Le gouvernement ukrainien a dénoncé mercredi les dernières frappes russes sur des infrastructures portuaires sur le Danube.
Près de 40.000 tonnes de céréales auraient été "endommagées" dans ces attaques, qui ont suscité l'indignation de la communauté internationale.

Le ton continue de monter en Mer Noire entre la Russie d'une part, et l'Ukraine et ses alliés occidentaux d'autre part. Des attaques de drones russes ont provoqué mercredi d'importants dégâts sur les infrastructures portuaires ukrainiennes du Danube. 

Plus précisément, dans la région d'Odessa, c'est le port d'Izmaïl - devenu essentiel dans le processus d'exportation des céréales depuis le début du conflit, au même titre que celui de Reni - qui a été ciblé par Moscou. "L'ennemi a attaqué les installations portuaires et l'infrastructure industrielle sur le Danube. À la suite des frappes, un élévateur, des hangars de céréales, des réservoirs de terminaux de fret, des entrepôts et des locaux administratifs ont été endommagés ou détruits", a déploré le bureau du procureur général d'Ukraine sur Telegram. "Les Russes ont frappé des entrepôts et des silos à grains, endommageant près de 40.000 tonnes de céréales attendues par les pays africains, la Chine et Israël", a, de son côté, dénoncé le ministre ukrainien des Infrastructures, Oleksandre Koubrakov.

Les attaques continues de la Russie contre l'infrastructure civile ukrainienne sur le Danube sont inacceptables
Klaus Iohannis

Ces attaques ont suscité l'ire de la Roumanie voisine. Les "attaques continues de la Russie contre l'infrastructure civile ukrainienne sur le Danube, à proximité de la Roumanie, sont inacceptables", a déclaré le président roumain Klaus Iohannis. 

"Il s'agit de crimes de guerre qui affectent encore plus la capacité de l'Ukraine à transférer ses produits alimentaires vers ceux qui en ont besoin dans le monde", a-t-il ajouté. 

Un risque "délibéré" sur la sécurité alimentaire mondiale

Même son de cloche du côté de la France qui "condamne avec la plus grande fermeté" ces agissements au terme desquels un "élévateur, des hangars de céréales, des réservoirs de terminaux de fret, des entrepôts et des locaux administratifs" ont été détruits ou endommagés. "Après la remise en cause de l’Initiative céréalière de la mer Noire, la Russie fait une fois de plus délibérément courir un risque sur la sécurité alimentaire mondiale en détruisant des infrastructures essentielles à l’exportation de céréales. Elle ne fait que rechercher son propre intérêt aux dépens des populations les plus vulnérables en faisant monter les prix des produits agricoles et en essayant d’empêcher un de ses principaux concurrents d’exporter ses productions", s'est insurgé le Quai d'Orsay, dans un communiqué. 

La Turquie appelle à éviter "l'escalade des tensions"

Même la Turquie, dont les liens avec la Russie se sont récemment resserrés, a mis en garde le Kremlin. Recep Tayyip Erdogan a ainsi réclamé à son homologue Vladimir Poutine "de ne prendre aucune mesure risquant de provoquer une escalade des tensions" en mer Noire. Il a, en parallèle, souligné "l'importance" de l'accord céréalier duquel Moscou s'est retiré en juillet, qu'il considère comme un "pont pour la paix". 

Pour rappel, la Russie a refusé, à la fin du mois de juillet, de reconduire l'accord conclu sous l'égide de l'ONU qui permettait depuis un an d'assurer l'exportation des céréales ukrainiennes et de limiter les situations de détresse alimentaire, notamment en Afrique. 


M.G avec l'AFP

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