Des militaires iraniens se trouvent "sur le terrain en Crimée" pour aider les forces russes, a affirmé ce jeudi la Maison Blanche.
Ils sont accusés de mener des attaques à l'aide de drones de fabrication iranienne en Ukraine.

Les accusations contre l'Iran, soupçonné d'aider militairement Moscou en Ukraine, se sont multipliées ce jeudi ; Washington allant jusqu'à affirmer que des militaires iraniens se trouvent en Crimée. "Aujourd'hui, nous pouvons confirmer que des soldats russes basés en Crimée ont piloté des drones iraniens, les utilisant pour mener des frappes en Ukraine, y compris sur Kiev ces derniers jours", a déclaré le porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la présidence américaine, John Kirby. "Nous estimons que des militaires iraniens ont été sur le terrain en Crimée et ont aidé la Russie dans ces opérations", a-t-il ajouté. "Je n'ai pas le nombre d'Iraniens qui se trouvent en Crimée", a-t-il précisé, laissant entendre qu'ils se trouvent toujours sur le terrain aux côtés des forces russes.

Des formateurs et des techniciens

"La Russie a reçu des dizaines de drones jusqu'ici et va continuer à en recevoir", a poursuivi le porte-parole, soulignant que les États-Unis craignaient que la Russie cherche maintenant à acquérir des armes conventionnelles iraniennes comme des missiles sol-sol pour les utiliser en Ukraine. John Kirby a précisé que les Iraniens présents en Ukraine étaient des formateurs et des techniciens et que les frappes, qui ont gravement endommagé les infrastructures ukrainiennes, avaient été menées par des soldats russes. "Téhéran est maintenant directement engagé sur le terrain", a-t-il souligné. "Les États-Unis feront tout pour mettre au jour ces livraisons d'armement, les dissuader et les combattre", a-t-il ajouté. "Nous continuerons à appliquer vigoureusement les sanctions contre les ventes d'armes de la Russie comme de l'Iran".

233 drones iraniens détruits en un mois, selon l'Ukraine

De son côté, l'Union européenne a annoncé avoir rassemblé des "preuves" démontrant que les drones utilisés par la Russie avaient été fournis par l'Iran et a adopté une série de sanctions contre Téhéran malgré les dénégations des deux pays. Londres a rejoint les mesures adoptées par l'UE en imposant de nouvelles sanctions contre l'Iran visant trois généraux et une entreprise d'armements "responsables de fournir à la Russie des drones kamikazes" pour bombarder l'Ukraine. 

Les États membres de l'UE s'étaient auparavant entendus pour sanctionner la compagnie iranienne, Shahed Aviation Industries, liée aux puissants Gardiens de la Révolution, et les trois responsables militaires, dont le général Mohammed Hossein Bagheri, chef d'état-major des forces armées iraniennes. Kiev a salué la réponse "rapide" de l'Union européenne. Mais la Russie a de nouveau qualifié "d'hypothèses farfelues" les accusations selon lesquelles elle utiliserait des drones iraniens. Volodymyr Zelensky avait affirmé mercredi que son armée avait détruit 233 de ces drones iraniens en un mois. 

L'Iran a aussi démenti ce jeudi des informations du Washington Post selon lesquelles la République islamique prévoyait d'envoyer des missiles à la Russie pour être utilisés dans sa guerre contre l'Ukraine. Ces allégations sont "sans fondement", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian sur Twitter.


V. Fauroux

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