Guerre en Ukraine : pour les civils, la fuite ou le chaos

"Ils m'ont poussée sur le lit et déshabillée" : une Ukrainienne relate son viol par des soldats Russes

L.C.
Publié le 7 avril 2022 à 10h25
JT Perso

Source : TF1 Info

Elena a été violée pendant des heures par deux soldats russes, selon le récit qu'elle a livré à l'AFP.
Traumatisée, elle affirme n'en avoir encore parlé à personne.
Ces derniers jours, des accusations de viols s'accumulent contre l'armée de Vladimir Poutine.

Des fosses communes, des civils ligotés et exécutés... Et des viols. Avec le départ des forces russes de Boutcha, près de Kiev, le monde entier a découvert les corps de dizaines d'Ukrainiens abattus d'une balle dans la tête et éparpillés sur des centaines de mètres. Mais dans l'horreur, un autre phénomène malheureusement bien connu des conflits est apparu : les violences sexuelles. Libérées du joug russe ces derniers jours, les témoignages d'Ukrainiennes rapportant les viols de la part des soldats russes émergent dans les médias.

À Zaporojie, Elena - son prénom a été changé - fait partie des victimes et a raconté son calvaire à l'Agence-France Presse. Dès le premier jour de l'invasion, le 24 février, elle a envoyé ses quatre enfants là-bas, loin de leur maison dans la région de Kherson (sud), en première ligne face à l'invasion. Cette sage-femme, dont l'époux est parti combattre dans le Donbass, est restée seule chez elle le temps d'évacuer les biens de la famille. Mais alors qu'elle faisait la queue dans une épicerie, le drame est arrivé.

Sans un mot, ils m'ont poussée sur le lit, m'ont écrasée avec une mitraillette et déshabillée

Une réfugiée ukrainienne

Des militaires russes présents dans le magasin l'ont pointés du doigt, la traitant de "banderovka", en référence au dirigeant ultranationaliste ukrainien Stepan Bandera, qualifié de nazi par Vladimir Poutine. Par peur des représailles, l'Ukrainienne "sort rapidement de la boutique", se remémore-t-elle auprès de l'AFP.  "J'ai à peine eu le temps de rentrer [chez elle], les deux soldats russes sont entrés par la porte derrière moi" sans qu'elle ait pu appeler à l'aide, raconte Elena. "Sans un mot, ils m'ont poussée sur le lit, m'ont écrasée avec une mitraillette et déshabillée", lâche la jeune femme avant de fondre en larmes. "Ils ne parlaient presque pas, à part quelquefois pour me traiter de 'banderovka' ou se dire entre eux 'à ton tour'. Et puis, vers 4h, ils sont partis parce que c'était le moment d'aller prendre leur tour de garde" dans leur camp.

L'Ukrainienne affirme n'en avoir encore parlé à personne. Ni à des médecins, ni à son mari. Interrogée par les journalistes de l'AFP sur son état physique et psychologique, elle éclate de nouveau en sanglots : "Je me dégoûte. Je n'ai plus envie de vivre".

Collecter des preuves contre Moscou

À Boutcha, où des horreurs similaires ont été décrites par d'autres ukrainiennes, un homme fait figure de seul responsable : le général Azatbek Morbekov. Il est soupçonné par Kiev d'avoir orchestré le massacre et les viols de centaines de civils. "Ces jeunes filles, en plus d'être violées, ont été affreusement violentées. Elles ont perdu leurs dents, on leur a cassé la mâchoire. Elles ont des blessures aux bras, aux jambes", raconte à LCI, Margaux Benn, reporter au Figaro dépêchée sur place.

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À ce stade de la guerre, il est encore trop tôt pour évaluer précisément le nombre de victimes. "Il peut y avoir des centaines, voire des milliers, de femmes et de jeunes filles violées", estime, à l'AFP, Aliona Kryvouliak, de l'ONG La Strada Ukraine. Cette dernière en est toutefois certaine : les six cas de viols répertoriés par l'organisation ne représentent qu’une goutte d’eau et seuls les chiffres seront importants quand le choc et l'effet de sidération des victimes commenceront à se dissiper.

Mais pour ce faire, tous les témoignages collectés permettent de servir de preuves contre Moscou à la procureure générale d'Ukraine. Comme elle, la Cour pénale internationale, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies ainsi qu'un nombre croissant de pays veulent enquêter sur les crimes de guerre en Ukraine.


L.C.

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