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Ukraine : la Russie utilise une "usine de trolls" pour relayer sa propagande, selon le Royaume-Uni

Julien Moreau
Publié le 1 mai 2022 à 14h45, mis à jour le 2 mai 2022 à 12h16
JT Perso

Source : JT 20h WE

Des chercheurs britanniques ont découvert une "usine à trolls" à Saint-Pétersbourg.
Ils relayeraient à grande échelle la propagande du Kremlin.
Selon les chercheurs, le groupe s’inspirerait des méthodes de QAnon et de l’État Islamique.

Des trolls prorusses basés dans une ancienne usine d’armement de Saint-Pétersbourg, en Russie, ciblent les dirigeants mondiaux et relaient la propagande du Kremlin concernant l’Ukraine, selon le gouvernement britannique. Ce dernier a commandé une étude sur le sujet.

Le rapport, publié ce dimanche 1er mai, dont les auteurs n'ont pas été identifiés pour des raisons de sécurité, "montre comment le Kremlin utilise une usine de trolls pour relayer des mensonges sur les réseaux sociaux et dans les commentaires de sites à large audience", a indiqué le ministère britannique des Affaires étrangères dans un communiqué. La volonté des Russes est, bien évidemment, de manipuler l’opinion publique internationale concernant leurs agissements en Ukraine.

Une activité "patriotique"

Un groupe connu sur Telegram sous le nom de "Cyber Front Z" serait au cœur de ces manœuvres et louerait ses locaux dans une ancienne usine d'armement située à Saint-Pétersbourg. Selon les chercheurs, le groupe semble s’être inspiré des tactiques utilisées par les théoriciens du complot QAnon et par le groupe terroriste État Islamique.

Les chercheurs ont d'ailleurs détaillé la technique principale utilisée par ces trolls pro-russes. "Concentrer l'activité sur la publication de commentaires, plutôt que sur la rédaction de contenu original - une tactique susceptible de diminuer les risques d'être détectés par les plateformes de médias sociaux pour avoir adopté un comportement inauthentique coordonné et/ou un contenu nuisible", a expliqué le gouvernement britannique.

Selon les recherches, des agents pro-russes recrutent des trolls sur Telegram, payés pour cibler sur les réseaux sociaux les comptes de médias et de dirigeants occidentaux. Ils justifient ce travail comme une "activité patriotique" en soutien à "l'opération militaire spéciale" en Ukraine.

La ministre britannique des Affaires étrangères Liz Truss a réagi sur ces agissements : "Nous ne pouvons pas permettre au Kremlin et à ses usines de trolls d'envahir nos espaces en ligne avec leurs mensonges. Le gouvernement britannique a alerté ses partenaires étrangers et va continuer à travailler avec ses alliés et les plateformes en ligne pour combattre les opérations russes."

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Parmi les dirigeants visés, Boris Johnson, mais aussi le chancelier allemand Olaf Scholz ou le chef de la diplomatie européenne Josep Borell.  Daft Punk, David Guetta ou encore le groupe de métal allemand Rammstein ont aussi été ciblés dans le cadre de cette campagne de désinformation, très active sur Instagram, YouTube et Tiktok.

Le groupe est soupçonné d'être lié à Evgueni Prigojine, un magnat proche du Kremlin notamment accusé d'avoir joué un rôle dans l'ingérence russe durant l'élection présidentielle américaine de 2016 mais aussi d'être le financier du groupe paramilitaire Wagner, a indiqué le ministère britannique.


Julien Moreau

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