Gazoducs Nord Stream : fuites inexpliquées en mer Baltique

"Oui" pour les référendums d'annexion, fuites suspectes sur les gazoducs Nord Stream… Le point sur la situation en Ukraine

Julien Vattaire avec AFP
Publié le 28 septembre 2022 à 6h21
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Source : TF1 Info

Le "oui" l'a largement emporté lors des référendums d'annexion organisés dans des régions en Ukraine par la Russie.
Les gazoducs Nord Stream reliant la Russie à l'Allemagne ont été tous deux touchés par des fuites spectaculaires.
Les faits marquants des dernières 24 heures.

Au 216ème jour de l'invasion russe en Ukraine, quatre régions ukrainiennes (Kherson, Zaporijia, Lougansk et Donetsk) ont annoncé mardi soir que le "oui" l'avait largement emporté lors de "référendums" d'annexion à la Russie organisés par Moscou. Hors service à cause de la guerre en Ukraine, les gazoducs Nord Stream reliant la Russie à l'Allemagne sous la mer Baltique ont été tous deux touchés par des fuites spectaculaires précédées d'explosions sous-marines. L'Union européenne a notamment promis la "réponse la plus ferme possible" à ce "sabotage".

Une mascarade

Des référendums au score stalinien. Les autorités prorusses des régions ukrainiennes de Zaporijia, Kherson, Lougansk et Donetsk ont revendiqué la victoire du "oui" en faveur d'une annexion par la Russie, lors des "référendums" d'annexion organisés par Moscou et dénoncés par Kiev et ses soutiens occidentaux.

Les réactions ukrainiennes et russes diamétralement opposées. "Nous agirons pour protéger notre peuple : à la fois dans la région de Kherson, dans celle de Zaporijia, dans le Donbass (et aussi) dans les zones actuellement occupées de la région de Kharkiv et en Crimée", a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky au cours d'une vidéo publiée dans la soirée de mardi. "Bienvenue à la maison, en Russie !", a réagi de son côté sur Telegram l'ancien président Dmitri Medvedev. "Nous nous réunissons avec notre grande patrie, avec la grande Russie", a également réagi le chef de la République populaire de Donetsk, Denis Pouchiline.

Nous agirons pour protéger notre peuple

Le président Volodymyr Zelensky après le résultat des référendums

Des scrutins dénoncés. Les alliés de l'Ukraine ont dénoncé l'organisation de ces scrutins ainsi que les résultats proclamés. La secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques a répété lors d'une réunion du Conseil de sécurité sur ces "référendums" d'annexion, le soutien des Nations unies à "l'intégrité territoriale de l'Ukraine" dans ses "frontières reconnues". Le G7 a juré de ne "jamais reconnaître" les résultats et Washington a promis une réplique "sévère" par la voie des sanctions économiques. Par la voix de son ambassadeur à l'ONU, la Chine a appelé au respect de "l'intégrité territoriale de tous les pays". Ces référendums organisés en Ukraine sont une "mascarade", a déclaré de son côté la ministre française des Affaires étrangères Catherine Colonna, affirmant sur la chaîne BFMTV ne voir "aucune sincérité" dans cette consultation organisée par Moscou. 

Pourparlers impossibles. Kiev ne peut pas mener de pourparlers avec Moscou après l'organisation de "référendums" d'annexion dans quatre régions ukrainiennes, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky à l'ONU, mardi. "La reconnaissance par la Russie des 'pseudo-référendums' comme 'normaux', la mise en œuvre du (même) scénario qu'en Crimée et une énième tentative d'annexer une partie du territoire ukrainien signifie que nous n'avons pas à discuter avec l'actuel président russe", a dit le président ukrainien dans une vidéo enregistrée et diffusée lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.

Des fuites repérées sur les gazoducs Nord Stream

Nord Stream. Mardi, les gazoducs Nord Stream construits au fond de la mer Baltique pour acheminer le gaz russe vers l'Europe ont été touchés par des fuites majeures. Bien qu'ils soient hors service, les deux tubes étaient remplis de gaz. Le Kremlin s'est dit "extrêmement préoccupé", disant n'exclure "aucune" hypothèse, y compris celle d'un sabotage. L'Ukraine a dénoncé "une attaque terroriste" russe.

Accusations de sabotage. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a aussi estimé qu'il s'agissait d'un "acte de sabotage". "Il est primordial d'enquêter sur les incidents et de faire toute la lumière sur les événements (...) Toute perturbation délibérée de l'infrastructure énergétique européenne active est inacceptable et entraînera la réponse la plus ferme possible", a ajouté Mme von der Leyen. Les vastes fuites en cours sont dues à des "actes délibérés" et "pas à un accident", a affirmé mardi soir la Première ministre danoise Mette Frederiksen, pour qui elles devraient durer "au moins une semaine" jusqu'à l'épuisement du méthane qui s'échappe des conduites sous-marines.

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Mobilisation russe. La Russie continue de mener une mobilisation de ses réservistes afin de recruter 300.000 combattants pour son invasion de l'Ukraine, cherchant la parade à la contre-offensive des troupes ukrainiennes qui ont, fortes des livraisons d'armes occidentales, repris des milliers de kilomètres carrés de territoire début septembre.

Exode russe. Cette campagne de recrutement, menée par endroits de manière chaotique, a poussé de nombreux Russes à fuir, un exode confirmé mardi par deux pays voisins, la Géorgie et le Kazakhstan, tandis qu'un afflux est également observé aux frontières de la Mongolie et de la Finlande.

Aide humanitaire. Un navire quittera mercredi le port de Marseille avec à son bord plus de 1.000 tonnes d'aide pour l'Ukraine constituant l'acheminement humanitaire le plus important apporté par la France depuis le début de l'invasion russe, a annoncé mardi le ministère des Affaires étrangères.


Julien Vattaire avec AFP

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