indonésie, en conséquence de ces évènements. Les chefs d'État ou de gouvernement des États-Unis, de la France, de l'Allemagne, du Royaume-Uni, de l'Italie, du Canada, du Japon se sont retrouvés peu avant 1h en marge du sommet du G20 à Bali, en présence des dirigeants espagnol, néerlandais et de l'Union européenne. Le chef de l'Otan, Jens Stoltenberg, a également annoncé que l'Alliance Atlantique nord tiendra également une "réunion d'urgence" mercredi 16 novembre avec ses ambassadeurs au sujet de l'explosion. 

De nombreux pays européens manifestent leur soutien. "La Pologne peut compter sur le soutien de la France et notre disponibilité pour appuyer les enquêtes en cours", a tweeté Emmanuel Macron après s'être entretenu dans la nuit de mardi à mercredi avec le Premier ministre polonais. Le premier ministre britannique Rishi Sunak a également proposé son assistance à la Pologne, réitérant "la solidarité du Royaume-Uni" avec ce pays membre de l'Otan. L'Allemagne quant à elle a dit se tenir "étroitement aux côtés" de son partenaire polonais de l'Otan.

L'une des journées les plus noires pour l'Ukraine

Bombardements hors normes en Ukraine. C'est l'attaque la plus massive contre l'Ukraine depuis le début e l'invasion russe, selon les autorités locales. Plus de 100 missiles ont été tirés sur toute l’Ukraine mardi 15 novembre, détruisant des infrastructures essentielles et privant des millions de foyers d’électricité. Après avoir été épargnée pendant près d’un mois, Kiev est de nouveau la cible de frappes russes, et les habitants retournent se mettre à l'abri dans les stations de métro. De nombreuses autres villes, comme les deux capitales régionales de Lviv à l'Ouest, Kharkiv tout à l'Est, ou Odessa. 

Dans un message publié sur Twitter, Volodymyr Zelensky dénonce un "génocide" suite à la "nouvelle vague de terreur des missiles russes". Il considère cette attaque comme "une gifle cynique face aux pays du G19 et du monde". Ces bombardements interviennent quelques jours après l'humiliante retraite des troupes russes de Kherson, et en plein sommet du G20. 

Deux réacteurs nucléaires à l'arrêt en Ukraine. Les frappes russes ont provoqué l'arrêt automatique de réacteurs dans deux centrales nucléaires en Ukraine, a indiqué mardi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky, soulignant que désormais "environ dix millions d'Ukrainiens sont sans électricité". "Plusieurs réacteurs nucléaires dans deux centrales ont été automatiquement mis hors service à la suite des frappes. Ces conséquences ont été calculées et l'ennemi savait exactement ce qu'il faisait", a déclaré le chef de l'État. 

L'UE veut former l'armée ukrainienne

15.000 soldats ukrainiens formés dans l'UE. Les ministres de la Défense de l'Allemagne et de l'Espagne ont annoncé mardi leurs projets de formation de milliers de militaires ukrainiens dans le cadre du programme de l'UE pour aider à soutenir la riposte de Kiev contre la Russie. L'Union européenne a lancé la plus grande mission d'entraînement militaire de son histoire qui vise à former et entrainer 15.000 soldats ukrainiens dans différents États membres. "Dans moins de trois mois, cette mission sera opérationnelle. C'est un temps record pour les Européens", a souligné le chef de la diplomatie européenne, l'Espagnol Josep Borrell, à son arrivée pour une réunion des ministres de la Défense de l'UE à Bruxelles.

L'ONU veut un fonds d'indemnisation. L'Assemblée générale des Nations unies a voté ce lundi une résolution appelant à la mise en place d'un mécanisme de réparations par la Russie des destructions humaines et matérielles causées par son invasion de l'Ukraine. L'ONU veut que la Russie "assume les conséquences" du conflit qu'elle a initié. Pour autant, ce vote est une simple prise de position et absolument n'oblige en rien Moscou à suivre cette résolution.


Enola RICHET

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