Pourparlers Ukraine-Russie : des négociations pour changer le cours du conflit

Marioupol : "l'élimination" des derniers soldats ukrainiens "mettra fin à toute négociation" avec Moscou, prévient Zelensky

Léa LUCAS
Publié le 16 avril 2022 à 22h34
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Source : JT 20h Semaine

Ce samedi, Volodymyr Zelensky a prévenu : l'élimination des derniers soldats ukrainiens à Marioupol conduirait à une impasse diplomatique avec la Russie.
En l'absence de pourparlers, cette ville stratégique du sud-est se prépare à une ultime bataille.

Ce samedi 16 avril, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a prévenu son homologue russe que "l'élimination" des derniers soldats ukrainiens présents dans la ville portuaire de Marioupol, assiégée par les forces russes car stratégique, "mettrait fin à toute négociation de paix" avec Moscou. "L'élimination de nos militaires, de nos hommesMarioupol, ndlr) mettra fin à toute négociation" de paix entre la Russie et l'Ukraine, a-t-il déclaré lors d'un entretien avec les médias ukrainiens, soulignant que les deux parties se retrouveraient alors dans "une impasse".

"Marioupol, cela peut être dix fois Borodianka" d'un point de vue humain, a-t-il alerté, après que cette petite ville ukrainienne, localisée près de Kiev, a été détruite par les forces russes et est devenue le théâtre d'exactions présumées pendant son occupation par les soldats russes. "Et plus il y aura de Borodianka, plus ce sera difficile" de négocier, a affirmé le chef d'État ukrainien. "Pour être honnête, nous n'avons aucune confiance dans les négociations concernant Marioupol."

V. Zelensky exige "deux documents séparés", garants de paix

Aussi, Volodymyr Zelensky a exigé un traité de paix avec Moscou constitué de "deux documentés séparés" : "L'un des deux portera sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine, l'autre (concernera) directement ses relations avec la Russie."

Dans ce premier document, la sécurité de l'Ukraine serait garantie par certains pays "ayant montré" leur intérêt, comme "le Royaume-Uni, les États-Unis, l'Italie, la Turquie", a-t-il expliqué. "Moscou voudrait avoir un seul traité (...) mais tous ne se voient pas vraiment discuter avec la Russie", a complété le président ukrainien.

Pour l'heure, les pourparlers entre les belligérants sont au point mort. Ils sont "extrêmement difficiles", a confirmé, plus tôt dans la semaine, un conseiller de la présidence ukrainienne, Mykhaïlo Podoliak. Ce même jour, le président russe, Vladimir Poutine, avait quant à lui taxé les négociateurs ukrainiens de "manque de cohérence".

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Dans l'attente de potentiels pourparlers, l'armée ukrainienne, elle, se prépare à "une ultime bataille" dans cette cité du sud-est de l'Ukraine, où Volodymyr Zelensky a reconnu une "situation très difficile". "Nos soldats sont encerclés", a-t-il déclaré. "Malgré tout, les gars continuent à se défendre." Par ailleurs, "c'est une crise humanitaire, il n'y a ni nourriture, ni eau, ni médicaments", a-t-il indiqué, accusant la Russie de "refuser" la mise en place de couloirs humanitaires. En cela, les autorités ukrainiennes prédisent un bilan de 20.000 à 22.000 morts à Marioupol, qui comptait près de 441.000 habitants en temps de paix. 


Léa LUCAS

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