Ukraine : onze mois de guerre

Guerre en Ukraine : Marioupol menacée par le choléra

Léa COUPAU
Publié le 7 juin 2022 à 11h14
JT Perso

Source : TF1 Info

Les cadavres et les détritus s'accumulent à Marioupol.
La ville ukrainienne craint l'arrivée d'une épidémie de choléra.
Les responsables russes ont mis la cité portuaire en quarantaine.

Après un siège interminable à Marioupol, les bombardements russes semblent avoir laissé place à une tout autre menace : l'épidémie de choléra. La cité portuaire, aujourd'hui aux mains des Russes, a vu, ces dernières semaines, la destruction de ses infrastructures, des centaines d'enterrements à la hâte et un approvisionnement en eau quasi impossible. Autant de facteurs qui, selon les autorités sanitaires ukrainiennes, permettraient l'éclosion d'une telle infection.

Un risque multiplié par le manque d'eau

Le choléra, très contagieux, se propage par l'ingérence d'aliments contaminés ou de l'eau souillée et provoque une infection diarrhéique aiguë. Si la maladie n'est pas rapidement traitée via une réhydratation orale ou par intraveineuse, elle peut être mortelle. Or, la situation actuelle de Marioupol ne permet pas une telle prise en charge. 

Des corps pourrissent sous les décombres et cela empoisonne littéralement l'air

Petro Andryushchenko, conseiller du maire de Marioupol

Pour avoir accès à de l'eau potable, les habitants doivent faire la queue pendant des heures et cette dernière n'est disponible que tous les deux jours au maximum, indiquent les autorités ukrainiennes, relayées par le Washington Post.

Les dirigeants locaux de Marioupol ne cachent donc pas leur vive inquiétude. "Des corps pourrissent sous les décombres de centaines d'immeubles de grande hauteur. Et cela empoisonne littéralement l'air", a notamment alerté le conseiller du maire de la ville, Petro Andryushchenko, avant d'assurer, à la télévision ukrainienne, que Marioupol se préparait à une "épidémie". Cette dernière "a déjà plus ou moins commencé", ont confié des sources sur place au conseiller.

"La situation peut devenir très vite catastrophique, comme on en a déjà connu dans d'autres pays qui n'étaient pas forcément en situation de guerre", abonde, au micro de LCI, l'infectiologue à l'hôpital Antoine Béclère de Clamart, Imad Kansau. "Là, les conditions sont encore plus graves et peuvent effectivement favoriser cette épidémie", poursuit le scientifique.

"Nous ne pouvons pas être sûrs à 100% qu'il y aura des épidémies", a déclaré de son côté le vice-ministre de la Santé ukrainien Ihor Kuzin. "Mais toutes les conditions préalables pour eux sont déjà là", a-t-il expliqué. 

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Le mois dernier, l'OMS, consciente du danger, avait déjà annoncé l'envoi de vaccins contre le choléra à Dnipro, au centre de l'Ukraine, craignant des milliers de morts supplémentaires si la situation humanitaire ne s'améliorait pas. La Russie, qui semble également se préparer à la possibilité d'une épidémie, a mis Marioupol en quarantaine, selon Kiev.


Léa COUPAU

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