En vertu d'une décision de justice, les autorités de Jersey ont annoncé le gel "d'actifs estimés à plus de 7 milliards de dollars soupçonnés d'être liés" à Roman Abramovitch.
Une mesure prise alors que les sanctions continuent de se renforcer à l'encontre des oligarques russes au Royaume-Uni.

Face à la guerre en Ukraine, même les paradis fiscaux se plient aux sanctions, l'île de Jersey ne fait pas exception. Dépendante de la couronne britannique, celle-ci a annoncé mercredi le gel "d'actifs estimés à plus de 7 milliards de dollars soupçonnés d'être liés" à l'oligarque russe Roman Abramovitch, en vertu d'une décision de justice.

Des perquisitions ont aussi été effectuées dans des locaux à Jersey "soupçonnés d'être liés aux activités commerciales" de Roman Abramovitch, selon le gouvernement de ce territoire tenu d'appliquer les sanctions décidées par Londres.

Des sanctions, malgré sa participation aux négociations

L'oligarque, qui tente de jouer les médiateurs entre Moscou et Kiev pour faire cesser la guerre, figure malgré tout sur la liste de personnes sanctionnées par le Royaume-Uni dans la foulée de l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février. Cela a notamment conduit à la mise en vente du club de Chelsea qu'il avait racheté en 2003. Son rôle dans les négociations lui a permis cependant d'échapper pour le moment, et à la demande de Kiev, à des sanctions financières de la part des États-Unis.

Cette annonce de la part de l'île de Jersey advient alors que le même jour, le ministère des Affaires étrangères britannique expliquait dans un communiqué élargir, en coordination avec l'Union européenne, la liste des personnes sanctionnées pour y intégrer 178 séparatistes prorusses et de nouveaux oligarques et leurs proches.

Cette décision a été justifiée par l'exécutif après "de nombreuses informations la semaine dernière selon lesquelles la Russie ciblait, de façon barbare, les civils dans ces régions". La découverte d'atrocités à Boutcha avait effectivement amené les alliés à mettre en place un nouveau paquet de sanctions visant la Russie.

Dans ce communiqué, Londres précisait par ailleurs avoir sanctionné, depuis le début de la guerre, plus de 1400 personnes et entreprises liées au régime du président russe Vladimir Poutine. Parmi elles, plus de 100 oligarques sont concernés, mais aussi 400 établissements et leurs filiales, parmi lesquels 18 banques.


Aurélie LOEK

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