Ukraine : la guerre du froid

Demande d'armes "plus vite", nouvelles aides en chemin… Le point sur la situation en Ukraine

ER avec AFP
Publié le 30 novembre 2022 à 6h37
JT Perso

Source : Le JT

L'Ukraine lance un appel à l'Occident pour accélérer les livraisons d'armes.
De nouveaux bombardements contre les infrastructures du pays sont redoutés dans les jours à venir.
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L'urgence de s'armer. "La dernière fois, j'avais dit trois mots : des armes, des armes, des armes. Cette fois, j'ai trois autres mots : plus vite, plus vite et plus vite", a lancé mardi 29 novembre le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, peu avant une rencontre avec le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg. L'Ukraine a appelé mardi les pays membres de l'Otan réunis à Bucarest à accélérer la livraison d'armes et d'équipements électriques afin d'aider le pays à faire face aux dommages causés à son infrastructure énergétique par les bombardements russes. Les besoins ukrainiens les plus pressants ? Des générateurs et des missiles Patriot de défense aérienne, a-t-il martelé.  Le président Zelensky a décrit comme "difficile, la situation sur le front". "En dépit d'énormes pertes, les occupants tentent toujours d'avancer dans la région de Donetsk, de prendre pied dans la région de Lougansk et ils planifient quelque chose dans le sud", a-t-il dit mardi soir dans son adresse quotidienne à la nation. "Mais l'Ukraine résistera", a-t-il assuré.

Nouvelle cargaison française. L'Ukraine a par ailleurs annoncé avoir reçu des lance-roquettes unitaires (LRU), l'équivalent français des Himars américains, pour renforcer son arsenal militaire face à la Russie, après plus de neuf mois d'invasion des troupes de Moscou. "Arrivée de LRU ! L'armée ukrainienne est maintenant plus forte", s'est félicité sur Twitter le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov. Le ministre n'a pas précisé combien de LRU avaient été livrés, mais son homologue français, Sébastien Lecornu, avait indiqué le 19 novembre au Journal du Dimanche que la France allait envoyer "deux LRU pour la frappe terrestre en profondeur" à l'Ukraine. Le LRU a une portée d'"environ 70 km" et peut toucher sa cible avec une précision "à moins d'un mètre", selon une description sur le site du ministère français de la Défense.

La guerre par le froid

Stratégie russe. Vladimir Poutine met depuis plusieurs semaines une nouvelle stratégie en œuvre : il veut utiliser l'hiver comme "une arme de guerre" contre l'Ukraine avec des "attaques délibérées" contre des infrastructures civiles pour priver le pays de chauffage, d'électricité et d'eau, a dénoncé mardi le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, lors d’une réunion à Bucarest des ministres des Affaires étrangères de l’Alliance. La Russie s'est engagée début octobre dans une campagne de frappes de missiles massives visant l'infrastructure énergétique de l'Ukraine. Selon des chiffres cités par le gouvernement ukrainien, entre 25 à 30% de cette infrastructure a été endommagée.  

Ces attaques “ont pour but d'infliger autant de souffrances que possible aux civils ukrainiens pour essayer de briser leur engagement, leur unité dans la lutte contre l'invasion russe", a affirmé Jens Stoltenberg. Il a appelé ses partenaires à fournir une aide supplémentaire au pays à l'approche de l'hiver. "L'Otan continuera à soutenir l'Ukraine aussi longtemps qu'il le faudra. Nous ne reculerons pas", a-t-il déclaré, comme le rapporte The Guardian.

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De nouvelles frappes attendues. Les responsables ukrainiens surveillent toujours une nouvelle vague de bombardements russes cette semaine, les précédentes salves ayant visé des infrastructures critiques et provoqué des coupures massives d'eau et d'électricité, notamment dans la capitale Kiev. "Il est fort probable que le début de la semaine soit marqué par une telle attaque", avait déclaré lundi la porte-parole du commandement Sud de l'armée ukrainienne, soulignant qu'un navire russe porteur de missiles était apparu en mer Noire.

Bilan civil. Dans un bilan provisoire sur le conflit publié lundi 28 novembre, l'ONU a estimé que la guerre a fait 17.023 victimes civiles depuis le 24 février, date du début de l'offensive russe en Ukraine. Parmi elles, 6655 personnes ont été tuées (dont 419 enfants) et 10.368 blessées (dont 769 enfants). Des chiffres probablement sous-estimés, puisque les informations peinent à circuler dans certains territoires, et que des rapports faisant état de victimes civiles doivent encore être confirmés, soulève le média ukrainien The Kyiv Independent.

Les aides continuent de pleuvoir

La France prête à l’Ukraine. La France va accorder un prêt bilatéral de 100 millions d'euros pour venir en aide à l'Ukraine, a annoncé mardi le ministère français de l’Économie et des Finances.  Cette assistance financière s'ajoute à un prêt de 300 millions d'euros octroyé en mars. "L'assistance financière contribue aussi au maintien en fonctionnement des infrastructures essentielles, alors que les destructions menées par la Russie à l'approche de l'hiver se sont intensifiées et génèrent de graves conséquences pour la population ukrainienne", a indiqué Bercy dans un communiqué.  La France a aussi apporté 100 générateurs arrivés au hub européen de Suceava, en Roumanie, qui seront remis prochainement à l'Ukraine, a-t-on indiqué de source française.

L’Allemagne envoie des générateurs. L'Allemagne va fournir "plus de 350 générateurs" à l'Ukraine, pour palier la destruction massive des infrastructures par les frappes russes, a annoncé mardi le gouvernement. Le chancelier Olaf Scholz s'est entretenu avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et l'a "assuré d'un soutien supplémentaire à court terme", précisant que l'aide allemande dans ce domaine s'élevait déjà jusqu'à présent à 56 millions d'euros. 

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Nouveau paquet d’aides américain. Arrivé lundi soir à Bucarest, le secrétaire d'État américain Antony Blinken a annoncé une aide financière de 53 millions de dollars, qui s'ajoute à une autre enveloppe de 55 millions déjà débloquée pour l'achat de générateurs, afin de venir en aide à l'Ukraine. Cette somme servira à acheter des équipements électriques (des transformateurs notamment), qui seront "rapidement" livrés à l'Ukraine, a-t-on précisé de source américaine.  Au total, l'administration Biden a budgété 1,1 milliard de dollars pour l'énergie en Ukraine et en Moldavie. L'aide américaine s'inscrit dans la perspective d'une conférence internationale des bailleurs de fonds en "soutien à la résistance civile ukrainienne", qui se tiendra le 13 décembre en France.

Emmanuel Macron à Washington. Le président français est arrivé dans la nuit de mardi à mercredi à Washington pour une visite d'État qui mêlera les fastes de la Maison Blanche aux discussions stratégiques avec Joe Biden sur la guerre en Ukraine et le protectionnisme commercial des États-Unis. Au-delà des questions commerciales, le rendez-vous doit permettre aux présidents des deux pays alliés d'afficher leur unité dans le soutien à l'Ukraine et, peut-être, d'esquisser un message commun en faveur de l'idée de négociations, à terme, pour mettre fin à la guerre lancée par la Russie - un thème cher au chef de l'État français que certains, à Washington, commencent aussi à défendre.

Commerce nucléaire avec la Russie

Greenpeace dénonce un commerce "scandaleux".  La France doit stopper définitivement "les contrats sur le commerce d'uranium" avec la Russie, car “la poursuite du commerce nucléaire avec la Russie, alors que la guerre en Ukraine fait rage, est scandaleuse", a dénoncé Greenpeace mardi 29 novembre. Les livraisons se poursuivent actuellement malgré la guerre, puisqu’il n’existe pour l’heure pas de sanctions internationales sur le nucléaire civil russe. L'ONG réclame aujourd’hui "la résiliation de tous les contrats en cours entre l'industrie nucléaire française et Rosatom (le groupe nucléaire russe, ndlr) ainsi que ses filiales, en commençant par les contrats concernant le commerce d'uranium entre Tenex, filiale de Rosatom, et respectivement EDF et Orano". 

"Solder les contrats". Mardi matin encore, des dizaines de fûts d’uranium enrichis et des containers d’uranium naturel arrivaient par cargo sur le port de Dunkerque, en provenance de Russie, à destination d’une usine du constructeur de centrales nucléaires et fournisseur de combustible Framatome, filiale d'EDF, située à Romans-sur-Isère (Drôme). Le groupe nucléaire Orano (ex-Areva) a aussi indiqué avoir livré à la Russie "cinq ou six" transports d'uranium de retraitement (URT) en octobre, dans le cadre d'un contrat signé en 2020 portant sur un volume total de 1.150 tonnes.  Un responsable du groupe a affirmé à l’AFP que la décision avait été prise après le début de la guerre en Ukraine de “solder le contrat”, malgré l’absence de sanctions internationales. 


ER avec AFP

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