Ukraine : une guerre partie pour durer

"Ça ne peut pas durer" : Thierry Breton chiffre à "800 millions d'euros par jour" les importations d'hydrocarbures russes

Y.R.
Publié le 26 mai 2022 à 9h54
JT Perso

Source : L'Invité Politique

Un accord sur un embargo de l'UE sur le pétrole russe pourrait être trouvé d'ici au début de semaine prochaine.
"Vladimir Poutine finance sa guerre par la vente d'hydrocarbures", a assuré Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, invité de LCI.
L'objectif est de "baisser le plus rapidement la dépendance à la Russie", tout "en tenant compte des intérêts" des 27.

L'UE va-t-elle réussir à se détourner du pétrole russe ? Le 4 mai dernier, la Commission européenne avait annoncé sa volonté d'instaurer un embargo. Trois semaines plus tard, malgré le feu vert d'une grande majorité des membres, le projet n'a toujours pas abouti. Mercredi 25 mai, le président du Conseil européen, Charles Michel, a toutefois affirmé rester "confiant" en un accord d'ici à lundi, alors que le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba, a appelé la communauté internationale à "tuer les exportations russes" lors du Forum économique de Davos, pour pousser à la fin de la guerre en Ukraine.

"On sait qu'aujourd'hui Vladimir Poutine finance sa guerre notamment par la vente des hydrocarbures. Ce sont près de 800 millions d'euros par jour qui lui sont versés pour l'achat d'hydrocarbures. Cette situation ne peut pas durer", a annoncé Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur, invité de Marie Chantrait sur LCI, jeudi 26 mai. C'est pourquoi "on réduit très rapidement notre dépendance à la Russie au gaz et pétrole", a expliqué l'ancien ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie (2005-2007). "Ça s'inscrit dans une continuité remarquable au niveau des sanctions et de l'unité européenne."

On tient compte des intérêts des uns et des autres

Thierry Breton, commissaire européen au Marché intérieur

Mais cette unité n'est-elle pas en train de se fissurer ? Dans une lettre adressée, lundi 23 mai, au Conseil européen, le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a affirmé que son pays n'était "pas en position d'accepter" le sixième paquet de sanctions contre la Russie "tant que les négociations n'auront pas abouti à résoudre toutes les questions en suspens". Pays enclavé, sans accès à la mer, la Hongrie dépend du pétrole russe acheminé par Moscou via l'oléoduc Droujba. "On est dans une continuité politique. Il n'y a eu aucune divergence", a répondu Thierry Berton. "Les cinq premiers, qui ont été crescendo et de plus en plus puissant, ont obtenu tous l'accord des 27, y compris de la Hongrie. S'il y avait eu des réticences, elles se seraient déjà exprimées."

"Ce n'est un secret pour personne. Il y avait, avant la guerre en Ukraine, une proximité entre la Russie et certains pays de l'UE, en particulier la Hongrie. Cette proximité n'a pas empêché de mener à leur terme cinq paquets de sanctions extrêmement puissants et de façon unanime. Il n'y a pas de différent politique", a-t-il répété, avant d'évoquer le dilemme énergétique de Budapest. "Les pays de l'Union n'ont pas tous les mêmes dépendances. C'est notre rôle de veiller évidemment à accroître les sanctions, mais ça ne veut pas que les 27 doivent avoir le même comportement. (...) Chacun à son histoire, il ne s'agit pas de la réécrire. Il s'agit de prendre la situation comme elle est et de baisser le plus rapidement notre dépendance globale à la Russie." L'objectif est "de réduire le montant qu'on va verser tous les jours à Vladimir Poutine", mais "en tenant compte des intérêts des uns et des autres."

"Les sanctions sont là et vont continuer", a toutefois promis Thierry Breton, précisant, par exemple, que l'Union européenne "a saisi pour plus de 10 milliards d'actifs" russes depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, le 24 février dernier, par les troupes de Vladimir Poutine, "seul et unique responsable" de cette guerre. "Ce n'est pas contre le peuple russe, c'est pour isoler ce gouvernement qui est en train de mener une action terrible, illégale sur le territoire européen", a conclu le commissaire européen au Marché intérieur, qui "espère que le peuple russe va savoir se faire entendre auprès de son gouvernement."


Y.R.

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