Le président américain a signé, ce lundi, une loi permettant d'accélérer la livraison d'armes à l'Ukraine.
Il réactive en fait le "prêt-bail", un dispositif emblématique de la Seconde Guerre mondiale.
En 1941, c'est Franklin D. Roosevelt qui avait déclenché ce système pour contrer l'Allemagne nazie.

Guerre de symboles. Le jour même où Vladimir Poutine exaltait "la patrie" russe, en célébrant sur la place Rouge, à Moscou, le 77ᵉ anniversaire de la victoire sur l'Allemagne nazie, son homologue américain exhumait un dispositif légal remontant à 1941, pour faciliter et accélérer l'envoi d'équipement militaire à l'Ukraine. 

Le "Lend-Lease Act" ("loi prêt-bail", en français), avait permis aux Américains de soutenir l'effort de guerre en Europe dès mars 1941, avant que les États-Unis n'entrent formellement en guerre - ce qu'ils feront au mois de décembre de la même année, après l'attaque de Pearl Harbor. Bloqué par les lois américaines sur la neutralité, remontant aux années 1930, le président Franklin D. Roosevelt avait créé ce dispositif pour venir en aide à la Grande-Bretagne, alors seule belligérante face à l'Allemagne nazie, après la capitulation française. 

La loi prêt-bail autorisait dès lors le président américain à "vendre, céder, échanger, louer, ou à doter par d'autres moyens" d'équipement militaire, tout gouvernement dont la défense lui apparaissait "vitale" pour celle des États-Unis. Une configuration qui semble résonner avec celle d'aujourd'hui, ce que n'a pas manqué de souligner l'actuel locataire de la Maison Blanche. La "guerre de Poutine" apporte "une fois de plus une destruction cruelle de l'Europe", a ainsi déclaré Joe Biden avant de signer le texte de loi, et juste après avoir rappelé la "victoire sur le fascisme" du 8 mai 1945, commémoré la veille. 

"Ce combat coûte cher, mais céder face à l'agression serait encore plus coûteux", a ajouté le président américain, qui a d'ores et déjà demandé au Congrès une rallonge budgétaire colossale de 33 milliards de dollars pour soutenir l'Ukraine, soit près de 10 fois le montant déjà alloué par les États-Unis. Les parlementaires avaient voté à la quasi-unanimité le texte proposé par Joe Biden, qui doit aussi permettre aux Américains de regarnir leurs propres stocks d'armement. 


Frédéric SENNEVILLE

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