Pourparlers Ukraine-Russie : des négociations pour changer le cours du conflit

Kiev libérée, retrait des Russes vers l'Est et le Sud... Le point sur la situation en Ukraine

F.R
Publié le 3 avril 2022 à 7h52
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Source : JT 20h WE

Au 38e jour de l'invasion russe de l'Ukraine, samedi, les forces ukrainiennes ont repris le contrôle de la totalité de la région de Kiev.
Les forces russes continuent de se replier vers le Donbass.
Les bombardements continuent toutefois, notamment à l'Est.

Au 38e jour de la guerre en Ukraine, Kiev respire enfin. Le ministère de la Défense ukrainien a annoncé que ses forces ont repris le contrôle de la totalité de la région de Kiev et de Tchernihiv. Les forces russes, quant à elles, se sont rapidement retirées du Nord du pays, et auraient pour objectif de "prendre pied dans l'Est et le Sud", d'après la présidence ukrainienne. 

Kiev et Tchenihiv libérées

LA CAPITALE LIBÉRÉE. La vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Maliar, a annoncé samedi que les Ukrainiens ont repris le contrôle de la totalité de la région de Kiev après le retrait des forces russes de villes-clés situées près de la capitale. Les localités d'"Irpin, Boutcha, Gostomel et toute la région de Kiev ont été libérées de l'envahisseur", a-t-elle affirmé. Toutes ces villes ont été dévastées par les combats qui y ont fait rage après le début, le 24 février, de l'invasion russe.

REPLI VERS L'EST ET LE SUD. Les forces russes, qui ont opéré un "retrait rapide" des régions de Kiev et Tcherniguiv, dans le Nord de l'Ukraine, ont maintenant pour objectif de "prendre pied dans l'Est et le Sud", a estimé ce samedi un conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak. Alors que les troupes russes se replient du Nord, les forces ukrainiennes ont pu y reprendre "plus de 30 localités" et s'emparer "d'un grand nombre de véhicules militaires abandonnés sans carburant", a affirmé un conseiller présidentiel ukrainien, Oleksiï Arestovitch, dans une vidéo diffusée samedi par la présidence ukrainienne. Selon le chef de l'administration militaire de la région de Donetsk, Pavel Kyrylenko, l'armée russe a ainsi de nouveau bombardé dans la nuit de vendredi à samedi la région de Donetsk, dans le Donbass, avec des bombes au phosphore dans certains endroits. Deux enfants sont morts suite à des frappes dans la région voisine de Lougansk, selon les services d'urgence. Les forces russes, "après l'échec des opérations pour prendre Kiev et d'autres villes ukrainiennes majeures en mars", "cherchent à prendre l'entièreté des territoires de Lougansk et Donetsk", estime l'Institut américain pour l'étude de la guerre.

Des fosses communes près de Kiev

HORREUR À BOUTCHA. Après la reprise de la région de Kiev par l'Ukraine, près de 300 personnes ont dû être enterrées "dans des fosses communes" à Boutcha, ville au nord-ouest de Kiev et théâtre de féroces combats. D'après le maire de la ville, Anatoly Fedorouk à l'AFP, "dans certaines rues, on voit 15 à 20 cadavres sur le sol", mais "je ne peux pas dire combien il y en a encore dans des cours, derrière les palissades". "Toutes ces personnes ont été abattues, tuées, d'une balle à l'arrière de la tête", assure-t-il, ajoutant que parmi les habitants de sa ville ayant péri il y a "des hommes et des femmes de tous âges". L'AFP a vu samedi les corps sans vie d'au moins vingt hommes portant des vêtements civils gisant dans une rue de Boutcha.

CONDAMNATION DU PAPE. En visite à Malte, le pape François a fustigé samedi l’invasion russe de l'Ukraine, où il a dit envisager de se rendre prochainement, à l'invitation du président Zelensky. "Quelque puissant, tristement enfermé dans ses prétentions anachroniques d'intérêts nationalistes, provoque et fomente des conflits", a-t-il déclaré en allusion au président russe Vladimir Poutine. Il a dénoncé "les séductions de l'autocratie" et "les nouveaux impérialismes" qui font peser sur le monde la menace d'une "Guerre froide étendue qui pourrait étouffer la vie de peuples et de générations".

Manifestations réprimées par les Russes

MANIFESTANTS ARRÊTÉS EN RUSSIE. Au moins 211 personnes ont été arrêtées samedi en Russie lors de protestations contre l'offensive russe en Ukraine, dans 17 villes du pays, a indiqué l'ONG spécialisée OVD-Info. A Moscou notamment, un sit-in était prévu dans le parc Zariadié, à l'ombre du Kremlin. Peu après, la police a commencé à arrêter une vingtaine de personnes assises sur les bancs du parc, en pleine tempête de neige. Au moins 25 arrestations ont également eu lieu à Saint-Pétersbourg (nord-ouest) lors d'un rassemblement similaire, dans le cadre d'une action nationale annoncée sur les réseaux sociaux.

RÉPRESSION EN UKRAINE. En Ukraine cette fois, des manifestants ont également été réprimés par les forces russes, à Energodar, une ville du Sud occupée par les soldats du Kremlin. La rassemblement a été dispersé par des tirs de mortiers et des grenades assourdissantes et a fait quatre blessés.

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Des progrès dans les pourparlers ?

POURPARLES RUSSO-UKRAINIENS. Alors que les pourparlers entre Kiev et Moscou semblaient être au point mort, le négociateur en chef ukrainien David Arakhamia a affirmé samedi que le Kremlin avait accepté "oralement" les principales propositions ukrainiennes, ajoutant que Kiev attendait désormais une confirmation écrite. "La Fédération de Russie a donné une réponse officielle à toutes les positions (ukrainiennes), à savoir qu'elle les accepte, sauf en ce qui concerne la question de la Crimée", annexée par Moscou en 2014, a-t-il assuré, ajoutant qu'il n'y avait "aucune confirmation officielle par écrit".


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