Parti le 11 mars de Madrid, un convoi de 29 taxis a traversé l'Europe pour amener de l'aide humanitaire en Ukraine.
Ils sont revenus en Espagne avec 135 réfugiés.

Une traversée de l'Europe pour soutenir le peuple ukrainien. Une soixantaine de chauffeurs madrilènes ont roulé près de 6000 kilomètres pour amener de l'aide humanitaire à Varsovie, qui a accueilli des milliers d'Ukrainiens ayant fui le conflit. Sur place, ils ont récupéré 135 réfugiés pour les ramener en Espagne.

"Ce sont nos héros", a raconté à l'AFP Khrystyna Trachje, une femme de 22 ans, après l'arrivée à Madrid du convoi dans la nuit de mercredi 16 à jeudi 17 mars, sous les applaudissements et les klaxons de dizaines d'autres taxis. La majorité de ces réfugiés sont des femmes et des enfants ayant de la famille ou des amis en Espagne. Avec eux, quatre chiens et un chat ont également fait le voyage.

Un convoi de 29 véhicules

Parti le 11 mars de Madrid, le convoi comptait 29 taxis avec deux chauffeurs à bord pour se relayer au volant. L'idée de cette initiative a surgi lors d'une discussion entre chauffeurs à l'aéroport de Madrid au sujet des bombardements de l'Ukraine par l'armée russe. L'un d'eux a alors suggéré de se rendre en Pologne pour aller y chercher des réfugiés et les autres ont acquiescé, se souvient José Miguel Funez, porte-parole de la Fédération des taxis professionnels de Madrid qui a coordonné l'opération. "La réponse a été incroyable. On ne s'attendait pas à ça", confie-t-il.

Javier Hernandez, qui a ramené un couple et leur fils de 12 ans, a expliqué qu'il "ne pouvait pas rester là comme ça" les bras croisés, après avoir vu les images d'enfants et femmes fuyant la guerre. Mutiques en quittant la Pologne, les réfugiés refusaient de descendre lors des premières pauses avant de "nous prendre dans leurs bras et de faire des blagues" au fil des heures, dit encore Javier avec émotion.

Le coût de l'opération, environ 50.000 euros principalement pour l'essence et le péage, a été financé grâce à la solidarité des taxis madrilènes, qui ont une longue tradition de solidarité. Après les attaques terroristes à la gare madrilène d'Atocha en 2004, qui avaient fait 191 morts, ils avaient fait la navette pour emmener les blessés dans les hôpitaux. Et en 2020, au plus dur de la pandémie en Espagne, ils avaient permis à des médecins de faire du porte-à-porte ou d'emmener des malades à l'hôpital.


T.G. avec AFP

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