Italie : avec Giorgia Meloni, l'extrême droite prend le pouvoir

Italie : Berlusconi "renoue" avec Poutine et attaque Zelensky, malaise dans son camp

Marius Bocquet avec AFP
Publié le 20 octobre 2022 à 6h23
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Source : TF1 Info

Silvio Berlusconi confie dans un enregistrement avoir "renoué" avec Vladimir, qui lui a offert 20 bouteilles de vodka pour son anniversaire.
Le milliardaire italien semble faire porter la responsabilité de la guerre au président ukrainien Volodymyr Zelensky.
L'opposition de gauche dénonce "une position de plus en plus ambiguë envers la Russie" de la nouvelle coalition italienne.

Silvio Berlusconi s'est attiré une volée de bois vert mercredi en Italie après avoir dit "renouer" avec Vladimir Poutine et imputé à Kiev la responsabilité de l'invasion de l'Ukraine. Ses propos ont fuité et son entourage a d'abord démenti mais un enregistrement audio a ensuite été diffusé, provoquant la stupéfaction de Giorgia Meloni, la future Première ministre qui s'emploie à former un gouvernement avec ses alliés, le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi et la Ligue de Matteo Salvini.

"J'ai un peu renoué le contact avec le président Poutine, un peu beaucoup, dans le sens où pour mon anniversaire, Poutine m'a envoyé 20 bouteilles de vodka et une très gentille lettre", a confié le milliardaire à des députés de sa formation politique. "J'ai répondu en lui envoyant des bouteilles de Lambrusco et une très gentille lettre. Il m'a dit que j'étais le premier de ses cinq vrais amis", a poursuivi l'ancien chef du gouvernement qui a fêté ses 86 ans le 29 septembre.

Zelensky "a triplé les attaques" contre les républiques séparatistes

Dans la suite de cet enregistrement audio, dont une nouvelle partie a fuité mercredi soir, il semble faire porter la responsabilité de la guerre au président ukrainien Volodymyr Zelensky qui selon lui "a triplé les attaques" contre les républiques séparatistes auto-proclamées du Donbass.

"En 2014 à Minsk, au Bélarus, un accord est signé entre l'Ukraine et les deux républiques nouvellement constituées dans le Donbass pour un accord de paix et que personne n'attaque personne. Un an plus tard, l'Ukraine jette aux orties cet accord et commence à attaquer les frontières des deux républiques", raconte Silvio Berlusconi à ses élus.

Il évoque "cinq-six-sept mille morts" dans ces combats. Puis "Zelensky arrive (au pouvoir) et triple les attaques contre les deux républiques", ajoute le magnat, reprenant par la suite ses propos de fin septembre selon lesquels Poutine a été "poussé" par sa population et son entourage à envahir l'Ukraine.

L'opposition de gauche se déchaîne

Face au tollé soulevé par ces dernières déclarations, Silvio Berlusconi a tenu à préciser dans un communiqué que sa "position personnelle et celle de Forza Italia ne s'écartent pas de celle du gouvernement italien, de l'Union européenne, de l'Alliance atlantique ni sur la crise en Ukraine ni sur les autres grands sujets de politique internationale". Il a également souligné qu'il serait "impossible de parvenir à la paix si les droits de l'Ukraine ne sont pas protégés de manière adéquate".

En toute hâte, Forza Italia a diffusé un communiqué pour clarifier la position du parti et de Silvio Berlusconi vis-à-vis de la Russie et de l'Ukraine, "en ligne avec celle de l'Europe et des États-Unis". L'opposition de gauche s'est déchaînée. "La nouvelle majorité engage un changement de trajectoire de l'Italie vers une position de plus en plus ambiguë envers la Russie", a dénoncé Enrico Letta, le patron du Parti démocrate, sur Twitter.

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Les déclarations récurrentes de Silvio Berlusconi pourraient fragiliser la position d'Antonio Tajani, un proche, pro-européen, pressenti pour les Affaires étrangères. Pendant la campagne électorale, Berlusconi avait déjà provoqué l'indignation en affirmant que Vladimir Poutine avait voulu renverser le gouvernement de Kiev pour y mettre à la place des "gens biens".


Marius Bocquet avec AFP

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