Autour de la ville de Vovtchansk, en Ukraine, les évacuations se poursuivent.
Une équipe de LCI a pu accompagner des sauveteurs volontaires.
Pour sauver des vies, la patrouille se rend au plus près des zones de combat, où tout le monde n'est pas prêt à partir.

Sauver des vies. C'est pour cela que, chaque jour, Dmitro et Volodymyr sillonnent les routes des villages situés autour de la ville de Vovtchansk. "Évacuation gratuite... si vous avez besoin d'être évacués, appelez ce numéro… ". Inlassablement, les sauveteurs répètent ce message dans le haut-parleur du camion. C'est à Vovtchansk que l'offensive russe lancée en direction de Kharkiv semble marquer le pas. Mais le secteur est devenu la principale zone des combats, hautement dangereux pour les civils pris entre deux feux.

Ma maison a été bombardée, elle est entièrement détruite
Sasha, habitant du village de Losivka

Sur un chemin de terre de Losivka, dans la région de Kharkiv, un homme leur fait signe. Il a besoin d’aide pour quitter les lieux. "Vous avez besoin de combien de temps pour rassembler vos affaires ?", lui demande Volodymyr, un des sauveteurs. "J’ai juste deux sacs chez un voisin", explique Sasha, "ma maison a été bombardée, elle est entièrement détruite". Sasha a tout perdu. Notre équipe l'accompagne récupérer le peu qui lui reste, et qui tient dans seulement deux sacs.

Il faut faire vite, le secteur est bombardé. "Je n’ai plus mes papiers d’identité", s'inquiète Sacha en suivant les volontaires. "OK, on verra ça plus tard. Vous avez un chien ou un autre animal de compagnie ?". Le chien de Sasha est attaché, les sauveteurs lui recommandent de le libérer. L'animal ne sera pas emmené, mais aura plus de chance de survie en étant libre. Après avoir détaché son chien, qui file en courant, Sasha embarque dans la camionnette des sauveteurs. 

Des habitants réticents à tout abandonner

Dans la localité voisine de Buhaivka, de nombreux habitants vivent cachés par peur des bombardements. Les localiser est souvent difficile. Pour obtenir des renseignements, la patrouille interpelle une villageoise revenue quelques heures pour prendre soin du jardin. "Ça fait trop peur ici", explique-t-elle.

Le village semble vide. Pour en avoir le cœur net, Volodymyr décide de faire du porte-à-porte. Un homme sort finalement de chez lui. "J’ai l’impression que tout le monde a été évacué dans notre rue", témoigne-t-il sans s'éloigner de son portail métallique. Lui ne souhaite pas partir. "Si vous avez besoin de nous, vous pouvez nous appeler", lui glisse le volontaire. Mais l'homme reste fermé à la proposition : "Merci, si nous avons besoin de partir, nous avons notre propre voiture".

"Les gens ne veulent pas partir parce qu’ils ont peur de perdre tout ce qu’ils ont", nous explique Volodymir, "pour eux, leurs maisons, leurs biens, ont parfois plus de valeurs que leurs propres vies". Depuis le début de l’offensive russe sur le nord de la région de Kharkiv, plus de 11.000 personnes ont été évacuées. Dans leur van, Dmytro et Volodymyr en ont transporté plusieurs dizaines à eux seuls. 


La rédaction de TF1info | Reportage : Thomas Misrachi, Thibault Bruck et Kostia Yaremenko

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