Annexions, mobilisation... Poutine choisit l'escalade

Ukraine : 100 jours de guerre en huit événements clés

Thomas Guien
Publié le 3 juin 2022 à 6h00
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

L'invasion de l'Ukraine par la Russie, en février dernier, a déjà fait des dizaines de milliers de morts.
Ce vendredi, la guerre entrera dans son 100e jour.
Voici les principaux développements du conflit, de l'entrée des troupes de Moscou en Ukraine jusqu'à leurs mouvements dans le Donbass.

Une guerre d'usure qui succède à une offensive-éclair : le conflit en Ukraine entre ce vendredi dans son centième jour. Trois mois après le début de la guerre, les forces russes contrôlent actuellement "environ 20%" du territoire ukrainien, soit près de 125.000 km2, a déclaré jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Un bilan inconcevable il y a trois mois, quand débutait l'invasion russe qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts.

Le début de l'invasion

Quand le président Vladimir Poutine annonce le 24 février une "opération militaire spéciale" pour défendre les "républiques" séparatistes du Donbass dans l'est ukrainien, dont il vient de reconnaître l'indépendance, les chancelleries occidentales redoutent une conquête rapide du territoire, tant les forces terrestres russes qui pénètrent sur le territoire ukrainien sont nombreuses. Surtout que, dès le 26, l'armée russe reçoit l'ordre d'élargir son offensive. Rapidement, l'Union européenne annonce la livraison d'armes à l'Ukraine. Les Occidentaux infligent à la Russie des sanctions économiques, qui vont être durcies au fil du temps.

Les premières négociations

Très vite, dès le 28, Moscou et Kiev entament des pourparlers. Mais elles vont patiner, tant les prétentions de Moscou sont inconcevables pour Kiev : Vladimir Poutine exige la reconnaissance de la Crimée comme territoire russe, un "statut neutre" pour l'Ukraine et sa "dénazification". 

Sur le front militaire, des villes méconnues en Occident vont s'inviter dans l'actualité : le 2 mars, des troupes russes parviennent à Kharkiv (nord-est), deuxième ville du pays. Au sud, Kherson, proche de la Crimée, tombe aux mains des Russes. Le 21, c'est Marioupol, port stratégique sur la mer d'Azov, qui inquiète : Bruxelles dénonce "un crime de guerre majeur", des dizaines de milliers d'habitants étant bloqués. Une maternité, puis un théâtre où s'abritent des civils sont bombardés.

L'horreur à Boutcha

Le 2 avril, l'Ukraine annonce avoir repris le contrôle de la région de Kiev après le retrait des forces russes qui convergent vers l'Est et le Sud. Les troupes vont y découvrir l'horreur : dans plusieurs localités près de Kiev, dont Boutcha, des dizaines de cadavres provoque de vives réactions internationales. 

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Un croiseur russe coulé

Le 14, les Ukrainiens affirment avoir frappé avec des missiles le croiseur Moskva, navire amiral de la flotte russe en mer Noire. Selon Moscou, le bâtiment a coulé après un incendie provoqué par l'explosion de munitions. Le 21, Vladimir Poutine revendique la prise de contrôle de Marioupol mais quelque 2.000 militaires ukrainiens, retranchés dans l'usine Azovstal avec un millier de civils, résistent toujours. Le 27, l'armée ukrainienne reconnaît une avancée russe dans l'Est, avec la prise de plusieurs localités dans la région de Kharkiv et le Donbass. Le 3 mai, forces russes et prorusses lancent un "puissant assaut" contre l'aciérie Azovstal.

De nouvelles candidatures à l'Otan

Conséquence de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la Suède et la Finlande présentent le 18 mai leur candidature à l'Otan. Mais la Turquie ouvre peu après une crise au sein de l'Alliance, dont elle est membre, en s'opposant à l'adhésion de ces deux pays qui ont reçu le soutien de l'écrasante majorité des autres Etats membres.

Azovstal sous contrôle russe

Au fil des semaines, les combats se concentrent dans l'Est du pays. Le 20, Moscou annonce contrôler Azovstal, devenue le symbole de la farouche résistance ukrainienne. Selon Kiev, Marioupol est à 90% détruite, au moins 20.000 personnes y ont péri. Dans le Donbass, les villes de Severodonetsk et Lyssytchansk constituent la dernière poche de résistance ukrainienne dans la région de Lougansk, dans le Donbass.

Les forces russes intensifient leur offensive sur le Donbass

Moscou confirme le 28 la prise de contrôle par les séparatistes prorusses de la localité clé de Lyman. Les forces russes contrôlent désormais "70%" de Severodonetsk, déclare le 1er juin le gouverneur régional.

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Un embargo sur le pétrole russe

Très critiquée pour ne pas avoir stoppé d'acheter du pétrole depuis l'invasion russe, l'Union européenne a conclu le 30 mai un accord qui devrait permettre de réduire de quelque 90% les importations d'ici la fin de l'année. Les 27 avaient déjà prévu de réduire de deux tiers leurs importations de gaz russe dans le même laps de temps, et ils interdisent aux Européens de faire de nouveaux investissements dans ce secteur. Les achats de charbon russe cesseront en août. Autre décision symbolique : la suspension du gazoduc Nord Stream 2, qui devait permettre d'augmenter les livraisons de gaz russe vers l'Allemagne.


Thomas Guien

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