En difficulté en Ukraine, Poutine choisit l'escalade

Guerre en Ukraine : que sait-on des deux Britanniques capturés par les forces russes ?

Maxence GEVIN
Publié le 18 avril 2022 à 18h33
JT Perso

Source : JT 13h Semaine

Capturés ces derniers jours par l'armée russe en Ukraine, deux Britanniques sont apparus lundi dans une vidéo diffusée par la télévision russe.
Ils y réclament à Boris Johnson d'être échangés contre un magnat ukrainien des affaires proche de Vladimir Poutine.
Que sait-on de ces soldats, présentés par Moscou comme des mercenaires étrangers ?

Le destin incertain de deux hommes. Traits tirés, visages balafrés... Shaun Pinner et Aiden Aslin sont apparus, ce lundi 18 avril, dans une vidéo diffusée par la télévision russe. Sur ces images, les prisonniers, récemment capturés après avoir combattu aux côtés des Ukrainiens à Marioupol, demandent à Boris Johnson, le Premier ministre de leur pays, de négocier leur libération. Ils proposent d'utiliser Viktor Medvedtchouk, un riche homme d'affaires ukrainien proche de Vladimir Poutine, comme monnaie d'échange. 

Leurs proches, qui craignent des actes de torture, ont également réclamé, via un communiqué du ministère des Affaires étrangères britanniques, "que leurs droits en tant que prisonniers de guerre soient respectés en vertu de la Convention de Genève". Mais d'où viennent-ils et comment en sont-ils arrivés à participer à la guerre en Ukraine ? 

Aiden Aslin, de la Syrie aux champs de ruines de Marioupol

Originaire de Newark, dans le Nottinghamshire, Aiden Aslin a d'abord travaillé comme aide-soignant. Il s'envole pour la Syrie en 2015, prenant les armes contre les milices de l'État islamique. Il intègre alors les Unités de protection du peuple kurde (YPG), soutenues par les États-Unis. Après dix longs mois de combat contre les djihadistes, le Britannique rentre une première fois au pays... où il est arrêté pour des soupçons d'infractions terroristes. D'abord libéré sous caution, il voit finalement toutes les charges à son encontre être abandonnées. Mais cet épisode lui reste au travers de la gorge.  "Aucun combattant ne devrait avoir à subir ce que j'ai subi. Pendant neuf mois, on m'a fait sentir comme un terroriste. Je n'aurais jamais dû être arrêté. J'aurais dû être interrogé sur les renseignements que je pouvais détenir sur l'État islamique et, tout de suite, libéré", avait-il fustigé à l'époque. 

Après une courte accalmie, Aiden Aslin quitte, de nouveau, son pays. Il retourne en Syrie et participe à la bataille de Raqqa en 2017. Il se rend ensuite en Grèce, dans un camp de réfugiés kurdes. Il souhaite alors "aider à leur enseigner l'anglais afin qu'ils puissent traverser l'Europe plus facilement et mieux signaler les cas d'exploitation et de harcèlement sexuel, la disparition de membres de leur famille et d'autres choses de ce genre".

Il a toujours voulu aider les gens

Pamela Hill, grand-mère de Aiden Aslin

Après un énième retour au pays, l'homme de 28 ans déménage en Ukraine pour s'y établir. Il y prend fait et cause contre l'agresseur russe et s'inscrit dans l'armée régulière. Deux mois de formation de base plus tard, il devient officiellement soldat dans l'infanterie de marine ukrainienne. C'est en tant que tel, au sein de la 36ème brigade de Marines, qu'il a été capturé par Moscou à Marioupol, faute de munitions. On est donc bien loin du "simple" mercenaire étranger dont parle le Kremlin. "Ils l'utilisent à des fins de propagande", s'est insurgée Pamela Hall, la grand-mère du principal intéressé. "Il était un membre officiel des marines ukrainiens. Il a toujours voulu aider les gens et a souhaité aider l'Ukraine", martèle-t-elle dans des propos relayés par la BBC.

Shaun Pinner, le vétéran qui a adopté l'Ukraine

Plus âgé, Shaun Pinner, 48 ans, est également un citoyen du Royaume-Uni. Il a, de longues années durant, fait partie de l'armée britannique, servant dans le Royal Anglian Regiment. Il a participé à de nombreuses missions, notamment en Irlande du Nord ou en Bosnie, dans le cadre d'un mandat des Nations unies. En 2018, il s'installe en Ukraine pour mettre à profit son expérience antérieure et sa formation au sein de l'armée locale. "Il a apprécié le mode de vie ukrainien et a considéré l'Ukraine comme son pays d'adoption au cours des quatre dernières années", explique sa famille dans une déclaration publiée par le ministère britannique des Affaires étrangères.

Au cours de son séjour au sein de l'ancienne république soviétique, Shaun Pinner rencontre aussi sa femme, Larysa, "très concernée par les besoins humanitaires du pays"

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Intégré dans le 36e Brigade du premier bataillon des Marines ukrainiens, il a, lui aussi, été capturé lors de la bataille de Marioupol. Ses proches l'assurent néanmoins : il n'est "ni un volontaire ni un mercenaire, mais sert officiellement dans l'armée ukrainienne, conformément à la législation ukrainienne"


Maxence GEVIN

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