La Russie affirme que ses troupes ont contré jeudi une offensive ukrainienne dans la région de Zaporijia, dans le sud de l'Ukraine.
Si Kiev refuse de commenter ces affirmations, de nombreux signes montrent que l'assaut pour reconquérir les territoires occupés a débuté.

Cette fois-ci c'est la bonne ? Après avoir repoussé dimanche matin "une offensive de grande envergure" dans le Donbass, Moscou a affirmé une nouvelle fois ce jeudi qu'une attaque ukrainienne avait été contrée, cette fois-ci dans la région de Zaporijia". Si Kiev a refusé, pour l'heure, de commenter ces événements, les grandes manœuvres militaires annoncées depuis des mois n'ont jamais été aussi proches.

"L'ennemi est stoppé et recule avec de lourdes pertes", a détaillé en début de soirée Sergueï Choïgou, le ministre russe de la Défense. Et de se féliciter : "Les forces ennemies spécialement formées pour la mise en œuvre de cette percée n'ont pas rempli leur tâche". Jusqu'à "1500 hommes et 150 véhicules blindés" auraient été déployés par l'Ukraine. Toujours selon Sergueï Choïgou, "à la suite d'une bataille de deux heures, l'ennemi a perdu 30 chars, 11 véhicules de combat d'infanterie et jusqu'à 350 hommes". Sans évoquer ces chiffres, le Washington Post écrit de son côté que l'opération a bien débuté, s'appuyant sur quatre sources au sein de l'armée ukrainienne.

Il n'y aura "pas d'annonce sur le début" de l'offensive

Si ces affirmations sont invérifiables de source indépendante, la contre-offensive de Kiev se dessine un peu plus au fil des jours. De nombreux observateurs estiment en effet que l'intensification des "opérations offensives" menées par Kiev le long de la ligne de front ces dernières semaines sont les premiers signaux de cet assaut tant attendu.

Signe parmi tant d'autres de l'imminence de ce déchainement de feu : dimanche, un clip diffusé par le ministère ukrainien de la Défense montrait des soldats le doigt posé sur la bouche pour rappeler à la population que "les plans aiment le silence", tout en prévenant qu'"il n'y aurait "pas d'annonce sur le début" de l'offensive.

L'Ukraine a simplement confirmé mener des "actions offensives" dans certains secteurs du front, continuant d'entretenir un flou sur son opération en vue de laquelle chars et autres blindés, artillerie ou missiles de longue portée occidentaux ont été livrés et une douzaine de nouvelles brigades formées, soit environ 40.000 hommes.

Sur le terrain, des forces russes pro-ukrainiennes multiplient depuis deux semaines raids et bombardements sur le sol russe, dans la région frontalière de Belgorod. Ces manœuvres s'ajoutent à de multiples sabotages et frappes dans la profondeur ayant visé ces dernières semaines des nœuds ferroviaires, des centres de commandement ou encore des dépôts de carburant et de munitions russes. Un ensemble d'opérations qui, de l'avis des experts, participent d'un effort ukrainien de "shaping", un terme militaire anglais qui désigne le "modelage" du champ de bataille, tant au niveau tactique que psychologique, en vue d'établir un rapport de force favorable avant une attaque.

Si une opération majeure s'annonce, une grande inconnue demeure : l'endroit que choisiront les Ukrainiens pour tenter de percer les lignes russes, dans l'espoir de reconquérir les territoires occupés par Moscou. Parmi les options possibles figurent la région de Lougansk (est), dans le Donbass, et la région de Zaporijia, où la prise de Melitopol, une des principales villes du sud ukrainien occupée par la Russie, permettrait de séparer les forces russes de l'est et du sud.


Thomas GUIEN

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