Des frappes massives russes ont visé l'Ukraine vendredi 29 décembre et ont tué au moins 39 personnes.
Une attaque immédiatement condamnée par l'ONU, près de deux ans après le début de la guerre.
Voici ce que l'on sait.

Plusieurs villes ukrainiennes, dont Kharkiv (nord-est), Lviv (ouest) et Odessa (sud) ont fait vendredi 29 décembre au matin l'objet de frappes russes, ont annoncé les autorités. Il s'agit, selon des déclarations de l'armée ukrainiennes à CNN, des frappes les plus massives depuis le début de l'offensive russe, en février 2022. Au total, d'après le président ukrainien Volodymyr Zelensky, au moins 39 personnes sont décédées, tandis qu'un précédent bilan faisait état de quelque 160 blessés.

Que s'est-il passé ?

L'alerte aérienne généralisée a d'abord été activée sur l'ensemble du pays vers 5h du matin. L'armée de l'air a alors évoqué un risque particulier sur la région de la capitale, Kiev. Cette attaque, menée à l'aide de missiles et de drones, a finalement touché les quatre coins de l'Ukraine, de Kiev à Dnipro, en passant par Kharkiv, Odessa ou Lviv, selon l'armée ukrainienne à CNN.

D'après l'ONU, un large éventail d'infrastructures civiles, notamment des immeubles résidentiels, une maternité, des écoles, des jardins d'enfants, des parcs, une station de métro et un centre commercial, ont été visés. Des infrastructures énergétiques ont également été ciblées, comme l'an dernier, au début de l'hiver. Des immeubles résidentiels se sont effondrés, laissant des habitants sous les décombres, selon la même source. "Toutes les cibles ont été atteintes", a commenté le ministère russe de la Défense, tandis que l'Ukraine a affirmé avoir détruit 114 des 158 missiles et drones.

Les frappes se sont ensuite poursuivies dans l'après-midi, touchant les villes de Smilla et Soumy, respectivement au centre et au nord-est de l'Ukraine, a encore ajouté l'armée de Kiev. L'un des missiles de croisière tirés par la Russie a d'ailleurs violé l'espace aérien de la Pologne, membre de l'Otan, selon Varsovie, qui a appelé Moscou à "cesser immédiatement de genre d'opération".

Quelles réactions internationales ?

La Pologne est loin d'être le seul pays à avoir réagi. La France a condamné "avec la plus grande fermeté" la "stratégie de terreur visant à détruire les infrastructures civiles ukrainiennes", et affirmé qu'elle "continuera à soutenir l'Ukraine et à lui fournir l'aide nécessaire pour lui permettre d'exercer sa légitime défense".

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, lui, a dénoncé "une nouvelle série de frappes lâches et aveugles", assurant que "l'UE se tiendra aux côtés de l'Ukraine, aussi longtemps qu'il le faudra". Le Royaume-Uni a même annoncé l'envoi d'environ 200 missiles anti-aériens à l'Ukraine pour renforcer ses défenses.

De l'autre côté de l'Atlantique, le président américain Joe Biden a exhorté le Congrès à "agir sans plus attendre" après les "bombardements massifs" en Ukraine, les négociations patinant toujours sur la validation d'une gigantesque enveloppe d'aide à Kiev. "À moins que le Congrès ne prenne des mesures urgentes au cours de la nouvelle année, nous ne serons pas en mesure de continuer à envoyer les armes et les systèmes de défense aérienne, indispensables à l'Ukraine pour protéger son peuple", a-t-il prévenu.

Quelle réponse ?

Ce samedi, une frappe a touché Belgorod, près de la frontière, du côté russe. Moscou impute cette frappe, qui a tué au moins 14 personnes, à l'Ukraine. Kiev n'a pas encore réagi aux accusations russes, mais mène régulièrement des frappes en Russie ces derniers mois, notamment dans les régions les plus proches de son territoire.

Le président russe Vladimir Poutine se tient "informé" de la situation, mais son ministère de la Défense a d'ores et déjà prévenu : cette attaque ne restera pas "impunie". La Russie a demandé une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.


I.N

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