Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

La journaliste russe antiguerre Marina Ovsyannikova, va quitter sa chaîne

Anastasia Nicolas
Publié le 18 mars 2022 à 8h13
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

La journaliste avait brandi une pancarte antiguerre lundi dernier, pendant le journal télévisé pro-Kremlin le plus regardé du pays.
Son acte de courage peut lui valoir la prison.
Elle a décliné l'offre d'asile d'Emmanuel Macron.

Elle restera dans l'histoire comme "l'égérie antiguerre" de la télévision russe. La journaliste Marina Ovsiannikova, devenue mondialement célèbre après son irruption pendant un journal télévisé pro-Kremlin pour dénoncer l'offensive en Ukraine, va quitter la chaîne Pervy Kanal de son propre chef, a-t-elle annoncé ce jeudi 17 mars.

Dans une interview accordée à France 24, la productrice de télévision a déclaré : "Aujourd'hui je me suis rendue à Ostankino (siège de la chaîne), j'ai transmis tous les documents pour mon licenciement sur ma décision".

"Il ne faut pas se fier [...] à ce qu'on dit à la télé"

Marina Ovsiannikova s'était illustrée en faisant irruption en direct lundi soir pendant le journal télévisé le plus regardé de Russie, sur la chaîne Pervy Kanal, avec une pancarte critiquant l'opération militaire de Moscou en Ukraine. Elle dénonçait la "propagande" des médias contrôlés par le pouvoir. "Non à la guerre. Ne croyez pas la propagande. On vous ment ici", pouvait-on lire ces mots griffonnés en russe et en anglais, tandis qu'elle s'est plantée en direct derrière la présentatrice. 

Un acte de courage, qu'elle justifie par sa volonté d'"envoyer un message fort pour dire que les Russes sont contre la guerre, qu'il ne faut pas se fier à la propagande et ce qu'on dit à la télé et qu'il faut faire cette distinction entre le mensonge et la vérité". Même si la peur des sanctions et des représailles est importante, "je ne pense pas que je fais partie de la racaille", se défend-elle, interrogée sur le discours officiel contre les militants antiguerre en Russie.

Lire aussi

Selon le Kremlin, le conflit en Ukraine révèle qui sont les "traîtres" en Russie. "Certains démissionnent, certains quittent le pays. C'est une purification", a lancé jeudi le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

Pour la journaliste protestataire, "les gens qui descendent dans la rue pour protester, ce ne sont pas des traîtres, ce sont des citoyens".  Malgré la censure et la propagande active menée par Vladimir Poutine, selon Marina Ovsiannikova, "la société russe est divisée, une partie, peut-être la moitié, est contre la guerre, et une moitié soutient le président Poutine".

Cette femme de 43 ans, mère de deux enfants, a par ailleurs décliné l'offre d'asile du président français Emmanuel Macron. "Je ne veux pas quitter notre pays. Je suis patriote, mon fils l'est encore plus", a-t-elle déclaré dans une interview du magazine allemand Der Spiegel diffusée mercredi soir.

Après avoir été arrêtée, elle a été condamnée dans la foulée à une simple amende et laissée libre. Reconnue coupable d'avoir commis une "infraction administrative", la journaliste devra payer une amende de 30.000 roubles (environ 250 euros au taux actuel). Cependant, elle risque toujours des poursuites pénales passibles de lourdes peines de prison, après le passage d'une récente loi réprimant toute "fausse information" sur l'armée russe.


Anastasia Nicolas

Tout
TF1 Info