Le président russe a décerné lundi un titre honorifique à la 64e brigade de fusiliers motorisés, pour son "héroïsme" notamment.
Cette brigade est soupçonnée d’avoir commis un massacre de civils à Boutcha, dans la périphérie de Kiev.
Des accusations démenties par Moscou.

Vladimir Poutine a voulu souligner leur "héroïsme", leur "ténacité" et leur "grand professionnalisme". Le chef du Kremlin a décerné, lundi 18 avril, un titre honorifique à la 64e brigade de fusiliers motorisés. L’annonce a été faite sur le portail d’information officiel du gouvernement russe. Il y indique que les soldats de cette brigade ont été récompensés en accédant au titre de "Garde" pour "l'héroïsme, la ténacité et le courage dont [ils ont] fait preuve dans les hostilités pour la défense de la patrie et des intérêts de l'État pendant les conflits armés".

"Les actions habiles et décisives de tout le personnel lors de l'opération militaire spéciale en Ukraine sont un modèle d'exécution du devoir militaire, de courage, de détermination et de grand professionnalisme", écrit Vladimir Poutine à l'adresse des militaires. Le Kremlin n'indique pas où ces hommes sont ou ont été déployés ni ne précise leurs missions. Toutefois, selon les autorités ukrainiennes, la 64e brigade de fusiliers motorisés a été déployée à Boutcha, où elle est accusée de crimes de guerre et d’avoir participé au massacre de civils qui a endeuillé la commune, située en périphérie de Kiev. 

Dirigée par le "boucher de Boutcha"

La mise en valeur de cette brigade est ainsi une véritable provocation de la part de Vladimir Poutine. Elle est membre de la 35e armée, une puissante unité des forces militaires russes. Basée à Kniazé-Volkonskoïé, un village à la frontière chinoise, près du fleuve Amour et de la cité de Khabarovsk, dans l’Extrême-Orient russe, elle serait composée d’environ 1600 hommes. Selon le quotidien suisse Le Soir, ses effectifs, à en juger par les photos régimentaires disponibles, sont composés majoritairement de Mandchous, un peuple toungouse de la région.

Selon l’Institute for the Study of War, un influent blog américain d’analyse militaire, l’unité a été impliquée dans la préparation de l’invasion russe en Ukraine et des véhicules lui appartenant ont été détectés à Mazyr, à l’ouest de Homiel, une ville de Biélorussie. Envoyée ensuite à Boutcha durant plus d’un mois, elle s’est retirée de la ville le 30 mars dernier pour se replacer, selon des services de renseignements, près de la ville de Belgorod, côté russe de la frontière. 

Ce petit groupe de soldats serait dirigé par Aztabek Omurbekov, un lieutenant-colonel russe désormais surnommé le "boucher de Boutcha". Selon le site Inform Napalm, un collectif ukrainien de veille en ligne, il aurait orchestré le viol, le pillage et le massacre de centaines de civils dans la ville. Au début du mois d’avril, les services secrets ukrainiens ont également publié une liste qui contiendrait les noms, les grades et les détails de passeport des soldats russes servant dans la 64e brigade motorisée. 

Vendredi 14 avril, le maire de Boutcha, Anatoli Fedorouk a annoncé que plus de 400 corps avaient été retrouvés dans sa ville depuis le retrait des troupes russes. Des gendarmes français travaillent actuellement dans la commune, aux côtés d’enquêteurs ukrainiens, pour mettre en place une procédure d’examen et d’identification des corps.


Annick BERGER

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