Marina Ovsiannikova, la journaliste qui a défié Vladimir Poutine en plein JT

Ukraine : que devient Marina Ovsiannikova, la journaliste russe qui a défié Vladimir Poutine ?

L.C.
Publié le 11 avril 2022 à 16h46, mis à jour le 28 avril 2022 à 19h39
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

À la mi-mars, Marina Ovsyannikova avait fait irruption en plein journal télévisé pour protester contre la guerre en Ukraine.
Depuis, le journal allemand "Die Welt" a annoncé avoir embauché la journaliste russe.
Elle y officie comme correspondante indépendante, notamment depuis l'Ukraine et la Russie.

Il lui a fallu moins d'un mois pour trouver un nouvel emploi. Depuis le 11 avril, la journaliste russe Marina Ovsiannikova, qui avait fait irruption à la mi-mars en plein journal télévisé pro-Kremlin contre la guerre en Ukraine, est devenue correspondante en Ukraine et en Russie pour le grand quotidien allemand Die Welt. L'annonce avait été faite par le groupe lui-même.

Depuis lors, la reporter écrit pour le journal et contribue à sa chaîne d'information télévisée, indique le quotidien. Mi-avril, Marina Ovsiannikova avait déjà publié plusieurs articles, où elle y raconte son passé et réfléchit aux critiques qu'elle a reçues depuis son geste. Dedans, elle dit "regretter sincèrement" son rôle "dans la zombification des Russes" en participant à la propagande d'État. "J'y ai joué un rôle jusqu'au jour de ma protestation. J'ai honte", écrit-elle, s'excusant de ne pas "pouvoir défaire" ce qu'elle a fait. Mais "si je peux libérer quelques Russes des griffes de la propagande du Kremlin, si je peux sauver la vie d'un seul enfant ukrainien, alors le sacrifice en aura valu la peine", appuie-t-elle.

"Il est de mon devoir de défendre cette liberté"

Le journal allemand s'était félicité de cette nouvelle collaboration dans un communiqué. "Marina Owsjannikova a eu le courage, à un moment décisif, de confronter les téléspectateurs en Russie à une image non édulcorée de la réalité", a expliqué Ulf Poschardt, rédacteur en chef du groupe Welt. Et d'ajouter : "elle a défendu les vertus journalistiques les plus importantes, et ce, malgré la menace d'une répression étatique."

"Welt représente ce qui est justement défendu avec tant de véhémence en Ukraine par les personnes courageuses sur place : la liberté. En tant que journaliste, je considère qu'il est de mon devoir de défendre cette liberté", avait indiqué la reporter russe de 43 ans, dans ce même communiqué.

La journaliste était apparue mi-mars en plein direct pendant le journal télévisé le plus regardé de Russie, sur la chaîne Pervy Kanal, une pancarte à la main. Dessus, son message se voulait clair : "Non à la guerre. Ne croyez pas la propagande. On vous ment". Quelques minutes avant le lancement d'un reportage, elle avait surgi en plateau, condamnant l'opération militaire de Moscou en Ukraine et dénonçant la "propagande" des médias contrôlés par le pouvoir.

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Brièvement arrêtée, puis condamnée dans la foulée à une amende de 30.000 roubles (environ 250 euros) et laissée libre, Marina Ovsiannikova a depuis décliné une offre d'asile du président français Emmanuel Macron. "Malheureusement, je ne pourrai pas accepter cette offre, car je suis patriote, je veux rester et vivre dans mon propre pays avec ma famille, tous mes amis sont ici. Je veux rester en Russie", avait-elle déclaré, peu après avoir quitté la chaîne russe.

Aujourd'hui, la journaliste risque toujours des poursuites pénales passibles de lourdes peines de prison, aux termes d'une récente loi réprimant toute "fausse information" sur l'armée russe.


L.C.

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