Ukraine : plus de sept mois de guerre

Intenses combats dans le Donbass, livraison d'armes et visite annulée... le point sur la situation en Ukraine

Léa LUCAS
Publié le 7 juin 2022 à 7h21, mis à jour le 7 juin 2022 à 9h51
JT Perso

Source : TF1 Info

Au 104e jour de guerre en Ukraine, les combats continuent de faire rage dans le Donbass.
Une région dans laquelle le président Volodymyr Zelensky s'est rendu afin de soutenir ses troupes.
Dans le même temps, des pays européens ont accentué la pression sur la Russie, pour mettre fin au conflit.

Les combats continuent de faire rage sur le front est de l'Ukraine. Ce lundi, les troupes russes ont relancé leur offensive contre la ville stratégique de Severodonetsk, dont le destin prend le même chemin que celui de la ville-martyre, Marioupol, tandis que le président Volodymyr Zelensky s'est rendu auprès de ses soldats afin de les soutenir moralement. 

Au même moment, des pays européens ont accentué la pression sur la Russie pour la contraindre à mettre terme à cette guerre "d'usure". Trois d'entre eux, membres de l'Otan - la Bulgarie, la Macédoine du Nord et le Monténégro - ont empêché une visite majeure en Serbie du ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, en fermant les espaces aériens à son avion

Le Royaume-Uni, lui, a annoncé un nouvel envoi de matériel militaire, en dépit de la menace du chef du Kremlin : si les occidentaux poursuivent leurs livraisons d'armes à l'Ukraine, son armée frappera des sites ukrainiens jusqu'alors épargnés.

La flotte russe repoussée en mer Noire ?

Trois morts et dix blessés à Kharkiv. Le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleh Synehubov, relayé par The Kyiv Independent, a annoncé ce lundi la mort d'au moins trois personnes dans des bombardements russes. Dix autres personnes ont été blessées. Le média local officiel ne précise toutefois pas l'état dans lequel se trouve actuellement les victimes.

Ils détruisent tout avec leur tactique habituelle de terre brûlée

Le gouverneur de la région de Longansk

Situation "aggravée" à Severodonetsk. Après une contre-attaque qui a permis aux forces ukrainiennes de reprendre du terrain à Severodonetsk, la situation "s'est aggravée", a déploré ce lundi le gouverneur de la région de Lougansk, Serguiï Gaïdaï. Selon lui, les bombardements se sont encore intensifiés sur Severodonetsk et Lyssytchansk, ville voisine située sur "les hauteurs" et stratégique pour "tenir la ligne de défense". Les Russes "détruisent tout avec leur tactique habituelle de terre brûlée" pour qu'il "ne reste plus rien à défendre", a-t-il ajouté. Le président Volodymyr Zelensky a confirmé que "des combats intenses se poursuivent à Severodonetsk et (que) les forces russes continuent à pousser vers Sloviansk pour tenter d'encercler les forces ukrainiennes". La prise de Severodonetsk par les forces russes est en effet déterminante pour contrôler l'ensemble du bassin houiller du Donbass, déjà tenu en partie par des séparatistes prorusses depuis 2014.

Flotte russe repoussée en mer Noire. L'armée ukrainienne a assuré ce lundi avoir repoussé la flotte russe d'une centaine de kilomètres des côtes ukrainiennes en mer Noire, où les navires de Moscou organisent depuis des semaines un blocus naval. "À la suite de nos actions destinées à défaire les forces navales ennemies, le groupe de navires de la flotte russe de la mer Noire a été repoussé des côtes ukrainiennes à une distance de plus de cent kilomètres", a assuré le ministère ukrainien de la Défense sur Telegram. En conséquence, selon ce dernier, les troupes russes auraient été obligées de déployer des systèmes de défense côtière en Crimée, ainsi que dans la région méridionale ukrainienne de Kherson, qu'elles occupent.

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Privé de visite en Serbie, Lavrov enrage

Volodymyr Zelensky sur le front Est. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky s'est rendu dimanche auprès de ses troupes sur la ligne de front dans le Donbass, dans l'est du pays où la guerre fait rage face aux forces russes, a-t-il annoncé dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux. Lors de son périple, il "a approfondi sa connaissance de la situation opérationnelle sur la ligne de front défensive", a précisé la présidence. Ce déplacement sur le champ de bataille lui a permis d'avoir une vue d'ensemble des opérations militaires et de remonter le moral de ses soldats en première ligne, a déclaré l'ancien général de l'armée australienne, Mick Ryan. Cela a démontré qu'il avait "une confiance totale dans son armée" et a permis d'accentuer le contraste entre son style de leadership et celui de son adversaire russe Vladimir Poutine, a-t-il ajouté sur Twitter.

Visite de Serguei Lavrov en Serbie empêchée. La Russie a fustigé ce lundi la fermeture "scandaleuse" et "hostile" par trois pays européens - La Bulgarie, la Macédoine du Nord et le Monténégro - de leur espace aérien à l'avion qui devait emmener en Serbie le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. "L'inconcevable s'est produit (...) On a privé un Etat souverain de son droit d'exercer sa politique extérieure", a-t-il déclaré. Sergueï Lavrov devait se rendre en Serbie pour une visite importante de deux jours, en invoquant des sanctions imposées par Bruxelles à son pays après le déclenchement des hostilités en Ukraine.

Livraisons d'armes du Royaume-Uni, en dépit des menaces de Vladimir Poutine. Malgré un nouvel avertissement du président russe Vladimir Poutine - qui a menacé d'autres frappes sur "des sites pas encore visés jusqu'à présent", si les Occidentaux fournissaient des missiles de longue portée à l'Ukraine -, la Grande-Bretagne a annoncé ce lundi la livraison à Kiev de lance-roquettes d'une portée de 80 kilomètres (des M270 MLRS). "L'enjeu du combat pour l'Ukraine est la préservation d'un ordre international fondé sur des règles mondiales" en vertu duquel "les pays les plus forts ne peuvent pas envahir les plus petits", a justifié le chef d'état-major américain, le général Mark Milley, lors d'une commémoration en Normandie.

Au total, plus de huit millions d'ukrainiens se sont déplacés à l'intérieur de leur pays depuis le début de la guerre, le 24 février dernier, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut Commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR). A ce chiffre - déjà important - s'ajoutent 6,9 millions qui ont fui à l'étranger, dont plus de la moitié - 3,6 millions - en Pologne. A noter qu'avant l'invasion russe, l'Ukraine comptait quelques 37 millions d'habitants dans les régions contrôlées par Kiev.


Léa LUCAS

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