Renoncer à la Crimée, annexée par Moscou en 2014, pour mettre fin à la guerre au conflit ?
C'est ce qu'a suggéré le président brésilien Lula aux autorités ukrainiennes.
Mais Kiev semble toujours résolu à exclure cette option.

Alors que le président chinois Xi Jinping s'est engagé auprès d'Emmanuel Macron à "soutenir tout effort en faveur du retour de la paix en Ukraine" - même s'il refuse toujours de condamner ce conflit - voilà que le président brésilien tente d'apporter sa pierre à l'édifice en suggérant à l'Ukraine de céder la péninsule de Crimée à la Russie pour mettre fin à la guerre. Lula estime en effet que le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne peut "pas tout vouloir". "Le monde a besoin de tranquillité (...) Nous devons trouver une solution", a-t-il déclaré jeudi 6 avril. 

Il n'y a aucune raison légale, politique ou morale justifiant qu'on abandonne ne serait-ce qu'un centimètre de territoire ukrainien.
Oleg Nikolenko, porte-parole de la diplomatie ukrainienne

Mais les autorités ukrainiennes ont opposé une fin de non-recevoir à cette demande. Pour elles, il n'y a pas de négociations possibles avec Moscou sans retrait préalable des troupes russes de tout son territoire, y compris de la Crimée annexée par la Russie en 2014. "Il n'y a aucune raison légale, politique ou morale justifiant qu'on abandonne ne serait-ce qu'un centimètre de territoire ukrainien", a écrit sur Facebook le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko, tout en assurant apprécier "les efforts du président brésilien pour trouver un moyen d'arrêter l'agression russe". "Tout effort de médiation pour rétablir la paix en Ukraine doit être fondé sur le respect de la souveraineté et de l'intégrité territoriale pleine et entière de l'Ukraine en accord avec les principes de la charte des Nations Unies", a-t-il ajouté.

Le chef de l'État brésilien a formulé fin janvier une proposition, aux contours encore flous, de médiation d'un groupe de pays dans le conflit en Ukraine. Lula doit présenter ce projet à son homologue chinois Xi Jinping à Pékin la semaine prochaine. Le président brésilien s'est dit "confiant" quant aux chances de succès de ce projet, espérant que le groupe de pays "sera créé" à son retour de Chine. Le principal conseiller de Lula pour les affaires internationales, Celso Amorim, a rencontré fin mars à Moscou Vladimir Poutine et le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, qui est par ailleurs attendu au Brésil le 17 avril.

Pour autant, la Russie a estimé à plusieurs reprises ces derniers jours que des pourparlers étaient impossibles en l'état et a juré de poursuivre son opération militaire. Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov a déclaré ce vendredi que des négociations de paix sur l'Ukraine n'étaient envisageables que si elles visaient à l'établissement d'un "nouvel ordre mondial" sans domination américaine.


V. F

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