Le pouvoir russe tente de reprendre le contrôle face à la prolifération des milices privées dans le pays.
Plus tôt dans le mois, le Kremlin a ordonné à leurs chefs de signer des contrats avec l'État.
C'est cette décision qui aurait conduit à la mutinerie avortée de 24H du groupe Wagner.

Les autorités russes ont déclaré, mardi 27 juin, l’abandon des poursuites contre le groupe paramilitaire Wagner, dirigé par Evgueni Prigojine, dont une mutinerie avortée de 24 heures a fait trembler le Kremlin le week-end dernier. L’annonce, qui survient quelques heures à peine après une allocution de Vladimir Poutine à la télévision russe, est révélatrice de la volonté du Kremlin d’oublier cet épisode aussi fugace qu'inédit. Aux membres de Wagner acteurs de la mutinerie, le président russe a proposé d'intégrer l'armée régulière, de "rentrer dans leurs familles et chez leurs proches" ou de "partir au Bélarus", pays allié où leur patron doit s'exiler, selon le Kremlin.

"On est en train de revenir quelque part à ce qui serait l’équivalent des Kadyrovtsy. Leur dirigeant, Kadyrov, est désormais l’équivalent d’un général au sein de l’armée russe, et ses forces ont été intégrées à la garde nationale. Précisément, parce qu’il y avait la peur, dès l’époque, qu’il y ait un État dans l’État qui se crée autour de ces gens", souligne Aurélien Duchêne, analyste en relations internationales au sein du think tank français "Euro Créative", dans la vidéo en tête de cet article. "Je pense que Wagner, c’est la même situation : c’est-à-dire un rapprochement soit vers la garde nationale, soit vers l’armée régulière", avance le spécialiste. 

Le Kremlin tente de reprendre le contrôle

Le pouvoir russe tente aujourd’hui de reprendre le contrôle face à la prolifération de ces milices privées. Le ministère de la Défense a ordonné ce mois-ci à tous les détachements de volontaires de signer des contrats avec l’État, comme le rapporte la chaîne Euronews. C’est cette mesure qui aurait été à l'origine de l'insurrection menée par Evgueni Prigojine, dont l’aversion pour Sergueï Choïgou est de notoriété publique et qui a d'ores et déjà refusé de signer tout contrat avec le ministère. Le chef de Wagner a régulièrement critiqué le ministre russe de la Défense pour sa gestion de la guerre en Ukraine et son incapacité à livrer à ses forces des munitions lors de la bataille de Bakhmout, où sa milice était en première ligne. 

De "Convoy" (dont la paternité revient à Sergueï Axionov, chef de la République de Crimée depuis son annexion) à "Enot" (fondée par le nationaliste russe Igor Mangushev pour participer activement au conflit dans le Donbass), en passant par "Patriot" (affilié à l'actuel ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou), de nombreuses milices privées, sur le modèle de Wagner, opèrent actuellement sur le champ de bataille. Le 12 juin dernier, à la suite de cette annonce, le Kremlin a publié une vidéo du groupe paramilitaire tchétchène "Akhmat", au moment de sa signature de l'accord, rapporte Euronews. Une opération de communication qui visent à montrer que cette force armée privée rentre, elle aussi, dans le rang. 


Matthieu DELACHARLERY

Tout
TF1 Info