Kiev revendique des avancées, aide américaine, pertes russes... Le point sur la situation en Ukraine

Benoit Leroy (avec AFP)
Publié le 9 septembre 2022 à 6h21

Source : Sujet TF1 Info

Selon Kiev, environ "20 localités" ukrainiennes ont été reprises aux Russes.
L'Ukraine profite, actuellement, d'un certain "sous-effectif" du côté des forces de Moscou.
Les faits marquants de ces dernières 24 heures.

Une attaque surprise. Jeudi 8 septembre, l'Ukraine a annoncé plusieurs succès - assez inattendus - dans le nord-est du pays. Kiev dit avoir repris d'importants territoires, dans la région de Kharkiv et du côté de Kherson. Une ville qui avait été prise dès les premiers jours de la guerre par l'armée russe.

"Les unités militaires ont pénétré les défenses ennemies sur une profondeur de 50 km. Au cours des opérations actives menées dans la direction de Kharkiv, plus de 20 localités ont été libérées", a indiqué jeudi lors d'une conférence de presse Oleksiï Gromov, un haut responsable de l'état-major ukrainien. Selon celui-ci, environ 700 km² ont été repris aux forces Russes. L'Institut sur l'étude de la guerre (ISW), organisation indépendante, estimait la reconquête à 400 km², quelques heures plus tôt.

Selon ce think-tank, les forces ukrainiennes du sud-est de la région de Kharkiv "profitent probablement de la réallocation des forces russes vers l'axe sud pour mener une contre-offensive opportuniste, mais très efficace au nord-ouest d'Izioum". Toujours selon l'ISW, les Russes pourraient être "probablement en sous-effectif", à cause de déploiements vers la région Donestk et dans le Sud.

"Trop tôt" pour savoir si la contre-offensive réussira

Le silence de Moscou. Moscou n'a pas réagi jeudi quant à ces avancées ukrainiennes rapportées par Kiev et par des analystes occidentaux, assurant toutefois continuer d'infliger de "lourdes pertes" aux Ukrainiens. La progression de la contre-offensive ukrainienne est "régulière et c'est délibéré", a de son côté estimé le chef d'état-major américain Mark Milley jeudi à l'issue d'une réunion des alliés de l'Ukraine organisée sur la base américaine de Ramstein (Allemagne). Mais il est "encore trop tôt" pour évaluer clairement la situation sur le terrain, a-t-il averti.

Pertes russes. Kiev affirme avoir "éliminé" 640 soldats russes mercredi, "le total le plus élevé" sur une journée depuis le début de la guerre, selon Phillips O'Brien, expert militaire. Début août, le Pentagone avait fait état de 70.000 à 80.000 soldats russes tués ou blessés depuis le début de la guerre.  Kiev reconnaît au moins 10.000 morts et 30.000 blessés au sein de ses troupes. Moscou ne communique plus sur ses pertes.

Aide américaine. Le secrétaire d'État américain Antony Blinken est arrivé jeudi à Kiev pour une visite surprise, sa deuxième à Kiev depuis le début de l'invasion russe le 24 février. Washington a promis environ 2,8 milliards de dollars de soutien supplémentaire à l'Ukraine et à d'autres pays de la région. Dans cette somme, 675 millions iront directement à Kiev sous forme de livraisons d'armements, de munitions et de systèmes d'artillerie Himars qui ont déjà permis à Kiev de frapper les lignes d'approvisionnement russes loin derrière la ligne de front. Le reste sera versé sous forme de prêts et subsides à l'Ukraine et à 18 autres pays se sentant menacés par la Russie, pour l'achat d'armes américaines.

Les Russes bannis des pays baltes, Kiev fait son marché en France

Moscou brocarde les sanctions. Les sanctions occidentales prises dans la foulée de l'intervention militaire en Ukraine "n'ont pas réussi à saper la stabilité financière" de la Russie, a déclaré jeudi son Premier ministre, Mikhaïl Michoustine. "Des sanctions inédites ont été imposées à notre pays. Mais leur objectif principal n'a pas été atteint par leurs initiateurs. Ils n'ont pas réussi à saper notre stabilité financière", a déclaré Mikhaïl Michoustine lors du Forum financier de Moscou.

Personæ non gratæ. La Pologne et les trois États baltes ont annoncé jeudi s'être mis d'accord pour restreindre temporairement l'entrée sur leur sol, dès le 19 septembre, des citoyens russes porteurs de visas européens. Les Premiers ministres de Pologne, Lituanie, Lettonie et Estonie expriment dans une déclaration leur inquiétude "face à l'afflux important et croissant de ressortissants russes dans l'UE". "Nous pensons que cela devient une menace grave pour notre sécurité publique et pour l'ensemble de la zone Schengen", ajoutent-ils.

Crise énergétique. La Finlande a dû démarrer jeudi matin deux centrales électriques de secours pour éviter une pénurie de courant, a annoncé l'opérateur chargé du réseau après avoir averti fin août du risque de coupures cet hiver face à la crise énergétique en Europe. Fonctionnant au fioul, les centrales de réserve exploitées par l'opérateur Fingrid à Huutokoski (sud-est) et Forssa (sud-ouest) ont été utilisées durant trois heures, a indiqué l'entreprise publique dans un communiqué. Ces démarrages d'urgence ont lieu en moyenne environ une ou deux fois par an, mais généralement du fait d'une perte imprévue d'un important moyen de production.

Marché de l'armement. L'Ukraine a acheté un nombre non précisé de canons tractés TRF1 auprès d'une entreprise française spécialisée dans l'occasion militaire afin de soutenir l'intense combat d'artillerie face aux forces russes, a indiqué l'AFP, citant le cabinet du ministre français des Armées. Le TRF1 est un canon tracté d'un calibre de 155 mm, capable de tirer des obus à 25 kilomètres. L'armée française, qui l'a utilisé des années 1980 aux années 2010, disposait de 106 exemplaires de ce canon.


Benoit Leroy (avec AFP)

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