Après sa rencontre avec Kim Jong Un en Russie, Vladimir Poutine accepte une invitation de Pyongyang

par M.L (avec AFP)
Publié le 14 septembre 2023 à 11h36

Source : TF1 Info

Au lendemain de sa rencontre avec Kim Jong Un en Russie, le chef du Kremlin a d'ores et déjà accepté de venir en Corée du Nord, sur invitation de son homologue.
Il a été convié "quand cela lui conviendra", a indiqué l'agence de presse d'État nord-coréenne.
La veille, les deux dirigeants avaient évoqué des "perspectives" de coopération militaire, au grand dam de la communauté internationale.

À peine la rencontre passée qu'une nouvelle se profile déjà. Le président russe Vladimir Poutine a accepté de se rendre en Corée du Nord sur invitation de son homologue Kim Jong Un, lancée dans la foulée des échanges mercredi entre les deux dirigeants lors d'un voyage exceptionnel du numéro un nord-coréen en Russie, a indiqué l'agence de presse d'État nord-coréenne jeudi. À l'issue de cette rencontre tenue au cosmodrome de Vostotchny, en Extrême-Orient russe, en vue de renforcer les liens entre Moscou et Pyongyang, "Kim Jong Un a invité avec courtoisie Poutine à visiter la RPDC (République populaire démocratique de Corée, NDLR) quand cela lui conviendra", a rapporté KCNA, utilisant le nom officiel de la Corée du Nord.

"Poutine a accepté avec plaisir l'invitation et réaffirmé son invariable volonté de continuer à faire avancer l'histoire et la tradition de l'amitié Russie-RPDC", a encore indiqué l'agence. La veille, le président russe avait déjà vanté le "renforcement futur de la coopération" avec Pyongyang, parlant devant la presse de "perspectives" de coopération militaire malgré les sanctions internationales visant la Corée du Nord à cause de ses programmes nucléaires et de ses missiles en développement.

Quant à Kim Jong Un, il avait assuré auprès de son homologue que Moscou remporterait une "grande victoire dans la lutte sacrée pour punir le rassemblement du mal qui prétend à l'hégémonie", la Russie étant engagée dans une offensive en Ukraine depuis plus d'un an et demi. Pour l'heure, rien n'a toutefois été communiqué officiellement concernant un éventuel accord de livraison de matériel militaire à la Russie, en vue de soutenir l'invasion russe. 

"Pacte du diable"

Signe du renforcement de leurs liens, Vladimir Poutine a évoqué la possibilité que la Russie aide Pyongyang à construire des satellites, après que la Corée du Nord a récemment échoué à deux reprises à mettre en orbite un satellite militaire espion. Moscou a aussi proposé d'envoyer un cosmonaute nord-coréen dans l'espace, selon les agences russes. Il s'agirait du premier Nord-Coréen à accéder à l'orbite terrestre, alors que le pays reclus cherche à développer ses programmes spatiaux.

Selon Vladimir Poutine, Kim Jong Un devrait encore assister à Vladivostok à une "démonstration" de la marine militaire russe dans le Pacifique. Le dirigeant nord-coréen visitera également en Extrême-Orient des usines d'équipements aéronautiques "civils et militaires", a indiqué le chef de l'État russe.

Ce rapprochement suscite les craintes de la communauté internationale, qui n'a pas tardé à réagir à la rencontre. Le chef du parti sud-coréen au pouvoir a fustigé "un pacte du diable" entre Moscou et Pyongyang, et Tokyo, qui s'est dit "inquiet", a mis en garde jeudi contre toute violation des embargos des Nations unies sur les ventes d'armes après les pourparlers bilatéraux. Washington a aussi exprimé sa "préoccupation" devant la relation de défense "naissante" entre les deux pays, et a brandi la menace de sanctions en cas de coopération militaire. Il a aussi affirmé que la Russie était intéressée par l'achat de munitions nord-coréennes pour soutenir son invasion de l'Ukraine, ce qu'aucun des deux pays n'a confirmé pour l'heure. 

Les deux dirigeants ne s'étaient pas rencontrés depuis un précédent voyage de Kim Jong Un à Vladivostok en 2019. Vladimir Poutine a été le premier chef d'État russe à se rendre en Corée du Nord en 2000, alors dirigée par Kim Jong Il, père de l'actuel leader. La Douma avait ratifié à ce moment-là un traité d'amitié visant à renforcer les relations entre les deux pays.


M.L (avec AFP)

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