Guerre en Ukraine : pour les civils, la fuite ou le chaos

Elle inscrit son numéro de téléphone sur le dos de son enfant : l'angoisse d'une mère face à la guerre en Ukraine

Virginie Fauroux
Publié le 5 avril 2022 à 18h28
Elle inscrit son numéro de téléphone sur le dos de son enfant : l'angoisse d'une mère face à la guerre en Ukraine

Source : EMRE CAYLAK / AFP

Des centaines de milliers de familles, encore en Ukraine, vivent dans la peur depuis le début des attaques russes.
Une angoisse permanente qui a poussé une mère à inscrire sur le dos de son enfant des contacts à appeler en cas d'urgence.

Jusqu'où peut aller une mère pour mettre en sécurité son enfant ? Aleksandra, une habitante de Kiev, s'est posé la question. Mais difficile de trouver la réponse quand on est la maman d'une fillette de deux ans et demi et qu'on voit son quotidien exploser sous les bombes. Au premier jour de la guerre, Aleksandra a pourtant préféré parer au pire et a décidé d'écrire sur le dos de sa fille, son prénom, son nom et sa date de naissance, ainsi que des numéros de téléphone à appeler en cas d'urgence. "Mes mains tremblaient beaucoup", témoigne-t-elle sur Instagram. "Mais savez-vous ce que c'est que de se réveiller au son assourdissant et puissant des explosions qui peuvent être entendues à des dizaines de kilomètres ?", interroge cette mère de famille qui estime qu'elle aurait pu aller plus loin : "Mais pourquoi ne l'ai-je pas tatouée avec ces informations ?" 

Des millions d'enfants déplacés ou réfugiés

Un témoignage glaçant qui rappelle le sort de toutes ces familles, qui doivent continuer à vivre malgré l'offensive russe. Il a été relayé sur Twitter par la journaliste ukrainienne Anastasiia Lapatina, collaboratrice de plusieurs médias dont The Guardian. Photo à l'appui, elle explique : "Les mères ukrainiennes écrivent leurs contacts familiaux sur le corps de leurs enfants au cas où elles seraient tuées et que l'enfant survivrait..."

Aujourd'hui, Aleksandra et sa fille Vera ont fui l'Ukraine. Elles ont été accueillies dans le sud de la France par des bénévoles et sont désormais en sécurité. Selon l'Unicef, plus de la moitié des 7,5 millions d'enfants que compte le pays sont soit des déplacés internes, soit des réfugiés.

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De nombreux parents ukrainiens ont aussi dû faire "le choix très, très difficile" de faire partir leurs enfants sans eux pour les mettre à l'abri, a souligné ce mardi la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson. "Ces parents ukrainiens comptent sur nous pour assurer la sécurité de leurs enfants. À nous de leur montrer qu'ils peuvent compter sur nous", a-t-elle ajouté devant les eurodéputés, qui doivent voter une résolution sur cette question jeudi 7 avril. Jusqu'à présent, quelque 3 300 mineurs non accompagnés ont été recensés - mais "l'Unicef estime que le chiffre réel est bien plus élevé", selon la commissaire qui a appelé les États membres de l'UE à bien enregistrer les enfants arrivant d'Ukraine, notamment en raison des risques de traite d'être humains. 


Virginie Fauroux

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