Aider les Ukrainiens

Le portrait géant d'une fillette réfugiée déployé par l'artiste JR pour "Time Magazine"

Maëlane Loaëc
Publié le 17 mars 2022 à 23h20
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Le numéro du 28 mars du magazine américain "Time" arborera en Une l'immense fresque réalisée par l'artiste JR.
Ce portrait d'une cinquantaine de mètres d'une Ukrainienne de cinq ans a été déroulé par des habitants à Lviv, près de la frontière ouest du pays.

Bien loin du chaos de la guerre, elle arbore un large sourire et un pas élancé, léger. Sur l'une des Unes du magazine américain Time consacrée à "la résilience de l'Ukraine", un numéro prévu pour le 28 mars, s'étirera un immense portrait d'une petite fille, Valeriaa. Cette Ukrainienne de cinq ans est originaire de Kryvyï Rih, dans le centre du pays, où est né également le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. 

Une fresque d'une cinquantaine de mètres de long, réalisée par JR, un street artist français, et déployée par une centaine de personnes devant l'opéra national de la ville de Lviv, proche de la frontière ouest du pays, par où la fillette a transité avant de rejoindre la Pologne avec sa mère. 

Sur la vidéo publiée par l'artiste sur Twitter, tournée au drone le 14 mars, on aperçoit l'immense portrait se déplier progressivement, écarté par ce qui ressemble, depuis le ciel, à un nuage de fourmis. "Cette petite fille est l'avenir et, dans cette guerre, elle nous rappelle ce pour quoi les Ukrainiens se battent", a déclaré JR dans un second tweet. Dans une vidéo relayée sur son compte Instagram, il déclare que "c'est la première fois qu'il existe une guerre si proche de moi, et que je peux m'y conduire". Il explique avoir collaboré avec un photographe ukrainien, Artem Iurchenko, qui a pris le cliché de la jeune réfugiée. 

L'artiste s'est lui-même rendu à Lviv, aux côtés de l'acteur Mathieu Kassovitz, où il a été accueilli par des Ukrainiens avec qui il avait pris contact sur les réseaux sociaux. Une centaine de personnes, qui ne connaissaient pas ce projet gardé secret, l'ont aidé à déployer sa toile imprimée sur l'une des places centrales de la ville. Parmi eux, des militaires ukrainiens, mais aussi des enfants. L'artiste a ensuite contacté la fillette, qui l'a timidement remercié pour cet immense portrait vu du ciel. "Tous ceux qui survolent l'Ukraine se rappelleront qu'il y a des gens comme toi que nous devons protéger", lui a-t-il glissé.

"Elle est mon rayon de soleil, ma joie"

"Depuis le début de l'invasion russe, des dizaines d'enfants, sur les 7,5 millions que compte l'Ukraine, ont été tués et des milliers d'autres sont partis en quête de sécurité. Parmi ces milliers d'enfants, Valeriia", explique le Time sur son site, décrivant "une enfant souriante, littéralement soutenue par ses compatriotes ukrainiens". Le magazine n'en est pas à sa première collaboration avec l'artiste français, très reconnu outre-Atlantique, à qui il avait notamment commandé une gigantesque fresque en 2018, rassemblant 245 personnes débattant des "armes en Amérique".  

Comme trois millions de compatriotes ukrainiens, la petite fille et sa mère, Taisiia, ont quitté l'Ukraine. Un périple entamé le 9 mars dernier. Si les forces russes n'ont pas encore attaqué leur ville, elles s'en approchaient dangereusement. Avant d'atteindre la Pologne, mère et fille ont embarqué dans un train à direction de Lviv, devenue point cardinal de la résistance ukrainienne, et y ont passé 18 heures à bord. 

"Avant, quand vous veniez dans nos villes, tout était beau, calme et tranquille. Et maintenant, c'est le chaos, la peur, le danger", raconte Taisiia. Mais la nécessité de protéger sa fille l'a convaincue de partir. "J'aime tout chez elle", "elle est mon rayon de soleil, ma joie", a-t-elle confié dans les colonnes du magazine, après avoir dû laisser son fils et son mari en Ukraine. 

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Elle raconte aussi à quel point prendre la route de l'exil a pu être déchirant pour la fillette. "Elle aime les mêmes choses que beaucoup de petites filles - son lapin en peluche, sa poupée Elsa de La Reine des Neiges (le dessin animé de Disney, ndlr), et son sac à dos rose, qu'elle a dû laisser derrière elle lorsqu'elle a fui son pays", a-t-elle glissé. Pour autant, Valeriia "a aussi de grands rêves : notamment celui de commencer sa première année d'école le 1er septembre prochain". Selon l'Unicef, un enfant ukrainien devient un réfugié presque à chaque seconde qui passe.


Maëlane Loaëc

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