La Russie a essuyé ce mardi matin des offensives tous azimuts.
Des dizaines de drones ukrainiens ont visé des cibles sur son territoire.
Parallèlement, des hommes armés ont réalisé une incursion terrestre.
Ces volontaires russes, opposés à la guerre en Ukraine, auraient brièvement pris le contrôle d'un village.

Durant la nuit de lundi à mardi, une offensive de dizaines de drones ukrainiens a visé des cibles sur le sol russe, et semble en avoir atteint certaines. Ainsi, une raffinerie et un dépôt de carburant ont été ravagés au moins partiellement par des incendies. Le ministère russe de la Défense a confirmé avoir abattu des engins au-dessus des régions de Moscou, Leningrad, Belgorod, Koursk et Briansk, pour certaines à des centaines de kilomètres de la frontière ukrainienne. La mairie de Belgorod a été touchée, et la ville de Koursk a préféré fermer les écoles.

Parallèlement, des hommes armés ont mené une offensive au sol, parvenant à s'infiltrer sur le sol russe en trois points distincts près de la frontière orientale ukrainienne. Une action plus localisée que l'offensive par drones, et revendiquée par des factions russes pro-Ukraine, qui avaient déjà fait parler d'elles lors d'une opération analogue en mai dernier. Cette fois, elles disent s'être emparées du village frontalier de Tiotkino, dans l'oblast de Koursk. Mardi soir, le ministère russe de la Défense affirmait que son armée avait "repoussé" toutes les incursions sur son territoire. 

Le peuple votera pour qui il veut, et pas pour qui il doit
Légion Liberté pour la Russie

Les deux attaques ne seraient pas coordonnées, ni même liées entre elles. Un porte-parole du renseignement militaire ukrainien a affirmé que ces milices opéraient de leur propre chef, indépendamment des autorités ukrainiennes. Elles semblent toutefois l'une et l'autre motivées par l'imminence des élections russes, prévues dans trois jours, et à la réélection attendue de Vladimir Poutine. 

C'est ce qu'a explicitement revendiqué la "Légion liberté pour la Russie" dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. "Le peuple votera pour qui il veut, et pas pour qui il doit. Les Russes vivront librement", proclame le texte accompagnant l'annonce de l'incursion armée de ce groupe russe pro-ukrainien. Celle-ci est revendiquée conjointement par le "Bataillon de Sibérie". Le renseignement militaire ukrainien avance cependant qu'une troisième faction, le "Corps des volontaires", aurait également participé à l'action. 

Des nationalistes, des néonazis, et des anti-impérialistes

Lors d'une incursion analogue sur Belgorod en mai 2023, les Vérificateurs de TF1info avaient essayé d'en savoir plus sur ces factions russes opposées au Kremlin, sur lesquelles plane le soupçon d'une idéologie néo-nazie. La "Légion Liberté de la Russie", dont les membres sont originaires de la région de Saint-Pétersbourg, se veulent "conservateurs et traditionalistes de droite". Plusieurs ont gravité régulièrement dans les nébuleuses d'extrême-droite et assument d'être taxés d'ultra-nationalistes, mais pas de fascistes. 

Ce n'est pas le cas des miliciens du "Corps des volontaires russes", dont le leader, Denis Kapoustine, ne cache pas son admiration pour le IIIᵉ Reich allemand. Ils revendiquent, eux, une affiliation néo-nazie et une idéologie suprémaciste, et affirment défendre "les Russes en tant que groupe ethnique".

Le ton se révèle très différent, voire antagoniste, dans les rangs du "Bataillon de Sibérie", qui semble s'être joint au coup de force ce 12 mars. Les membres de cette unité sont des opposants au Kremlin et à "l'impérialisme russe", et ont signé un contrat avec l'armée régulière ukrainienne. Ces combattants appartiennent pour la plupart à des minorités ethniques opprimées par Moscou, dont ils prétendent défendre les droits. 

C'est cette alliance improbable de miliciens qui a lancé un coup de force ce mardi matin, parvenant à s'infiltrer en territoire russe à trois jours des élections. L'incursion précédente, en mai dernier, avait mis en fureur Vladimir Poutine, qui avait exigé de ne plus jamais subir un tel affront.


Frédéric SENNEVILLE

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